Temps de lecture estimé : 4 minutes

Dans le cadre vaste de la protection des mammifères marins et afin d’améliorer la coopération transatlantique sur les MPA (Marine Protected Area / Zone Marines Protégées), une équipe de scientifiques internationaux a été invitée par la Réserve Nationale Naturelle de Saint-Martin afin d’échanger leurs connaissances sur les baleines à bosse et ce fut l’occasion pour eux de découvrir nos sites privilégiés où les mammifères marins passent une partie de l’hiver et du printemps pour se reproduire et mettre bas, pas la même année évidemment.

Les objectifs de cette première rencontre étaient la présentation du travail spécifique sur la conservation des baleines et des accords de coopération internationale existants, l’identification de l’orientation, des cibles et des meilleures pratiques de jumelage qui peuvent être partagés,  la définition de la méthodologie de travail, de l’échéancier et des responsabilités pour les prochaines étapes et aussi l’identification des éventuels partenaires externes concernés pour être invités à la prochaine session.

Des représentants des Bermudes, de la République de Cap Vert, des Pays Bas et des USA se sont donc retrouvés du Lundi 15 au Mercredi 17 Mai pour des ateliers de travail coordonnés par  Romain Renoux, responsable de la coopération régionale et représentant Agoa.

On  a parlé de la coopération transatlantique du Nord et du Sud, et de la stratégie commune entre les réseaux de gestionnaires de Zones Marines Protégées dans la région de l’Atlantique ainsi que des travaux en cours sur la conservation des baleines.

Le réseau de préservation des mammifères marins des Caraïbes a également été présenté à tous les participants qui ont pu ainsi comparer leurs connaissances scientifiques, leurs moyens de gestion, le niveau de sensibilisation propre à chaque organisme et la façon dont ils diffusent leurs connaissances.

La présentation des activités de communication mises en place par l’ONG locale “Mon école, ma baleine” a particulièrement attiré l’attention de tous les participants (nous y reviendrons dans une prochaine édition).

Le point d’orgue fut la visite du sanctuaire d’Agoa, qui couvre la totalité de la zone maritime française, et de la Réserve Naturelle Nationale de Saint-Martin, une bonne occasion pour rencontrer le personnel présent sur le terrain et pour tenter de localiser et écouter des baleines à l’aide de l’hydrophone, l’appareil acoustique qui capte le chant des mammifères marins à plusieurs kilomètres de distance malgré son aspect plutôt rudimentaire.

Après un premier arrêt au rocher créole de Grand-Case, toute le groupe s’est dirigé vers Tintamare en passant par l’îlet Pinel pour enfin effectuer plusieurs tentatives d’écoute entre Anguilla et Saint-Martin. Malheureusement ce jour là, si les baleines étaient probablement présentes dans les parages, elles sont restées très discrètes et aucune localisation sonore ou visuelle n’a pu être constatée ; cela s’explique sans doute par le fait que la “saison des amours” touche à sa fin et que les mâles ont probablement tous trouvé la compagne idéale pour se reproduire et ne jugent pas utile de chanter plus longtemps leurs mélodies pour attirer les femelles.

Cette sortie en mer nous a tout de même permis de découvrir les pépinières marines installées dans des endroits protégés et stratégiques afin de favoriser la prolifération des coraux en voie de disparation, système efficace s’il en est puisque la rapidité de leur croissance a atteint des niveaux bien supérieurs aux attentes, un vrai succès.

Mais qu’en est-il du partenariat transatlantique des Aires Marines Protégées ?

Un projet pour promouvoir la coopération entre les gestionnaires d’Aires Marines Protégées dans les pays et territoires de l’océan Atlantique a été récemment mis en place par une commission européenne afin de favoriser l’échange et le partage des meilleures pratiques pour améliorer la gestion efficace de ces zones aux abords des côtes et au large de l’Atlantique. L’Afrique et l’Amérique du Sud ainsi que l’Europe et l’Amérique du Nord sont parties prenantes dans ce projet et l’Union Européenne est bien décidée à jouer un rôle majeur dans cette approche plus large du dialogue transatlantique ; cela contribuera également à des engagements de l’Union Européenne pour lutter contre la perte de biodiversité, pour soutenir les actions favorisant l’adaptation au changement climatique et à apporter des réponses sur les problématiques environnementales, la coopération régionale et la dimension maritime en général. Nous reviendrons plus en détail sur ce sujet qui nous tient à cœur dans une de nos prochaines éditions.

JMC

Commenter avec Facebook

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.