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Un membre de plus dans la majorité et plus d’opposition ?

Suite logique de la prise de position de Marthe January en faveur de la candidate Claire Javois en opposition avec celle de son groupe le MJP, les nominations aux différentes commissons externes ont subi quelques modifications de dernière minute qui ont permis à Marthe January de trouver des espaces, de titulaire qui plus est, dont le Président Gibbes avait privé les membres de l’opposition lors des précédentes nominations.

Ce ralliement d’un membre d’une opposition déjà embryonnaire réduit à néant les chances pour celle-ci de pouvoir se constituer en groupe et bénéficier de moyens et d’assistance technique, le plancher pour ce faire étant actuellement fixé à 5. Et cette réalité semble d’ores et déjà actée puisqu’aux ouvertures de poste qui leur ont été concédées jeudi par la majorité, les membres des “minorités” ont répondu à l’unanimité “Non merci” puisque sur les bases posées lors du dernier CT, ils avaient acté leur non participation aux différentes commissions.

Une transparence trouble

Le président Gibbes l’a promis et s’y est engagé : sa gouvernance sera posée sur la transparence. Pour autant, et comme tous ceux qui sont un peu au fait des mécaniques et des rouages de la COM pouvaient s’y attendre, l’exercice s’avère plus compliqué dans la pratique tel que le prouvaient les explications un peu confuses autour de l’abrogation de la délibération CT02-04-2017 portant sur la création d’emplois de cabinet. En effet, bien malin qui aura compris jeudi les raisons de cette abrogation résumées en “des erreurs techniques liées à la rédaction de la délibération trop détaillée dans un souci de transparence.”

Tentative de décryptage

Si le choix des collaborateurs de cabinet est parfaitement discrétionnaire, les conditions de l’exercice répondent toutefois à des règles encadrées par la loi, notamment en matière de rémunération. Ainsi, la rémunération individuelle des collaborateurs de cabinet comprend un traitement indiciaire, une indemnité de résidence et un supplément familial de traitement ainsi que, le cas échéant, des indemnités et est plafonnée comme suit :

  • Le traitement indiciaire ne peut en aucun cas être supérieur à 90 % du traitement correspondant soit à l’indice terminal de l’emploi administratif fonctionnel de direction le plus élevé de la collectivité ou de l’établissement occupé par un fonctionnaire, soit à l’indice terminal du grade administratif le plus élevé détenu par un fonctionnaire en activité dans la collectivité ou l’établissement.
  • Le montant des indemnités ne peut en aucun cas être supérieur à 90 % du montant maximum du régime indemnitaire institué par l’assemblée délibérante de la collectivité ou de l’établissement et servi au titulaire de l’emploi fonctionnel ou du grade de référence.

Or, la délibération en question prévoyait notamment pour le directeur de cabinet un indice 935-760 applicable aux… DGS des communes de 80 000 à 150 000 habitants et a bien évidemment été retoquée par le contrôle de légalité préfectoral dont la vigilance ne semble pas vouloir faiblir, en particulier en matière de recrutement.

Nécessaire recrutement

En sus des postes de DRH et DGS ouverts la semaine dernière et des recrutements destinés au développement de la filière agricole soutenus par le programme européen LEADER qui participera à leur financement, le président Gibbs a annoncé jeudi son intention de recruter également un DSI, Directeur des systèmes d’information. Et de ses propres mots, même s’il n’en a pas cité la source, ce recrutement s’inscrit dans le cadre des recommandations de la CTC qui dans son rapport provisoire fustigeait “l’externalisation des marchés informatiques dans des conditions illégales” et enjoignait la Collectivité à “constituer un service interne de maîtrise d’ouvrage informatique pour (la) délier de sa dépendance par rapport à un prestataire unique.” Dont acte…

Help, ressources humaines en détresse

Lors du CT d’intronisation de la Team Gibbs, beaucoup s’étaient interrogés quant à la présence de l’ancien DGS, Pascal Averne, dont le statut de détachement de la COM de Saint-Martin n’avait pas empêché de prendre les manettes au nez à et à la barbe d’un Philippe Millon réduit à un rôle de spectateur. Mais c’est bien l’actuel DGS, de retour dans ses fonctions après plusieurs arrêts maladie / congés, qui a pris la parole jeudi dernier afin de lancer un appel au président, comme un dernier message avant son remplacement, en ces termes (à peu près): “Même s’il est nécessaire de rendre hommage au travail des agents de la Collectivité, sachez, Monsieur le Président, que nombre d’entre eux sont en souffrance, dans leurs postes et à titre personnel, du fait d’une gestion des ressources humaines totalement défaillante et qui ne les prend pas en compte.”

Il n’a pas été nécessaire pour le président Gibbes de relever outre-mesure ces affirmations dont il semblait déjà parfaitement au fait puisque parmi ses premières mesures figurent l’ouverture du poste de DRH et la suppression de toute délégation de pouvoir et de signature au DRH sortant.

IR

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1 commentaire

  1. Les compétences des Directeurs sont-elles proportionnelles aux indemnités qu’ils réclament ?

    Pourquoi embaucher un directeur pas cher à tout prix alors que notre territoire a besoin d’experts de haut niveau ? On prends les moins chers et ensuite on se plaint de leur incompétence…ex: le Code fiscal local laisse paraître que le travail “d’expert” a été fait au hachoir et qu’il faut tout remettre à plat tellement ça été bâclé pour maximiser les rentrées fiscales à tout prix..

    Bien payer un haut fonctionnaire n’est pas répréhensible A CONDITION qu’il ait les qualifications requises et qu’il fasse preuve d’efficacité..après si on en trouves un pas cher qui est au niveau des meilleurs pourquoi pas.

    “You get what you pay for”.

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