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NDLR : notez bien que derrière chaque “Grand Homme”, il y a forcément une femme exceptionnelle…


Ce fils et petit-fils de saint-martinois est à lui seul un monument historique qu’il serait impensable de ne pas visiter lorsque l’on est de passage sur l’île. Pour les résidents et les gens du cru, il est inutile de le présenter car rares sont ceux qui n’ont pas au moins une fois croisé son chemin ou son regard. 

Années 80’s, Merci Marty !
36 ans à la plage…

Né en 1961, Kali, installé sur la plage de Friar’s Bay depuis 36 ans a connu l’endroit alors qu’aucune route carrossable ne permettait de rejoindre la plage, tout juste un chemin caillouteux où se risquaient de rares touristes en provenance des Etats Unis qui venaient profiter de la quiétude de ces  lieux où le bronzage intégral était coutumier.

Nous sommes au début des années 80’s et le jeune Kali qui traîne dans les parages fait la connaissance de quelques belles américaines peu farouches et en quête d’exotisme. Pas avare de métaphores, il avoue que “sur la plage, il y avait des gâteaux qu’on avait envie de goûter et lorsqu’on les trouvait bons on les mettait au four”; comprenne qui voudra…

Toujours est-il que notre gourmet amateur de chair fraîche constate que si les pâtisseries sont délicieuses, il manque toutefois de quoi se désaltérer et l’ombre des cocotiers qui bordent la plage de Friar’s Bay n’étant pas suffisante pour rafraîchir l’atmosphère, il décide de construire un modeste bar avec quelques planches et d’y proposer des boissons qu’il tient au frais dans une glacière.

Première étape… rafraîchir les pâtisseries

Année après année, les aménagements et les agrandissements se succèderont pour devenir le Kali’s Beach Bar que nous connaissons aujourd’hui. C’est là que nous retrouvons notre homme attablé avec quelques amis autour d’une assiette de poissons pêchés le matin même. Le repas est sans cesse interrompu par les clients qui défilent au bar, mais peu importe, nonchalant comme le reggae diffusé en continu, le rythme de la maison n’est pas à l’urgence, chacun son tour et “no stress”.

Car chez lui on s’imprègne de la sagesse de l’homme et des ondes positives du lieu en attendant le coucher du soleil, et là attention la journée est loin d’être terminée plus particulièrement les soirs de pleine lune lors des fabuleuses Fullmoon Party que Kali a créées de toutes pièces et qui n’ont pas leur pareil, même à l’autre bout de la planète selon lui.

Friar’s Bay, berceau de l’humanité ?

”J’ai tout inventé, les autres n’ont fait que copier, en moins bien” affirme-t-il sans toutefois préciser qui sont les autres. Sans aller jusqu’à prétendre que les origines des fêtes célébrant la pleine lune depuis la nuit des temps sont nées à Friar’s Bay, berceau de l’humanité locale, il est vrai que l’ambiance que l’on y retrouve est vraiment particulière et que certaines sensations et odeurs autour du grand feu de bois qui embrase la plage ne peuvent être (re)senties qu’ici… quelques senteurs aux parfums indescriptibles sur lesquelles nous ne nous attarderons pas.

Kali, pilier central de Saint-Martin, c’est à n’en pas douter; il suffisait d’être présent le 16 Mai dernier à son anniversaire pour constater que beaucoup de gens font partie de son cercle intime, le grand cercle de la vie qu’il célèbre chaque jour à l’aide de citations qui n’appartiennent qu’à lui mais dont le sens est lourd de conséquence malgré la bonhomie apparente du personnage qui revendique haut et fort (heu, non pas fort…) son appartenance au monde qu’il a parcouru en long en large et en travers et où nul ne semble l’ignorer.

Les voyages pour garder l’esprit ouvert

En effet, il a visité toute l’Europe sans trouver ce qu’il y cherchait, même chose pour le continent américain sans doute trop habitué à rencontrer les citoyens du nouveau monde dans son bar, Kali n’a pas ressenti le grand frisson tant attendu. En revanche, l’Egypte lui a procuré quelques chose d’indescriptible, une nouvelle sensation,  une communion avec la terre mère et surtout le Nil, fleuve parmi les fleuves à tel point que ce caribéen aux airs de gentil rasta porte à son cou une médaille de Néfertiti et du célèbre sceptre d’Osiris; après tout l’Ethiopie et la terre des pharaons ne sont-elles pas les gardiennes des côtes de la Mer Rouge ? Cela explique sans doute cela.

Explications moins évidentes lorsque Kali nous révèle que le plus grand choc spirituel, il l’a reçu lors d’un voyage à Bali, son nom de famille d’ailleurs. “Un vrai feeling !” s’exclame-t-il sans fausse joie, “Bali c’est la terre des âmes, tout y est si fort et si concentré que l’émotion que l’on ressent est parfois insoutenable.” Et il y a des signes qui ne trompent pas puisque c’est en se promenant au hasard des rues dans un quartier modeste de Bali que Kali fut un jour interpellé par quelqu’un qui l’avait reconnu, à 20.000 kms de Saint-Martin !

Et aussi incroyable que cela puisse paraître, des rencontres telles que celle-ci sont fréquentes lorsqu’il voyage. La dernière fois, c’était à Haïti où un Jamaïcain assis au bord d’une route l’a reconnu du premier coup d’œil… Hasard nous direz-vous ? Non point du tout, c’est “l’effet Kali”, c’est comme ça et puis c’est tout !

“Vive la vie !”

Avant de nous quitter, non sans avoir partagé un cocktail de fruits bien frais, Kali tient à nous faire connaître sa devise, on s’attend au pire ou tout du moins à quelque chose de pseudo-philosophique tiré d’un répertoire rasta un peu démodé, et à notre grand étonnement, il n’y a rien de plus simple : “Vive la vie !” nous lance-t-il du coin de sa barbe hirsute avant d’ajouter entre 2 clins d’œil : “Vivre, c’est ton droit”

Peut-être le seul qu’il nous reste, alors prenons en de la graine. Et à propos, Kali n’est-il pas le nom d’une divinité hindoue considérée comme la force qui détruit les mauvais esprits ?…

Soudain tout s’éclaire.

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