Voilà donc l’usine à gaz conseil de quartier relancée, un élément de notre loi organique qui doit sans conteste peser sur la collectivité tant cela est consommateur de temps pour les élus comme pour l’administration sans que l’on puisse s’enorgueillir haut et fort que l’objectif “démocratie participative” ait été atteint puisque le citoyen reste bien loin des instances, y compris de celle là qui est pourtant supposée être celle dont il devrait être le plus proche…

Vous en doutez ? Il suffit de voir à quel point nos instances participatives pourtant couchées par le législateur dans la Loi Organique ont su rapprocher le citoyen de la démocratie et des urnes qui en sont l’outil.

Volonté de réforme de ces outils à l’échelle nationale

“Le CESE est un rite, qui ne rebondit sur rien et qui ne transmet rien de ce qu’il entend. Oui, nous avons besoin de démocratie participative, pour parler en bon français, mais non, ce n’est pas au CESE que cela fonctionne.” Herve Mariton, 2010
L’occasion est trop belle pour ne pas la saisir lorsque l’on observe qu’à l’échelle nationale le Président Macron a décidé de réduire le nombre de siégeants au Conseil Économique Social et Environnemental, le sommet de la pyramide en terme de démocratie participative et que par effet boule de neige cela pourrait bien refléter sa volonté au niveau des instances régionales que sont les CESER.

D’aucuns vont même jusqu’à s’étonner de l’aspect timoré de cette décision puisque la suppression pure et simple de ces outils consommateurs de budgets et larges pourvoyeurs de fauteuils de complaisance était presque attendue, la question ayant été posée dès 2010.

Loi organique : nos outils échapperaient à la réforme nationale

Pour nous, c’est forcément tout différent puisque nos outils, le CESC et les Conseils de Quartier, sont couchés dans la Loi Organique et qu’il faudrait un travail concerté de la part de nos parlementaires et soutenu par la collectivité pour qu’ils ne soient plus une obligation locale.

Pourtant, alors que les membres du CESC n’étaient à l’origine pas rémunérés pour leur “action”, chacun se souvient que ce fût le cœur de leur travaux pendant le début de la première mandature que de le devenir. Le fauteuil maintenant doté depuis de nombreuses années, il n’en ressort pas moins que les dernières propositions formulées par le CESC pour ce qui relève de modifications éventuelles de la LO prône une substantielle augmentation de cette rémunération, attitude assez déconcertante lorsque l’on sait à quel point notre Président de la Collectivité s’évertue à chasser le gaspillage budgétaire et doit développer de nouvelles stratégies pour espérer réaliser le programme sur la base duquel il a été élu.

Siéger oui, mais à quel prix ???

Espérons qu’il ne viendra pas à l’idée des membres des conseils de quartier que de militer bec et ongles pour obtenir un défraiement de leur démocratique et participatif investissement.

Dans un monde où l’obligation de résultat prime et où les moyens accordés par la nation providentielle se font rares, cette démocratie participative ne pourrait-elle pas se matérialiser de façon plus aisée au travers d’associations dont l’objet reprendrait celui du CESC ou des Conseils de Quartier et qui pourraient ainsi prétendre à subventions tout en ayant par là même obligation de résultat et de transparence comptable ?

IR

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