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Nous l’avons rencontrée lors de l’inauguration de l’expo-photo Faces of Saint-Martin sans savoir que c’était elle puisqu’une confusion de nom nous avait fait penser qu’elle n’était pas présente à cette cérémonie. 

Après avoir rectifié le tir dans notre numéro suivant, nous nous sommes intéressés de plus près à cette jeune artiste plutôt prometteuse au vu des clichés sélectionnés pour être affichés dans les rues de Marigot et qui portent sa signature.

Ismââ est née à Avignon sous le quadruple signe du 8, chiffre ô combien symbolique lorsque l’on sait qu’il représente l’infini mais qu’il est aussi rattaché au moteur de la vie, à la source de la création et aux énergies primordiales parfois fortes et mystérieuses.

Très tôt, les images passionnent la petite fille qui n’aura cesse d’affirmer sa passion dévorante pour toutes les représentations photographiques qui rythment  son quotidien, avec une très nette préférence pour les photos de mode sur papier glacé qu’elle découpe dans les magazines pour mieux analyser les expressions d’un visage, la chaleur de la lumière ou le jeu des ombres sur une peau tannée par le soleil.

Dès l’âge de 18 ans, Ismââ part pour Cannes où elle va effectuer un premier stage de praticien photographe en immersion totale et en complète collaboration avec les gens du métier. Elle va y apprendre à retranscrire une situation ou un univers, tout en y apportant son  propre regard et en éveillant son esprit d’analyse, son souci du détail et de l’esthétique, et en enrichissant sa culture de l’image. Elle va absorber les rudiments grâce aux enseignements théoriques de la prise de vue numérique ou argentique, la retouche photo ou même le développement de films. Les logiciels informatiques vont enfin lui révéler tous leurs secrets; la voici prête pour affronter les sujets les plus difficiles.

L’aventure ne fait que commencer avec son lot de joies et de déceptions. En effet, Ismââ Sidi-Ikhlef est une battante qui ne lâche pas l’affaire tant qu’elle n’a pas obtenu satisfaction et c’est tout à son honneur car pour arriver à ses fins, elle n’hésite pas à faire quelques sacrifices comme le photo-filmage peu apprécié chez les photographes professionnels. (NDLR : le photo-filmage consiste à prendre en photo des gens  que l’on croise dans la rue ou tout autre lieu public, le but étant de leur vendre le cliché alors qu’ils sont encore sous l’effet de la surprise). Elle fait cela pendant 7 ans de Courchevel à Cannes en passant par Nice et Monaco sans compter ses heures, mais pratiquer ce métier de la sorte ne la satisfait pas, même si la rentabilité du système lui permet de vivre correctement et de parcourir le monde comme bon lui semble.

Car oui, Ismââ est une grande voyageuse et dès que l’occasion se présente, elle boucle sa valise pour partir à l’autre bout de la planète. Le métier de photographe tel qu’elle l’a vécu jusqu’à maintenant revêtait un caractère saisonnier qui lui laissait parfois plusieurs mois de liberté totale alors ce fut l’occasion pour elle de découvrir divers pays, l’œil toujours rivé à son appareil photo et c’est ainsi qu’elle va séjourner en Angleterre entre Londres et Brighton ou parcourir la Thaïlande, d’est en ouest, de Phuket à Kho Phi Phi. Miami, haut lieu de la mode, fait également partie de ses destinations favorites; elle y a réalisé quelques shooting fashion sans aucune préparation et sans aucun contact sur place, juste grâce à sa force de persuasion et à son joli sourire aussi.

Ce n’est donc pas surprenant d’apprendre qu’après quelques années d’errance sur fond de prises de vue numériques, elle rassemble ses boîtiers et ses objectifs et taille la route une fois de plus, mais sans billet retour cette fois-ci. Direction Saint-Martin qui est loin d’être une terre inconnue pour elle puisqu’une de ses sœurs y habite depuis plus de 30 ans et que dès son plus jeune âge elle y est venue en vacances presque chaque été.

Le rêve de carte postale qu’offre les Caraïbes va se révéler beaucoup moins idyllique qu’il n’y paraît, elle qui se voyait déjà parcourant les plages à l’affût du moindre cadrage magique et inédit, elle doit se résoudre à prendre un job alimentaire pour payer son loyer et ses frais quotidiens. Finalement, cela lui laisse bien peu de temps pour vivre sa passion intensément, mais suffisamment tout de même pour capter des instantanés qui vont lui conférer une certaine notoriété dans les milieux qu’elle fréquente.

Il faut peu de temps en effet pour que son talent soit enfin reconnu à sa juste valeur. Pour s’en persuader, il suffit de jeter un œil sur son site internet (www.pixmaaphoto.com) … c’est d’une telle évidence et ce n’est pas un hasard si le jury de Faces of Saint-Martin l’a sélectionnée parmi tous les concurrents pour qu’une infime partie de son œuvre soit enfin exposée au yeux du public. La spécialité de Ismââ, ce sont donc les portraits vous l’aurez compris, mais pas seulement, car son cœur penche souvent du côté de la mode, son second domaine de prédilection pour lequel elle nourrit des projets que nous lui avons promis de ne pas dévoiler ici et maintenant.

La concrétisation des rêves passe souvent par des étapes où la patience est la maîtresse du jeu, et Ismââ Sidi-Ikhlef risque fort de sortir gagnante de ce jeu là. Ce n’est pas un cliché,  mais plutôt le révélateur d’une artiste qui ira jusqu’au bout pour atteindre ses objectifs.

JMC

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