L’affaire remonte à 5 ans en arrière lorsqu’une embarcation très rapide de type “intercepteur” est commandée par les services des Douanes à un constructeur américain basé en Floride afin de lutter contre la contrebande de stupéfiants perpétrée aux Antilles au moyen de bateaux type Go- fast.

Selon le récent rapport de la Cour des Comptes, la douane aurait versé plus de 300.000 euros entre février 2011 et fin 2012, pour un navire qui n’a finalement jamais été livré.

Dans le cadre de l’enquête sur cette non-livraison, une perquisition réalisée par la Brigade de Répression de la Délinquance Économique a eu lieu jeudi 6 Juillet, à la Direction Générale de la Douane à Montreuil, sur instruction du parquet national financier. Des documents relatifs à l’achat de ce navire ont été saisis au siège à l’issue de la perquisition, mais aucune garde à vue n’a été prononcée et aucune audition réalisée.

Le rapport annuel de la Cour des comptes, paru en Février, critiquait un montage financier qui a coûté très cher à l’administration. En effet, la douane a versé en pure perte 307.618 euros et a commis plusieurs erreurs dans les procédures et les calculs des sommes réclamées.

La Cour des Comptes trouve anormal qu’aucune procédure disciplinaire n’ait été engagée à l’encontre des fonctionnaires responsables des erreurs. Rodolphe Gintz, le Directeur général de la douane a adressé un courrier à tous ses agents en affirmant que son administration a été victime d’un constructeur malhonnête, mais n’est toutefois pas restée inactive. Une procédure pour non-respect des obligations contractuelles a également été engagée auprès du tribunal administratif de Montreuil qui a récemment condamné le fournisseur à reverser à la Douane les sommes dues.

Ce n’est pas la première affaire qui touche les services des douanes françaises. En effet, le 21 Avril dernier, ce sont 2 hauts responsables qui ont été mis en examen dans une affaire portant sur la saisie de 43 tonnes de café contrefait en Juillet 2015. En décembre 2016, 800.000 euros en liquide avaient été saisis lors d’une précédente perquisition au siège de la DNRED (Direction Nationale du Renseignement et des Enquêtes Douanière) et dans les antennes locales des douanes du Havre et de Rouen. Une autre saisie en Octobre 2015, de 7 tonnes de cannabis découvertes dans des camionnettes stationnées à Paris avait éveillé des soupçons concernant le rôle mal défini d’un indicateur, et mis en avant certaines rivalités entre les services des douanes et ceux de la police.

JMC

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