Le Galion

Dans son bulletin d’alerte Sargasses du 11 juillet, la DEAL Guadeloupe alertait sur un “risque d’échouage très fort” sur les côtes guadeloupéennes. En ce qui nous concerne, ce risque prenait corps également en premier lieu sur les réseaux sociaux devenus lanceurs d’alerte de premier plan et qui ont su illustrer le phénomène craint d’images qui se passent de commentaires.

La nappe en approche de Philipsburg

Face à cette invasion, la population et les socio-professionnels de Sint Maarten en appellent aux autorités afin d’enrayer l’invasion et éviter les conséquences économiques et sanitaires maintenant bien connues.

En effet, suite aux échouages massifs intervenus entre 2014 et 2015, le Gouvernement avait décrété l’état d’urgence et décidé de l’élaboration d’un plan d’action opérationnel pour “le ramassage, le stockage, le traitement et la valorisation des sargasses.”

Des impacts réels

Si elles ne présentent aucun risque sanitaires lorsqu’elles sont immergées ou qu’elles viennnent de s’échouer, les algues sargasses forment tout de même des masses handicapant la baignade et la pratique d’activités nautiques. Lorsqu’hors de l’eau, leur décomposition dégage des gaz non seulement malodorants mais également toxiques à partir d’une certaine concentration.

Pointe Blanche

Du point de vue matériel, l’habitat proche des zones d’échouage subit corrosion  des biens, des tuyauteries, des matériaux et même des circuits électroniques et électriques sans parler de la dépréciation de la valeur immobilière sédentarisant de fait des populations qui pourtant aimeraient quitter des endroits où leur santé est mise à mal.

En termes économiques, la sargasse fait aussi des dégâts en freinant tout d’abord la fréquentation des plages, en augmentant les coûts des entreprises que ce soit pour le nettoyage des sites ou l’entretien de leur “produit.”

“Ainsi, s’agissant des coûts directs, à titre d’exemple, un restaurateur de Saint-Martin, possédant plusieurs restaurants sur la plage de Baie Orientale, après avoir initialement fait nettoyer la plage par du matériel de travaux publics, a acquis pour 60 000 € un ramasseur conçu pour nettoyer les plages mais adapté au ramassage des sargasses” nous apprend, entres autres, le rapport interministériel sur le phénomène d’échouage des sargasses dans les Antilles et en Guyane de Juillet 2016.

Mais au-delà des chiffres, il existe une conséquence non quantifiable mais bien réelle et plus pernicieuse : la dégradation de l’image touristique qu’aucun rapport ministériel ni étude scientifique ne parviendra à lisser.

Qui fait quoi ?

Dans les textes, c’est aux collectivités qu’incombe la responsabilité de conduire les opérations de ramassage “lorsque ces échouages sont en quantité intempestive et susceptible de provoquer des nuisances importantes, notamment sur le plan sanitaire.”

Baie Orientale

Dans les faits, ici comme ailleurs, l’ampleur et le caractère brusque des phénomènes dépassent systématiquement la capacité d’action et de réaction des pouvoirs locaux.

En 2015, ce sont donc les préfets qui ont pris le relais et mobilisé les services et moyens d’état. Depuis, l’ARS a également doté ses antennes de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy de capteurs mobiles : 3 à Saint-Martin qui effectuent des mesures sur 9 points névralgiques. Et en termes pratiques, le ramassage a été confié notamment au tissu associatif, d’insertion en particulier, au travers de “brigades vertes” qui si elles représentent une vraie opportunité de retour à l’emploi nécessitent également des moyens de suivi.

En 2015, le coût direct des sargasses a été de 316 660 € pour de la Collectivité de Saint-Barthélemy et de 160 000 € environ pour la Collectivité de Saint-Martin

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