Temps de lecture estimé : 4 minutes

Face à la situation de la population du Venezuela qui est en grande détresse à cause de la crise politique et économique qui touche le pays, l’association des vénézuéliens de Saint-Martin (ils sont environ 500 réfugiés sur l’île) avait lancé fin Mai, une grande collecte de médicaments pour venir en aide à son peuple. Des dons avaient été également recueillis le premier week–end de Juin. Au total, ce sont plus de 300 kilos de médicaments et près de 2.000 euros qui ont été récoltés. 

Acheminer les médicaments, 1er défi

Une compagnie aérienne devait effectuer le transport gratuitement jusqu’en Colombie, il était prévu que les médicaments soient ensuite acheminés par la route jusqu’à un point de passage vers le Venezuela, et distribués grâce à un réseau organisé sur place. Mais le transport de médicaments par voie aérienne étant très réglementé, il a fallu procéder autrement : Paula Peraza à l’origine de cette opération les a donc transportés elle-même dans 2 valises pleines à craquer.

Un coup de main des FARC

Elle a dû user de beaucoup de diplomatie auprès des douaniers pour passer les frontières avec la moitié du stock. Parfois au péril de sa vie (3 points de suttures sous le manton et un cocard), elle est arrivée à bon port grâce à l’aide inattendue des FARC (Forces Armées Révolutionnaires de Colombie) qui jouent un rôle très important au Venezuela actuellement.

Déterminée, le 2ème voyage pour août

Son second voyage est prévu début Août pour distribuer les médicaments restant, mais Paula sait très bien que malgré les témoignages et les remerciements de l’infime partie de la population qu’elle a rencontrée, le Venezuela ne sortira pas de la crise de sitôt.

Espérer des élections démocratiques

Dimanche, les vénézuéliens étaient appelés aux urnes dans le cadre de la Consulta Popular qui devrait permettre de mettre en place des élections démocratiques dans le pays. Il est fort probable que Leopoldo Lopes, actuellement assigné à résidence par le gouvernement,  soit élu. C’est du moins la volonté de la majorité du peuple, mais rien n’est moins sûr car Nicolas Maduro, l’actuel dirigeant du pays n’entend pas se laisser destituer de la sorte. La situation est alarmante : le salaire moyen est de $30, la fuite massive de la population ne cesse d’augmenter et seuls restent ceux qui n’ont pas les moyens de partir, il s’agit bien souvent de la couche la plus pauvre et la moins éduquée, car les diplômés, médecins, avocats, chefs d’entreprises et hommes d’affaires sont partis depuis longtemps

De Chavez à la dictature moderne

La révolution bolivarienne entamée par Hugo Chavez et poursuivie par Nicolas Maduro a peu à peu transformé le Venezuela en dictature, certains préfèrent parler de régime autoritaire à parti unique. Dernièrement, de nombreuses manifestations ont fait plus de 100 morts parmi les étudiants, et le peuple en colère réclame le départ de Maduro.

Les USA priés de ne pas faire d’ingérence…

La communauté internationale est impuissante face à cette situation et les Etats Unis ont été priés par les pays voisins de ne pas intervenir. La Bolivie, l’Equateur, le Nicaragua, le Salvador et même Haïti font partie de ceux là, pour des raisons économiques évidentes. Toutefois, le Sénateur de Floride Marco Rubio a averti que le gouvernement vénézuélien pouvait s’attendre à des sanctions de la part des Etats-Unis et a déclaré :
“Nous soutiendrons tous les efforts réels pour obtenir la réconciliation et rétablir l’ordre démocratique au Venezuela”. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que Marco Rubio tente de s’immiscer dans les affaires intérieures du Venezuela, sa dernière attaque a eu lieu lors d’une réunion du Conseil Permanent de l’Organisation des Etats Américains le 28 Mars dernier, lorsqu’il avait alors menacé plusieurs pays membres de l’organisation de leur supprimer les aides des Etats-Unis s’ils votaient en faveur du Venezuela. Le président vénézuélien Nicolas Maduro a aussitôt répliqué : “Le Venezuela est un pays souverain et ne se laisse pas intimider. Aucun Gouvernement ne peut venir nous dire ce qu’on doit faire. Jamais nous ne nous rendrons. Le Venezuela vaincra avec la Constituante et l’impérialisme ravalera ses paroles.”.

Paula, une fourmi parmi d’autres

Par ailleurs, le peuple est très reconnaissant envers les fourmis qui multiplient des actions telles que celle de Paula Peraza et qui contribuent tant qu’elles peuvent à le soutenir dans cette épreuve.

JMC

Commenter avec Facebook

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.