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Pendant que l’on célébrait au Nord Ouest de l’île, la côte Nord-Est faisait face à de massives arrivées de sargasses.

Selon l’ANSES,aucune étude épidémiologique prospective n’a été menée à ce jour concernant l’impact sur la santé d’une exposition chronique, même à faibles doses, au H2S et aux autres molécules libérées par les sargasses en décomposition. Pour autant, d’après les premières constatations effectuées dans le cadre du rapport interministériel sur le phénomène d’échouage des sargasses dans les Antilles, pour une exposition brève (de quelques minutes à une heure environ), la gravité de l’intoxication dépend de la concentration du gaz : – De 50 à 200 ppm : irritation des muqueuses respiratoires (enrouement, toux, rhinite, etc.) et oculaires (conjonctivite). – De 200 à 500 ppm : en plus des effets irritatifs des voies aériennes supérieures et des yeux, apparition de troubles neurocomportementaux et de symptômes neurologiques (vertiges, céphalées, nausées, vomissements, troubles de la coordination, de la mémoire, hallucinations…). – A partir de 500 ppm : possibilité d’une perte de conscience brutale, coma, troubles cardio-vasculaires (arythmie et tachycardie) pouvant entraîner la mort par arrêt cardiaque à des doses élevées (autour de 1000 ppm). Le HCSP estime qu’une exposition de 8 heures à 14 ppm en moyenne ou de 24 heures à 5 ppm en moyenne peut provoquer des irritations oculaires ou des voies aériennes supérieures.
Les plages d’Oyster Pond à Anse Marcel étouffent littéralement sous le volume d’algues échoué ces derniers jours et c’est tout un pan de l’économie insulaire qui se prépare déjà à courber âprement l’échine.

Si la saison est dite basse, devoir l’affronter quand on vit de l’espace littoral avec la présence des sargasses en plus est un défi que certains ne relèveront pas, à n’en pas douter.

Comme ce fût déjà le cas il y a deux ans, les professionnels font face avec les moyens du bord et dans l’urgence et il faudra encore un temps dont ils ne disposent pas pour que les pouvoirs publics tentent d’apporter une réponse satisfaisante.

Première épreuve pour la nouvelle gouvernance

Comme à chaque fois en cas de coup dur, les yeux se tournent déjà vers la Collectivité et cet évènement pourrait être une véritable épreuve pour la COM qui fait déjà feu de tout bois pour prendre la mesure du changement de gouvernance et de ce que cela implique… Pour autant, même avec la meilleure volonté du monde, on ne peut décemment espérer une réponse à cette problématique à l’échelle de la collectivité.

Si l’on se souvient qu’une réponse partielle avait été apportée au nom de l’insertion par les Brigades Vertes créées à ces fins (20 personnes embauchées sur des financements État/ADEME), le recul imposerait aujourd’hui la précaution puisque l’on est plus à même de cerner l’impact sur la santé publique, et donc sur la santé de ceux qui y sont directement exposés, des gaz dégagés par les algues en décomposition. Puisque l’administration est ce qu’elle est, il faudra sans doute attendre que des études et autres audits soient réalisés pour que ces aspect “santé publique” soient drastiquement pris en compte alors même que les témoignages des résidents sont bien là : maux de tête, vertiges, détérioration des matériels métalliques etc etc

En 2015, la CCI Saint-Martin avait au travers de réunions de travail avec les professionnels impactés et d’un questionnaire dédié tenté de réaliser une première étude visant à estimer l’impact économique de ces échouages. Une approche locale très terre à terre et utile mais qui pour autant ne pouvait intégrer l’impact sur l’image de la destination que ces échouages ne manquent pas de produire.

En attendant la réponse de l’état…

En 2015, elle avait pris la forme d’une mission interministérielle et de la mise en branle du plan Sargasses sur plusieurs axes :

  • Renforcement du soutien aux collectivités chargées du ramassage des algues
  • Poursuite de la mobilisation des autorités sanitaires
  • Lancement d’une mission interministérielle de haut niveau
  • Amélioration de la connaissance pour une gestion à long terme du phénomène
  • Lancement d’une initiative internationale

Quelle pourrait être la réponse en 2018 ?
Le Président Macron aura-t-il sur le sujet une botte dont il a le secret ?

IR

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