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La sargasse s’impose sur nos côtes comme dans toutes les colonnes des médias locaux comme ce fut déjà le cas en 2015. Il faut dire que l’impact économique est majeur, que l’impact sanitaire ne l’est certainement pas moins même si la réalité de celui-ci mettra encore de longs mois voire des années à être admise et reconnue par les pouvoirs publics.

En attendant, au nom de l’insertion, les brigades vertes s’emploieront à nettoyer ce formidable outil de travail que constituent nos plages.

La réalité…

Elle est simple et sans appel : nous ne disposons pas des outils adaptés à la lutte contre ces échouages. Cela n’empêchera pas les lobbys de hurler haut et fort que la COM ou l’Etat ne font rien ou pas assez et d’obtenir aides et soutiens pécuniaires, mais le fait est que nos méthodes de lutte sont avant tout curatives et non préventives et qu’en la matière, il semble bien qu’on lutte avec une fourchette pour évacuer une montagne.

Les radeaux de sargasses identifiés par télédétection sont d’une ampleur telle qu’il est difficile de penser qu’une solution puisse être développée dans un contexte autre que celui de l’internationalisation de la réponse.

La disparité républicaine

Egalité réelle des Outre-mer et même entre les Outre-mer… mon œil ! Le fait est qu’ailleurs, et en fait pas très loin puisque part du territoire national, la réponse est en tous cas différente de celle qui est apportée localement par les pouvoirs publics. La Guadeloupe, au travers de la DEAL est à même aujourd’hui de prévoir les arrivées de radeaux de sargasses grâce à un système de télédétection qui, couplé au plan de houles, permet de projeter les arrivées de sargasses à la côte, un modèle développé par Nova Blue Environnement. Ce dispositif malheureusement ne couvre pas notre territoire…

sargasses à proximité des côtes Guadeloupéennes.
Ces détections ont déclenché l’activation par la DEAL Guadeloupe du service de dérive de CLS pour estimer les délais et les zones d’échouage à court-terme des radeaux de sargasses observés. Un bulletin d’alerte présente le suivi de la dérive des bancs, et une estimation des délais et probables positions d’échouage sur les côtes de la Guadeloupe basés sur les résultats du modèle de dérive MOBIDRIFT. Superbe outil pour la Guadeloupe…

Une piètre avancée sans doute puisque cela ne limite pas les échouages et ne résout pas le problème de leur traitement mais qui permet au moins aux exploitants des AOT ou à tous ceux qui vivent de l’estran ou du bord de mer de s’organiser.

Les appels au secours

On ne parlera pas ici des appels au secours lancés par les exploitants qui vivent de fait une agonie économique, des alarmistes qui paranoïent sur l’impact des images circulant sur le net sur la saison touristique à venir ou encore des obligations rappelées par courrier à ceux qui peuvent se prévaloir d’AOT, mais plutôt des appels lancés par les pouvoirs publics eux-mêmes au travers des appels à projets développés pour le sujet SARGASSE qui servent avant tout à pouvoir affirmer “Nous faisons !” Suite aux échouages massifs de 2015, l’ADEME avait lancé ce type d’initiative et quatorze dossiers avaient été retenus dans le cadre de l’appel à projet “Sargasses : collecte et valorisation innovante” : collecte en mer, barrages flottants, valorisation agricole, centrale de méthanisation, collecte sur terre, création de bioplastics etc etc… autant de projets ambitieux, ingénieux et bien ficelés qui auront pu, ou pas, voir des financements publics participer à leur naissance.

Pour autant, les sargasses sont là, plus nombreuses en 2018 qu’en 2015 et les solutions restent bien minces vis à vis de la violence du phénomène et des volumes à prendre en considération.

Un idée lumineuse…

Les idées les plus simples étant souvent les meilleures, nous nous sommes laissés convaincre ou en tous cas avons prêté une attention particulière à l’une d’entre elles qui, de façon bête et méchante, pourrait participer à l’éradication de ces radeaux avant qu’ils n’atteignent les côtes, ce qui est bien le seul axe qui permettrait d’éviter les nuisances : il suffirait de les pulvériser !

La formation des radeaux tient au fait que les caractéristiques physiques de la sargasse lui permettent de s’enchevêtrer, autorise leur agglutination. A l’échelle nationale a minima, voire internationale dans l’idéal, développer des navires équipés de système de broyage de ces algues permettrait leur dissémination plutôt que leur agrégation… filière innovante, métiers nouveaux…

Certes, avec quels moyens ??? Mais lorsque l’on sera à même d’évaluer précisément quel est l’impact économique global de ces échouages massifs, la balance saura prouver que cette question est nulle et non avenue. IR

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