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Ils l’ont dit, ils le font : l’historique épave de la baie de la potence vit ses derniers jours, préparez vous à dire au revoir à El Maud, puisque c’est son nom.

Puisque l’on découvre que le bâteau a un nom, il apparaît évident que son propriétaire est ou a du être connu. Nous vous épargnerons ici le lourd et fastidieux code des transports et les subtilités qui peuvent exister entre le statut de navire abandonné et d’épave ainsi que les procédés de dilution de responsabilité entre le propriétaire et l’armateur… nous ne vous donnerons que l’Article L5242-18 Modifié par Ordonnance n°2011-204 du 24 février 2011 – art. 5 et qui dit que : “Lorsque le propriétaire de l’épave est inconnu ou lorsque, dûment mis en demeure, directement ou en la personne de son représentant, il refuse ou néglige de procéder aux opérations de sauvetage, de récupération, d’enlèvement, de destruction ou à celles destinées à supprimer les dangers que présente cette épave, l’Etat ou l’autorité portuaire mentionnée à l’article L. 5331-5, selon le cas peut intervenir d’office, aux frais et risques du propriétaire.”
Et là, maintenant que les râleurs et autres partisans d’une vue dégagée, eux aussi devenus historiques, saluent cette décision, pointent déjà les nostalgiques de notre célèbre “El Maud” : “C’est dommage, elle venait d’être référencée comme site de plongée”, “mais on n’aurait pas pu juste lui donner un coup de neuf et y développer un sanctuaire marin” et “Il n’y avait pas un projet de base nautique sur cette carcasse ?”

De quoi nourrir une longue réflexion sur les paradoxes et la nature insatisfaite de l’Humanité, mais on se contentera ici d’éléments plus terre-à-terre, plus factuels.

La COM a donc lancé son appel à candidatures pour les travaux d’évacuation de l’épave de Galisbay, dépollution et remise en état des fonds marins compris, conformément à la délibération adoptée par le conseil territorial en début de mois appuyé sur un budget prévisionnel de 400 000€ et une date de début des travaux fixée au 10 août.

Est-ce à dire que la proposition d’enlèvement gracieux du conseiller Jules Charville par une société seule connue de lui n’était pas assez “légale”, condition posée par le président Gibbs lors du dernier CT pour la prendre en considération et soulager la COM de ce coût ? Ou ce marché est-il juste inévitable ? En fait, le gracieux prestataire n’est pas imbécile et aurait décidé de soumissionner… pourquoi faire gratuitement ce qui pourrait être fait de façon lucrative ?

Quoiqu’il en soit, si l’issue de ce marché est conforme à certains pronostics, le propriétaire d’El Maud, puisqu’il y en a un, pourra se frotter allègrement les mains de se soustraire à l’article L5242-18 et de ne pas avoir eu à assumer à ses frais son enlèvement et la dépollution du site…… voire, pourquoi pas, de trouver d’autres raisons d’être satisfait…

IR

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