Cette boisson très populaire chez les jeunes doit son nom à la couleur violette d’un sirop américain qui la composait dès son apparition. Popularisé par les rappeurs les plus célèbres, le Purple Drank a fait l’effet d’une bombe chez un public jeune qui se réclame de la culture hip-hop et  toujours avide d’expériences nouvelles grâce à sa recette simple largement diffusée par le biais des réseaux sociaux et dont les dérivés font l’objet de nombreux forums. 

L’ADDICTION INTERVIENT RAPIDEMENT

Son nom peut varier et on parle ainsi de “purple stuff”, de “sizzurp”, de “lean” ou de “barre”. Les produits qui le composent sont disponibles dans n’importe quelle pharmacie sans ordonnance : un sirop codéiné mélangé à une spécialité antihistaminique dilué dans un soda (pour des raisons bien compréhensibles, nous nous donnerons pas ici la recette exacte). Bu à petites gorgées pendant plusieurs heures, chaque individu peut ainsi en ingurgiter de grandes quantités jusqu’à l’effet désiré c’est-à-dire un état de somnolence aux effets relaxants et désinhibants, d’autant plus que sa consommation est la plupart du temps le accompagnée par 1 ou 2 pétards bien dosés.

L’addiction intervient rapidement et l’inquiétude des services sanitaires augmente car les produits de base du Purple Drank sont obtenus sans difficulté et à bas prix par les consommateurs (moins de 10€ pour une préparation individuelle).

DES PRODUITS EN VENTE LIBRE

La mère d’un adolescent saint-martinois a voulu témoigner anonymement pour nous signaler l’ampleur qu’a pris ce phénomène sur l’île et qui selon elle devrait augmenter dans les semaines à venir. En effet, la période des vacances étant propice à l’oisiveté des jeunes, ceux-ci peuvent ainsi occuper leur temps en s’adonnant à ces pratiques sans être inquiétés le moins du monde puisque jusqu’à maintenant les sirops pour la toux n’étaient pas considérés comme dangereux, et personne encore n’a été soupçonné par un pharmacien de se droguer lorsqu’il en achète un flacon. Et c’est bien là le problème, car les produits qui composent le cocktail étant en vente libre, il est très facile de les obtenir sans éveiller le moindre soupçon en s’adressant à plusieurs pharmacies différentes qui les délivreront sans difficulté pour quelques euros seulement.

TOXICITÉ AIGUË POUVANT ENTRAÎNER LA MORT

Le Docteur Olivo des “Liaisons Dangereuses / Consultations Jeunes Consommateurs” nous met en garde sur les effets pervers et néfastes du Purple Drank : la codéine est un opiacé qui peut entraîner de graves problèmes d’addiction et présente un risque aigu de toxicité pour le foie avec des risques d’hépatite fulminante pouvant conduire au décès. Le principal problème réside dans le fait que les consommateurs ne se sentent pas coupables puisque les substances qu’ils avalent sans crainte sont des médicaments qu’ils perçoivent comme des produits de santé visant le traitement d’une maladie, donc sans danger voire inoffensifs. Nausées, vomissements, hallucinations et vertiges sont les premiers signes associés à la consommation du breuvage et chaque parent doit impérativement être alerté face à un tel comportement.

DES PHARMACIES COMPLAISANTES

Il en va de même pour les pharmaciens qui doivent désormais être davantage vigilants lorsque que la demande des produits concernés est trop forte, et cela semble bien être le cas à Saint-Martin notamment où la vente de sirops pour la toux a considérablement augmenté ces derniers temps. Certains clients se seraient même montrés menaçants face au refus de certains pharmaciens de leur vendre ce qu’ils exigeaient faisant mine de ne pas tenir compte du conseil santé prodigué. Mais une ou deux pharmacies de l’île seraient plus complaisantes et moins regardantes sur  cet usage détourné de médicaments par des jeunes qui s’exposent à des troubles sanitaires plus ou moins élevés.

Pour tout renseignement, le CJC (Consultations Jeunes Consommateurs) répond à vos questions au 0590 87 01 17

C’est un lieu d’écoute, de soutien et d’information destiné aux familles faisant face à une conduite addictive ; on peut y discuter sans tabou des expériences de chacun, les jeunes y sont accueillis seuls ou avec leurs parents au 6 rue Fichot à Marigot.

JMC

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1 commentaire

  1. De toute façon, suite au décès de Pauline, (jeune adolescente qui a mélangé du tramadol et de la codéine, et qui l’a payé du prix de sa vie car c’est un cocktail mortel à haute dose mais elle était soit suicidaire, soit mal renseignée) sa mère a tout fait pour relancer la polémique dans les médias et ses quelques relations (c’est une élue locale attention !) lui ont permis d’arriver à ses fins : Agnes Buzyn ministre de la santé, s’est rangé de son côté et la codéine est désormais interdite à la vente libre. ça met fin à l’usage du purple drank, mais certainement pas l’usage des opiacés de manière générale. Les plus accrochés décrocheront une ordonnance, au mieux, car j’en connais pas mal qui vont aller se fournir dans la rue maintenant. Et c’est bien plus sale que dans les pharmacies. Dans la plupart des cas ils devront passer par un traitement de substitution, et ainsi passer d’un opiacé léger (codéine palier 2) à un opiacé plus lourd (buprénorphine et méthadone, palier 3) ce qui est con mais pas vraiment d’autre choix. (à moins de trouver un médecin conciliant, mais je crois que ça n’existe presque pas)
    Une fois l’adaptation faite en passant au traitement ils pourront vivre leur addiction normalement au quotidien. Bon courage à tous les addicts, et fuck les labos pharmaceutiques, vive l’autonomie et l’autoproduction, nike toutes les formes d’asservissement et de dépendance ! Prenez votre vie en main et arrêtez de vous laisser faire les jeunes !

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