“Souvenons-nous que la liberté n’a pas été octroyée aux esclaves : ces hommes et ces femmes, nos ancêtres, l’ont conquise, ils l’ont arrachée à la force de leurs convictions et de leurs combats.” Daniel Gibbes, Président de la Collectivité. Quelques phrases fortes dans le discours du Président qui depuis quelques semaines maintenant semble vouloir assumer une position très critique vis à vis de l’état dont on ne sait si elle lui est dictée par l’absence de corrélation entre les moyens nécessaires au territoire et ceux qui lui sont concédés par la nation ou si la portée relève d’une ligne d’opposition LR au Président Macron.
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Chaque année nous fêtons Victor Schœlcher connu pour avoir agi en faveur de l’abolition définitive de l’esclavage en France, via le décret d’abolition signé par le gouvernement provisoire de la deuxième République  le 27 avril 1848. Le jour de la Saint Victor fut d’ailleurs pendant longtemps le seul jour où l’on célébrait l’abolition de l’esclavage avant que des jours anniversaire soient officiellement désignés (le 28 Mai à Saint-Martin). C’est à cette même date qu’ont lieu chaque année les fêtes de Grand-Case qui se sont donc déroulées tout le week-end. 

PAS DE DÉFILÉ, MAIS DE BEAUX DISCOURS… et chapeaux

“Souvenons-nous que la liberté n’a pas été octroyée aux esclaves : ces hommes et ces femmes, nos ancêtres, l’ont conquise, ils l’ont arrachée à la force de leurs convictions et de leurs combats.” Daniel Gibbes, Président de la Collectivité. Quelques phrases fortes dans le discours du Président qui depuis quelques semaines maintenant semble vouloir assumer une position très critique vis à vis de l’état dont on ne sait si elle lui est dictée par l’absence de corrélation entre les moyens nécessaires au territoire et ceux qui lui sont concédés par la nation ou si la portée relève d’une ligne d’opposition LR au Président Macron.

Après la cérémonie religieuse à l’église Sainte Mary Star of the Sea, le traditionnel défilé n’ayant pas eu lieu pour cause de retard des fanfares, les officiels ont donc remonté à pied et sans bruit tout le boulevard Bertin Maurice jusqu’au terrain de sport proche du centre culturel où ils ont prononcé chacun leur tour les allocutions pour cette double célébration. A tout seigneur tout honneur, c’est à Jean-Raymond Benjamin, conseiller territorial et président du centre culturel de Grand-Case qu’est revenu l’honneur de monter le premier à la tribune profitant de l’occasion pour rappeler avec une pointe d’humour qu’il serait bon de songer à rénover les locaux tout en rappelant que cette célébration faisait partie de l’histoire du peuple saint-martinois auquels il a souhaité de bonnes fêtes.

HORS SUJET ?

Allocution de Madame la représentante du conseil de quartier N°2, candidate aux sénatoriales 2014, à la députation en 2017…
moment toujours très attendu s’il en est !

Dans chacun de nos petits villages, une pierre angulaire est là et rayonne sur la petite société, qui de Bage Richardson à Sandy Ground, Florisse Fleming à Quartier d’Orléans ou de Pete Standford à Saint-Louis… Vint donc naturellement le tour attendu de Patricia Chance-Duzant, représentante du conseil de quartier n°2 qui a commencé par regretter l’absence flagrante de la population, dans une longue tirade où elle a ensuite profité de la présence du Président de la Collectivité pour le fustiger à propos de l’état des pontons de Grand-Case sans oublier le pont principal “patrimoine du village”, et la plage aussi… et puis le manque de communication, bref un inventaire à la Prévert revisité SXM, puis tel un ovni dans une attitude théâtrale provoquant des sourires gênés dans l’assistance, elle s’en est pris au Président Macron omettant presque l’objet de la célébration du jour. Seul Donald Trump a échappé à ses commentaires… un oubli sans doute.

CELEBRATION

Daniel Gibbes quelque peu déstabilisé par l’oratrice précédente s’est demandé l’espace d’un instant s’il devait finalement axer son discours sur la politique ou sur Victor Schœlcher comme prévu, mais la foule présente n’a pas hésité une seconde en l’encourageant à opter pour la deuxième option.

Madame la Préfète en grand habit pour l’évènement

C’est donc tout à fait logiquement qu’il est revenu au thème principal plus local, “à la fois solennel et convivial, de célébration de l’unité d’un village et d’une île fière de son héritage” en mentionnant qu’il fallait garder toute notre lucidité sur l’esclavage moderne, l’exploitation de l’être humain, le trafic d’organes, la prostitution, la mendicité et le travail forcé qui existent bel et bien dans notre pays en 2017. “Souvenons-nous que la liberté n’a pas été octroyée aux esclaves : ces hommes et ces femmes, nos ancêtres, l’ont conquise, ils l’ont arrachée à la force de leurs convictions et de leurs combats” a-t-il ajouté en rappelant notre devoir de mémoire, non seulement envers Victor Schœlcher mais envers toutes celles et tous ceux, de Delgrès à Toussaint Louverture, qui se sont battus pour garantir à tous et pour toujours, un statut d’homme libre. Il a conclu en souhaitant à toutes et à tous, une très belle fête de Grand-Case non sans avoir signalé que son père, présent dans l’assistance, s’appelait également Victor tout comme celui de Jean-Raymond Benjamin.

FANFARE ET MAJORETTES

Selon le protocole établi, Claire Javois et Anne Laubies respectivement Députée et Préfète de Saint-Martin et Saint-Barthélemy ont clôturé cette cérémonie par de courtes allocutions, mettant en avant “Grand-Case berceau de la culture saint-martinoise et des traditions touristiques”  pour la première ; la deuxième préférant citer Aimé Césaire avant de laisser place au défilé, court lui aussi, assuré par une fanfare et un groupe de majorettes enfin arrivés à destination qui se sont faufilées à travers les voitures garées sur le parking pour rejoindre le parvis devant la tente officielle où les applaudissements généreux de l’assistance leur ont prouvé que personne ne leur tenait rigueur de ce léger retard.

Après cette ouverture officielle, la population finalement bien présente s’est dirigée vers le stade puis la plage ainsi que le boulevard où se sont déroulées les festivités pendant 3 jours ponctuées par un feu d’artifice de toute beauté.

JMC

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