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Le rapport de l’ARS présenté dans nos pages précédentes, s’appuie, pour ce qui relève de la santé publique, sur l’avis publié par le Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP) en juillet 2015. Mais l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail en publie elle un autre plus récent, en date de Mars 2017 et qui édicte lui les conditions dans lesquelles les personnels exposés peuvent travailler.

De quoi nourrir la balance qui existe entre celles et ceux qui défendent “l’emploi d’abord” face aux adeptes du principe de précaution. Sur un autre plan, peu de choses existent quant à l’impact sur les populations riveraines et aux mesures qu’il serait nécessaire de prendre notamment en terme d’évacuation des populations au dessus d’un seuil mesuré de 2ppm, fait rarissime selon les mesures de l’ARS.

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Les recommandations de l’ANSES

Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail

L’Agence réitére ses recommandations à mettre en œuvre concernant les mesures de prévention des risques sanitaires liés à l’exposition au H2S :

  • limiter l’exposition du public, notamment en ramassant régulièrement les algues échouées sur le littoral, en balisant les chantiers de ramassage et en informant la population des risques sanitaires liés à l’exposition au H2S ;
  • limiter l’exposition des travailleurs, notamment par le port de détecteurs d’H2S, le recours à des moyens mécaniques pour le ramassage autant que possible, le port d’équipements de protection individuelle, la formation et l’information des travailleurs sur les risques liés à l’exposition au H2S et la mise en place d’une traçabilité des travaux exposants.

Limiter l’exposition des travailleurs :

Les recommandations prioritaires pour la protection des travailleurs portent sur le port de détecteurs d’H2S, les moyens mécaniques, les équipements de protection individuelle (EPI), la formation et l’information des travailleurs ainsi que la mise en place d’une traçabilité des travaux exposants.

1) Détecteurs d’H2S

Chaque travailleur au contact des algues, y compris dans les cabines des engins mécaniques, doit être muni d’un détecteur portatif d’hydrogène sulfuré, situé près des voies respiratoires. Ces détecteurs doivent avoir les caractéristiques suivantes :

Affichage permanent du niveau d’H2S présent dans l’atmosphère.

Présence de deux seuils d’alarme avec des indications sonore et visuelle

Mémoire à capacité suffisante pour enregistrer :

  • Le journal des anomalies/évènements avec la date et l’heure correspondante.
  • Les données d’expositions des opérateurs, réglées sur une fréquence de l’ordre de 30 secondes.
  • Sur une période de 15 jours d’exposition au minimum.

Possibilité de connecter l’appareil à un ordinateur pour récupérer et traiter les données enregistrées.

2) Equipement de protection individuelle

Les travailleurs doivent porter des bottes et des gants. Ils doivent également être équipés d’un demi-masque filtrant anti-gaz : conforme à la norme NF EN 140, muni de filtres antigaz A2B2E2K1 conçus selon la norme NF EN 14387.

Ces masques doivent être portés dès que le détecteur signale une concentration supérieure à 5 ppm – 7 mg.m-3 (mais inférieure И 10 ppm – 14 mg.m-3). Le masque ne peut être porté que 15 minutes, au-delà de cette durée, si la concentration est toujours supОrieure à 5 ppm – 7mg.m-3 la zone doit être évacuée. Lorsque la concentration dépasse 10 ppm – 14 mg.m-3, le masque doit être porté et la zone évacuée.

Lorsque la concentration dépasse 10 ppm – 14 mg.m-3, pour pouvoir continuer les opérations, les travailleurs doivent porter une cagoule à ventilation assistée de catégorie minimale TH2 conçue selon la norme NF EN 12941 ОquipОe de filtres de type TH2 A2B2E2K1.

3) Formation et information

Les règles d’hygiène et de sécurité du travail incluent des dispositions générales sur la formation des agents dont notamment celles liées à l’usage des équipements de protection individuelle.

Dans le cas des algues, la variabilité des conditions de dégradation des algues et la multiplicité des risques associés, qui varient au cours du temps, nécessitent de dispenser régulièrement une information et une formation spécifique sur l’appréciation des risques liés à la manipulation des algues, l’intérêt et les particularités de l’usage des détecteurs.

4) Traçabilité des travaux exposants

L’exposition à l’H2S des travailleurs, en fonction des tâches effectuées, doit être tracée. Les fonctions d’enregistrement des données des détecteurs d’H2S permettront de réaliser le suivi des expositions individuelles. Par ailleurs, un journal des incidents doit être tenu pour chaque travailleur.

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