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Des débuts difficiles (voire très difficiles) ne peuvent laisser entrevoir (je l’espère du fond du cœur) qu’un avenir meilleur. 

L’âge de dix ans dans la vie d’une personne physique marque le début de la phase de passage entre l’enfance et l’adolescence. Dans l’existence d’une collectivité territoriale comme la nôtre qui est passée d’une commune à une collectivité majeure (c’est-à-dire combinant commune, département, région et partie Etat), cela devrait marquer la phase de vitesse de croisière et donc une certaine sérénité au regard de l’avenir. Mais ces dix ans, reconnaissons-le, n’ont été qu’une phase de transformation, de gestion conjoncturelle et de plombage. Par manque de moyens, et certainement pas nécessairement par manque de volonté, les fondations structurantes n’ont pu être que très partiellement posées (beaucoup, beaucoup trop peu).

Force est de constater tout de même, que :

  • La posture politique des partis élus au cours de ces dix premières années, notamment à l’entame des deux premières mandatures a été très noble et très responsable, avec un soutien unanime lors du vote à la Présidence. Ce qui a démontré une vraie maturité politique et une vraie volonté de voir le territoire s’en sortir compte tenu de la jeunesse de notre Collectivité et des hostilités de l’Etat et de son administration. Cela a été rendu possible surtout par le fait que les leaders politiques ne se sont jamais placés dans le passé dans une attitude exclusivement partisane et d’enfantillage.
  • Qu’un élément marquant et central de cette décennie est la décision politique forte et salvatrice prise dans les premiers mois de la deuxième mandature de prendre à bras le corps les problèmes financiers et budgétaires de la COM qui étaient devenus structurels,  alarmants et critiques. Par les mesures prises (même impopulaires)  et par le civisme accru de la population, les recettes fiscales propres de la COM ont rapidement doublé. Cet acte responsable a permis de mettre la Collectivité dans une posture forte face à l’Etat : “Nous avons pris nos responsabilités, à vous de prendre les vôtres vis-à-vis de St-Martin” et aurait dû conduire la  COM à être beaucoup plus exigeante, ferme voire intransigeante, face à l’Etat et à l’administration centrale.
  • Qu’il a bien souvent manqué la rigueur nécessaire dans la gestion et notamment dans les embauches et dans le contrôle budgétaire nécessaire.

Malgré ces quelques errements de jeunesse, les pressions sociales et sociétales beaucoup plus fortes ici qu’ailleurs, compte tenu de la démographie, de l’insularité et de l’étroitesse du territoire, il faut reconnaître que notre population et la collectivité ont fait des efforts et même des sacrifices.

Pourtant, le rayonnement de la Collectivité de St-Martin, sur le plan humain, économique, social, institutionnel, régional et national aurait pu être fort et positif, si au cours de ces dix ans, l’Etat s’était montré un vrai partenaire à la hauteur des exigences et fidèle à ses engagements vis-à-vis de notre territoire. L’Etat ne s’est pas montré digne d’avoir au sein de la République une  Collectivité comme St-Martin.

Avec le recul, nous avons la preuve que le moule et le carcan normatifs et administratifs français et européens vont mal à St-Martin ; qu’à chaque fois que la réalité du territoire n’aura pas prééminence sur ce carcan St-Martin perdra. Faire dérailler la gouvernance par refus de faire triompher la prééminence de la réalité notamment monétaire du territoire a aussi pénalisé ces dix premières années.

Ce dont St-Martin a besoin pour atteindre un vrai niveau de développement, pour atteindre ses potentialités et pour prendre son envol c’est un coup de rattrapage structurel et de formation ainsi que les moyens pour juguler sa compétitivité.

Je crois dans un meilleur avenir de ce territoire et je rends hommage à la population, aux différents acteurs et à tous les élus qui se sont engagés au cours de ces dix premières années pour la Collectivité de St-Martin.

Alain RICHARDSON

Ancien Président

Conseiller Territorial (En Marche Vers le Progrès)

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