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Il a vécu avec et pour la musique toute sa vie, et au lendemain de son anniversaire nous avons cru bon vous le présenter. Selon lui, Elvis Presley chantait Jailhouse Rock lorsqu’il a vu le jour par un matin d’été en région parisienne, mais vu la situation géographique, on peut raisonnablement penser que c’était certainement moins rock n’roll…

Fils unique de parents ouvriers, c’est à l’âge de 10 ans qu’il ressent son premier choc musical en écoutant l’album Freewheelin de Bob Dylan. Ce jour là, il se dit : “C’est ça que je veux faire” et dès l’année suivante, il se fait offrir une guitare pour Noël. Il en acquiert vite les bases tout-à-fait naturellement, mais sans technique le talent n’est qu’une sale manie. Alors, après avoir pris quelques cours de solfège au conservatoire municipal, il déchiffre laborieusement les partitions des Beatles ou des Rolling Stones et passe de plus en plus de temps à travailler sa guitare au détriment des ses études qu’il abandonne définitivement avant d’entrer à l’université.

FOLKSONG AVEC LES POTES

Nous sommes au début des années 70’s en plein dans l’ère post-hippie, le folksong Made in USA fait des émules partout en France où l’on découvre les musiques régionales remises au goût du jour à l’aide d’instruments traditionnels sortis des greniers pour accompagner les chants bretons ou occitans. Jean-Mi va ainsi s’essayer à construire de toutes pièces son premier banjo à l’aide d’un vieux tambour et d’un manche improvisé qui cédera sous la trop forte tension des cordes. Il aura plus de chance avec la réalisation d’un dulcimer en kit et la remise en état d’une guitare électrique récupérée chez un copain. Ces différents bricolages vont lui permettre de mieux comprendre comment fonctionne un instrument de musique, comment il peut être modifié et réglé pour obtenir le meilleur son possible.

En solo ou avec des potes dans quelques groupes plus ou moins éphémères, il va vite comprendre que ce n’est pas en chantant Hugues Aufray et Georges Brassens dans les fêtes et dans les bars qu’il va nourrir sa petite famille. Mais le hasard faisant bien les choses, alors qu’il se résigne à gagner sa vie comme Mr Tout-le-Monde, les radios libres sont soudain autorisées en France. Jean-Mi saisit donc cette chance inespérée et se lance dans l’aventure ; s’il ne peut pas vivre de sa musique, il va tenter de le faire avec celle des autres.

RADIO LIBRE

Après avoir cachetonné dans quelques radios locales, il devient donc animateur professionnel (on ne parlait pas encore de DJ) au sein de stations telles que RFM, Nostalgie, Chérie FM ou Europe 2, trop heureux de pouvoir partager avec ses auditeurs, son amour pour le rock, le blues ou la country. Les années 80 passent puis les 90’s. Peu à peu, les radios s’embourgeoisent, c’est l’ère du politiquement correct, des programmations plus lisses où les interventions au micro jadis impertinentes ou carrément délirantes sont bannies des antennes, les quotas apparaissent et la publicité envahit les ondes, reléguant la musique au second plan.

Le XXème siècle s’achève, les temps changent et Jean-Mi n’éprouve plus aucun intérêt pour ce métier qui consiste désormais à vendre des espaces publicitaires au détriment des chansons et des artistes qui les interprètent. Heureusement, il n’a jamais laissé tomber ses guitares et c’est avec elles qu’un beau jour il décide de tout larguer, direction les Antilles avec femme et enfants. Après une étape guadeloupéenne, il pose ses flight-cases sur une plage de Saint-Martin où il joue le rock et le blues du matin au soir dans son beach-bar. Le contact permanent avec les touristes américains est une aubaine pour Jean-Mi qui trouve enfin à qui parler lorsqu’il s’agit d’évoquer toute la musique qu’il aime (qui vient de là, qui vient du blues) sans compter les nombreux allers-retours qu’il effectue entre la Friendly Island et l’Amérique, terre-mère du rock à tout jamais.

UKULELES ET CIGAR BOX GUITARS

La mode est au revival, le retour aux sources n’a jamais été aussi présent et voici que l’on remet au goût du jour les improbables guitares et banjos que les vieux bluesmen fabriquaient eux mêmes avec des boîtes de cigares et des manches à balai, faute de pouvoir s’offrir de vrais instruments. Les CBG (Cigar Box Guitar) sont alors une fantastique source d’inspiration pour Jean-Mi qui se prend au jeu laissant libre cours à son inspiration pour faire naître sous ses doigts des objets uniques et personnalisés. Son idée étant d’y inclure systématiquement un signe distinctif de SXM en guise de signature. Dès lors, mandolines, banjos, CBG et autres guitares acoustiques ou électriques sont réalisées entièrement à la main, chaque modèle est unique et les demandes de personnalisation affluent, particulièrement pour les ukulélés, ce petit instrument à 4 cordes auquel il est facile de s’initier même si on n’y connaît rien en musique. Le succès est au rendez-vous, Jean-Mi tient un stand sur le marché artisanal de la Baie Orientale, il propose aussi ses créations sur la plage et surtout par le biais de sa page Facebook SXM Guitars où les passionnés du monde entier s’échangent de précieux conseils et parlent musique sans discontinuer.

Il n’y a plus de bar rock sur la plage au grand désespoir des amateurs du genre, mais Jean-Mi sort encore sa guitare pour ses amis et vous pourrez l’entendre parfois au détour d’une petite scène s’accompagnant de sa fidèle Telecaster. Il fabrique toujours avec autant de passion des Cigar Box Guitars et des ukulélés, il écrit aussi quelques lignes qui paraissent régulièrement dans un journal saint-martinois. Bref, il vit tranquillement à l’ombre des palmiers auprès de ceux qu’il aime, sans se soucier du lendemain avec pour seule devise : It’s only rock’n’roll, but I like it.

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