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La langue française est ainsi faite : un quartier populaire est un terme politiquement correct que l’on choisit généralement pour parler d’un endroit de la ville où la multiplicité sociale, d’origines et de cultures est telle qu’il est en fait impopulaire à l’homme des quartiers “résidentiels” qui l’évite, le terme le renvoyant à un imaginaire d’insécurité et de pauvreté. Sandy Ground ne fait exception à la règle et ce Mardi 15 Août fût l’occasion de se donner bonne conscience en se rendant bravement sur les lieux sans états d’âmes au motif d’un investissement transversal et équitable.
Après les 2 week-ends des 14 et 21 Juillet pour la Fête Nationale (et de Marigot) et celle de Grand-Case, l’été à Saint-Martin est chargé en célébrations puisque le 15 Août, c’était au tour de Sandy Ground d’être mise à l’honneur.

Après la cérémonie religieuse qui a été particulièrement appréciée par ceux qui y ont assisté, l’heure était aux allocutions et discours officiels d’ouverture de cette journée. Malgré l’absence de nombreuses personnalités locales pour cause de congés, tout a pu se dérouler normalement selon un protocole bien établi.

UN VILLAGE MULTICULTUREL

C’est à Pierre-Lou Richeux qu’est revenu l’honneur de monter le premier sur la scène en qualité de représentant et membre du Conseil Territorial des Jeunes de Saint-Martin. Ayant vécu à Sandy Ground à son arrivée sur l’île, il dit y avoir appris beaucoup des habitants de ce quartier où se mêlent artistes et jeunes diplômés qui font de Sandy Ground un véritable village avec de telles diversités qu’il n’est pas sans rappeler certaines régions de la métropole où vivent ensemble et en parfaite harmonie des hommes et des femmes d’origines diverses. Le jeune homme a conclu en précisant que le Conseil Territorial des Jeunes était non seulement les yeux, les oreilles et la bouche de la nouvelle génération mais désormais, bien décidé à agir… (une graine de futur président ?)

Georges Richardson, considéré par certains comme le véritable patriarche du quartier, a ensuite pris la parole pour affirmer qu’il était capital d’être présent ici chaque jour aux côtés de chaque habitant, il n’a pas caché qu’il avait une confiance totale en l’avenir de Sandy Ground, sans jamais se soucier du passé. Il a été salué par des applaudissements chaleureux qui en disent long sur sa popularité.

UN MESSAGE DU PRÉSIDENT.

Témoignage J’ai beaucoup aimé la fête de cette année, j’ai eu l’impression que l’on était revenu en 2003 lorsque M. David Francillette organisait l’évènement. C’était bien organisé mais j’espère que la population sera mieux informée l’année prochaine. Les enfants du quartier n’étaient même pas au courant des festivités. Même si je suis conscient que les habitants de Sandy Ground devraient s’impliquer et s’informer plus de ce qu’il se passe autour d’eux, je trouve dommage que les intérêts et motivations restent politiques, d’autant plus que le renouvellement du conseil de quartier approche. Quelle que soit la personne qui sera choisie pour représenter Sandy Ground, il faudra vraiment qu’elle se préoccupe du quartier et de ses habitants. Dans l’attente, je préfère garder mes distances car j’ai parfois l’impression que nos responsables entretiennent l’état actuel de Sandy Ground pour pouvoir bénéficier des fonds européens car il suffirait d’une réelle volonté pour améliorer le quartier. Jeremy Watt, Directeur de l’Association MadTwoz Family Rédacteur en Chef de l’excellent SXM Friendly Magazine
Daniel Gibbes étant absent, c’est à Yawo Nyuiadzi le second vice–président qu’est revenue la tâche de lire le message adressé par le Président de la Collectivité. Il a tout d’abord souhaité qu’à l’exemple de Marigot et de Grand-Case, cette journée de fête se déroule sans incident dans un esprit de réunion familiale et amicale. Comme tous les orateurs précédents, ainsi que les suivants, il a mis l’accent sur la réputation pas toujours très glorieuse de Sandy Ground, qu’elle soit justifiée ou non, mais qui grâce aux actions répétées et efficaces des associations et conseil de quartier sait faire preuve d’un dynamisme croissant. “Les habitants sont en droit d’attendre les mêmes choses que ceux de Grand-Case et de Marigot.”  (Alors, pourquoi les fêtes de Sandy-Ground n’ont-elles pas eu droit à une parade avec fanfare et majorettes, ni feu d’artifice ? La réponse nous sera donné en “off” à la fin de la cérémonie). Le vice-président a précisé que de nombreux dossiers étaient en cours de règlement à propos de l’aménagement du territoire et notamment des 50 pas géométriques. Les thèmes récurrents de la propreté et de l’embellissement ont été évoqués ainsi que celui de la sécurité avec davantage de déploiement de la police territoriale pour “rassurer la population”. Yawo Nyuiadzi, porte-parole de Daniel Gibbes, a conclu en encourageant les jeunes à ne pas négliger l’école et la formation pour assurer leur avenir.

NE PAS TRAVERSER SANS S’ARRÊTER

Le Sénateur Guillaume Arnell, fidèle au poste, a souligné combien il était important de goûter au bonheur de vivre dans la paix à Saint-Martin alors que des atrocités étaient perpétrées chaque jour dans le monde, faisant référence aux récents incidents du Burkina-Fasso. Selon lui, la situation de Sandy-Ground ne pourra s’améliorer que si tous les acteurs de terrain se mobilisent simultanément dans le respect des différences. “Vivre, travailler et s’épanouir n’est possible que grâce à l’implication de tous” a-t-il déclaré avant d’ajouter :
“Il ne faut pas se contenter de passer ici, il faut s’y arrêter et s’y attarder pour vraiment apprécier ce quartier trop souvent ignoré”.

La Députée Claire Javois Guion-Firmin a dit sa joie d’être présente et sa satisfaction de savoir que de nombreux projets sont en cours de réalisation pour Sandy Ground, elle a rendu hommage à l’action positive et essentielle des associations d’insertion.

SOBRIÉTÉ DE RIGUEUR

Enfin Thierry Mahler, le sous-Préfet a décliné sa vision de Sandy Ground en trois catégories : l’environnement qui doit être calme et sécurisé grâce au rôle de la gendarmerie et de la police territoriale ; le renforcement de la connaissance et de la formation pour les jeunes avec une action éducative et une scolarité régulière ; l’offre économique et la route vers l’emploi favorisées par des projets professionnels dans lequel l‘Etat doit s’engager durablement. Il a conclu en affirmant sa confiance en la jeunesse de Saint-Martin toute entière.

Toute la population a ensuite été invitée à rejoindre l’enceinte du stade Albéric Richards où était dressée une grande scène pour les spectacles ainsi que de nombreux stands pour la restauration et les rafraîchissements.

Comme promis plus haut, l’explication de l’absence de toute parade et autre éléments festifs nous a été donnée en ces termes : “Pour Sandy Ground, c’est la sobriété qui a été choisie…” Une phrase qui a retenu toute notre attention au même titre que celle qui insistait quelques minutes plus tôt sur le fait que “la population de ce quartier est en droit d’attendre les même choses que Grand-Case et Marigot”

JMC

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