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La Réserve Naturelle s’en fendue il y a peu d’un sérieux coup de colère face à la dégradation intentionnelle de plusieurs spécimens de cactus “Tête à l’Anglais”, si typique de nos côtes…

“On nous rapporte ce jour la présence de près d’une dizaine de cactus tête à l’anglais (Melocactus intortus) qui auraient été dégradés (inflorescences arrachées), le long du sentier des Froussards, au sein de la Réserve Naturelle Nationale de Saint-Martin.

Cet acte est dramatique pour une espèce protégée, à faible répartition géographique et dont le statut de conservation des population au niveau mondial reste préoccupant. Les personnes ayant porté atteinte à cette espèce protégée, empêchent ces individus de participer à la reproduction et nuisent à sa conservation au niveau local et régionale.

Cette randonnée est de plus agrémentée de plaquettes d’information sur les espèces végétales présentes sur le chemin des visiteurs et fournissant ces éléments d’information.

Ce type d’infraction représente un réel danger pour le patrimoine naturel de notre île.

Merci de signaler tout type d’incidents similaires aux agents de la réserve ou à la gendarmerie, pour que nous puissions les faire cesser et tenter de réparer.”

S’il s’agit là de la réaction parfaitement légitime de la Réserve en charge de la gestion des terrains du Conservatoire du littoral, il est bon de rappeler que l’espèce est en danger et qu’elle est en cela quelque part un trésor local. Le cactus tête à l’anglais met approximativement 15 ans avant d’atteindre une taille suffisante pour lui permettre de développer cette typique protubérance supérieure appelée cephalium, qui croît elle de 5 à 10 mm par an, et qui sera porteuse des fleurs puis des fruits. Certains de ces spécimens peuvent atteindre des âges canoniques, jusqu’à 3 siècles… un temps qui, la prochaine fois que vous croiserez un spécimen de très grand taille, peut vous permettre de le considérer comme un témoin de l’histoire puisqu’il était là déjà probablement un siècle avant l’abolition de l’esclavage par exemple et à peine deux siècles après la découverte des Antilles.

“Il est grand temps de reconnaître à la Nature le magistère absolu d’être la garante de toute vie et de notre survie. Oublier ce caractère irrévocable condamne nos efforts à n’avoir aucun lendemain…” Pierre Rabhi
Le citoyen a des devoirs et parmi ceux-ci, il y a le respect de l’environnement L’environnement et le patrimoine commun (ressources et milieux naturels, espèces animales et végétales, diversité et équilibre biologiques…) doivent être respectés, d’abord parce que c’est une obligation juridiquement sanctionnée. En effet, depuis une trentaine d’années , le droit de l’environnement s’est développé et prévoit des sanctions pénales en cas de non-respect des règles édictées. La préservation de l’environnement et du patrimoine devient depuis quelques années un enjeu mondial, synonyme de responsabilité envers les générations futures. Les richesses naturelles de la terre ne sont pas illimitées et certains comportements, qu’ils soient le fait d’individus ou d’entreprises les mettent en danger. Ceci d’autant plus que nombre de pays en voie de développement, grâce aux progrès économiques réalisés, adoptent peu à peu un mode de vie à l’occidentale qui implique une consommation d’énergie et une pollution accrues.
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