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Présentée comme une petite plage familiale à la tranquillité légendaire, Friar’s Bay doit aussi sa réputation aux animations proposées par les 2 établissements qui la bordent.

S’il est dommage que l’un d’entre eux ait cessé depuis quelques années de proposer des concerts annuels sur le sable, dont certains restent gravés pour l’éternité dans les mémoires, l’autre continue coûte que coûte à célébrer la pleine lune chaque mois au son du reggae et à la lueur des feux de bois. Événements qualifiés d’incontournables par tous les fêtards de Saint-Martin, les Full Moon Party ont donné des idées à quelques uns qui n’ont pas la patience d’attendre que l’astre lunaire soit plein pour faire la fête et désormais, chaque week-end et jour férié, les 2 extrémités de la plage sont régulièrement investies dès le début de la journée par des groupes venus des 4 coins de l’île avec barbecues, glacières, groupes électrogènes et sonos tonitruantes.

C’EST ICI ET PAS AILLEURS

Je suis resté coincé à l’entrée de Friar’s Bay pendant plus d’une heure un dimanche en fin de journée alors que je rentrais chez moi. J’avais mes deux enfants dans la voiture et nous n’osions même pas regarder ce qu’il pouvait se passer à l’extérieur. Tout le monde avait pleinement conscience que la voie été complètement bloquée mais tout le monde avait aussi conscience que personne n’oserait dire quoi que ce soit. En fin de journée avec des interlocuteurs ayant passé la journée “à la plage”, il est sécuritaire de choisir de se taire même si c’est particulièrement rageant de constater qu’il faut accepter une certaine forme de non-droit.
En milieu d’après-midi, il est déjà pratiquement impossible de se frayer un chemin parmi les dizaines de véhicules stationnés en travers de la chaussée et les habitants des résidences alentours doivent désormais prendre leur précaution pour sortir de chez eux sachant que selon l’heure du retour, il leur sera pratiquement impossible de regagner leur domicile autrement qu’à pied en ayant pris soin de laisser leur voiture garée à plusieurs centaines de mètres de là.

Plus tard dans la soirée, les rues de l’étang Guichard, de la Palmeraie et de la Résidence Friar’s Bay sont carrément inaccessibles pour qui tenterait de forcer le passage, et dès la tombée de la nuit il est impensable de s’y aventurer sans recevoir au passage quelques insultes et des gestes provocateurs quand ce ne sont pas des jets de pierres ou de canettes dans un climat où la bousculade peut vite dégénérer en pugilat général. En effet, plusieurs centaines de personnes plus ou moins imbibées d’alcool et les yeux rougis par la consommation de produits stupéfiants règnent en maîtres sur cette portion de bord de mer qui résonne au son des puissants amplis poussés à leur maximum à tel point que même ceux qui avaient  pris la précaution de ne pas sortir de chez eux ne pourront pas dormir avant l’aube tant le vacarme est assourdissant.

Un accès parfois vraiment compliqué

Descendre dans la rue pour tenter de négocier un peu de calme auprès des fêtards serait pure folie et s’il est vrai que les gendarmes interviennent régulièrement pour tenter d’apaiser la situation, ils se trouvent forts dépourvus (à 4 face à plusieurs centaines d’individus) et rien n’empêche les fauteurs de trouble de recommencer de plus belle dès qu’ils ont tourné le dos : selon notre témoin, la vente et la consommation illicite d’alcool et de drogue semble être un état de fait tout autant que ce qui ressemblerait à de la prostitution qui se pratique à la vue de tous sans la moindre peur d’une quelconque répression.

Le lendemain matin, la plage déserte jonchée de détritus offre un triste spectacle de lendemain de fête tout comme les rues adjacentes recouvertes d’immondices révélateurs de l’état d’esprit dans lequel se trouvent ces gens qui n’ont que faire de la manière dont ils traitent l’endroit.

ONE ISLAND, ONE LOVE

Le torchon brûle et les résidents du quartier en ont assez, ils dénoncent le laxisme des autorités qui laissent faire en connaissance de cause et sous prétexte de ne pas ternir la réputation festive de Saint-Martin. Sauf qu’aucun touriste n’a encore été aperçu sur la plage de Friar’s Bay le Dimanche soir et que si cela perdure, ils n’y viendront pas non plus en journée et finiront par déserter cette plage, puis d’autres. Alors, la population pourra choisir d’investir (ou pas) les coins de sable devenus libres de toutes contraintes mais aussi de tous revenus…

Les établissements historiques de la plage ne feront pas cas de cet usage quelque peu abusif de l’endroit car ce n’est naturellement pas porteur en terme d’image, mais il faut bien savoir que si la plage est ce qu’elle est, c’est aussi et bien souvent grâce à eux qui l’entretiennent et prennent soin des abords depuis des temps maintenant quasi reculés !

JMC

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4 Commentaires

  1. I lived in Friar’s Bay and what I saw and heard there on those occasions were nothing but St Martin’s « habitudes »… Not the Saint Martin’s that is MY PAYS though! And oh… Please tell me where should I go back to when I’m from here and have to spend one hour in my car waiting for this bacchanal to finish so that I can accès my gnous width my children, knowing that if I open my mouth, it won’t be nice??? Sorry, so called St MARTINER but that is not my pays and will never be my habitudes…

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