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Ce n’est pas parce que les protagonistes du “Sand box tree” se croient plus saint-martinois que saint-martinois ou qu’ils se prennent pour des artistes ou des comiques qu’ils sont pour autant à l’abri de poursuites en diffamation ou pour injures publiques, ce qui aurait pour effet d’enrichir un avocat et d’appauvrir des prolétaires mais serait surtout opposé à mes principes moraux. Dans ce communiqué, je ne vais donc pas répondre à ces gens-là, car cela n’a aucun intérêt, mais à de vrais lecteurs qui m’ont fait part de leurs critiques tant élogieuses que négatives.

Je suis né en Guadeloupe. Je suis de sangs mêlés donc métisse. Il y a aussi les mulâtres. Parler de race ou d’ethnie ne me pose aucun problème, il ne devrait pas y avoir de sujets tabous. Je m’impose donc une seule condition, celle de l’apaisement. Un antillais comme moi peut écrire le français correctement. Je n’écrirai jamais comme Céline, Mallarmé ou Maupassant car pour cela il faut une part de génie que je n’ai pas, que je ne cherche pas à avoir ni même à égaler. J’écris comme un citoyen qui a du respect pour ses lecteurs et leur intelligence. “Oui bwana”, “y a bon banania” font partie d’une époque révolue.

Je suis contre la haine et le ressentiment. Je suis contre le métissage institutionnel car le métissage doit rester une expérience individuelle et non une idéologie imposée à une communauté ou à un territoire. En tant que métisse, je sais parfaitement que je suis tout et rien en même temps. Ni tout à fait blanc ni tout à fait indien, caribéen mais pas assez noir etc. Les indiens, par tradition, se mélangent peu. En créole, je suis un bata’zindien , un indien bâtard. C’est devenu un terme familier en Guadeloupe, presqu’une fierté personnelle.

J’écris sous forme de communiqué ou article de presse. Il faut l’esprit de finesse tout étant percutant pour garder le lecteur en éveil jusqu’à l’extase ou au bouleversement, jusqu’au sentiment de rejet ou de sympathie. Peu importe, c’est Saint-Martin qui compte. IL n’y a pas de place pour la culture dans mes communiqués. Je peux citer quelque auteur pour apporter quelque précision mais la culture est trop précieuse pour être synthétique. Ma définition de la culture est très simple : ce n’est pas un monopole de connaissances accumulées ni de vérités absolues mais au contraire, c’est l’apport et l’échange. C’est aussi la révélation dans un débat contradictoire. J’ai débattu durant près de 3 heures avec Daniella Jeffry, chercheure en histoire, avec la précieuse et aimable collaboration de Catherine Carmont sur 101.5 fm.

Le niveau était élevé mais, nous avons échangé sans haine ni insulte dans la joie et la bonne humeur. Une communauté qui permet à ses membres de placer l’insulte au dessus de tout est une communauté malade car au bout il n’y a pas d’échange mais un perdant et un gagnant. Les comportements agressifs, qu’ils soient physiques ou sonores insultent une humanité qui est bien plus vaste que moi.

Pour Daniella Jeffry, les problèmes à Saint-Martin commencent dans les années 80. Selon moi, voyant toujours les choses dans la globalité, le gros problème fut la traîtrise des communistes antillais avec leur loi de départementalisation de 46. Daniella Jeffry m’a assommé avec quelques précisions sur l’Histoire de Saint-Martin alors j’ai conseillé à la jeunesse saint-martinoise de s’intéresser aux anarchistes russes et notamment à Kropotkine et à son livre «l’Entraide» qui peut donner une idée de ce qu’est une société évoluée voire autonome. Non sans surprises, nos points de vue divergeaient considérablement sur la définition appropriée de l’assimilation.

En parlant d’autonomie, contrairement à ce qui peut se ressentir dans mes écrits j’éprouve beaucoup de respect pour les hommes et femmes politiques saint-martinois. Ils veulent qu’on s’intéresse à eux, alors je m’y emploie. Ils ont des qualités. Ils ont des défauts. Au-dessus, il y a les anges et Dieu. Il faut de la spiritualité dans ce monde. Les temps sont particulièrement obscurs. il y a au niveau mondial le risque du feu nucléaire. Localement, il y a le chômage de masse chez les jeunes, la violence, la délinquance, les suicides de plus en plus nombreux, le diabète, le cancer, le sida… Il faut faire preuve d’abnégation quand on fait de la politique. La politique doit rester sérieuse. Il ne peut y avoir d’attaques personnelles ou de bagarres futiles.

JF RABOTEUR

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