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Les déclarations intempestives voire irresponsables du Président Trump ne changeront pas les rapports géopolitiques mondiaux car la 3ème guerre mondiale a commencé depuis septembre 2001.

Elle se déroule sous nos yeux de manière régulière : attentats de Paris, de Bruxelles, de Berlin, de Barcelone pour ne citer que ceux qui sont sous le feu des caméras… Entre un ennemi qui ne se compte pas en escadrons ou en missiles et un ennemi de l’ombre composé de soldats souvent solitaires, fanatisés et endoctrinés.

Cette guerre est une ironie de l’histoire car elle oppose des états développés qui possèdent un armement sophistiqué, nucléaire, cybernétique à une armée de pauvres qui avec un cutter ou une vieille camionnette sèment la mort et la désolation, mettent à mal nos moyens conventionnels de lutte.

Cette guerre et ce combat ne sont pas nés par le fait de l’histoire ou par la radicalisation d’un mouvement religieux. Non, elle est le résultat, le fruit des errements et manipulations des puissances occidentales, des Etats Unis notamment. Le mouvement islamique, celui des talibans ont été créés, financés, encadrés par les services secrets (ISI) en liaison et sous couvert de la CIA. Les Djihadistes d’Afghanistan et Daech ne sont que leurs petits enfants.

Rappelons la théorie de Brzeziński qui préconisait la création de foyers d’infection aux frontières de l’URSS ou de la Chine. Soulignons que ces deux pays avaient de très fortes minorités musulmanes.

En 1999, dans la vallée du Panshir, avec Alain Madelin et Brice Lalonde, le Commandant Massoud nous disait : “Aidez moi à éliminer les camps d’entraînement terroristes en Afghanistan ainsi que Ben Laden, sinon l’Occident le paiera lourdement dans sa chair et par le sang.”

Plus récemment, au Kurdistan syrien, près de Kobani et à quelques kilomètres de Mossoul, j’ai pu rencontrer les combattants de l’YPG qui luttent contre Daech et constituent la principale force armée dans la bataille de Raqqa. Ces combattants, notamment les escadrons de femmes, se battent pour leur liberté, pour protéger leur peuple mais aussi pour la liberté de l’Occident. Que fait l’Occident pour aider le peuple kurde ? Au-delà du fait que l’YPG soit une organisation cousine du PKK, pro marxiste, classée il y a des années comme organisation terroriste par les Etats-Unis et persécutée par l’autocrate Erdogan…

La troisième guerre mondiale a commencé depuis 2001, c’est une guerre de l’ombre, une guerre de pauvres dont le terme n’est pas connu et imprévu. Aucune région, aucun pays n’est à l’abri…

Nous côtoyons ces soldats de l’ombre, souvent solitaires. Leur vision du monde est idéologique se fondant sur la haine de l’Occident et un fanatisme religieux qui n’est nullement l’essence de la religion musulmane. Le temps n’est pas une limitante dans le déploiement de leurs desseins et la conviction est telle que si le résultat n’est pas là aujourd’hui, il le sera demain. Croire que les Antilles seront épargnées par cette guerre constitue un leurre. Les réseaux existent, se nourrissent, s’organisent et frapperont au moment de la maturation.

Face à ce danger, il faut que les peuples de l’Occident aient le courage de lutter et de se battre, aient le courage de soutenir les combattants du Front au Mali, en Syrie, etc. Il faut avoir le courage de la guerre, le courage de lutter contre une idéologie mortifère et cette lutte, ce combat sont et doivent être intégrés par chaque citoyen au quotidien.

La 3ème guerre mondiale ne se gagnera pas seulement par les armes mais par l’éducation, la mobilisation citoyenne, la tolérance, la parole et la plume.

JPF 

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