Il a tout juste 24 ans et après un parcours exemplaire, il évolue déjà dans des milieux professionnels habituellement fréquentés par ses aînés. 

Né en 1993 et petit dernier  d’une famille qui compte déjà 3 filles, Julien Chevallier arrive à Saint-Martin à l’âge de 10 ans avec ses parents, des restaurateurs reconvertis dans les assurances. Il va donc passer toute son adolescence ici à l’école primaire tout d’abord puis au collège Soualiga et enfin au lycée des Iles du Nord de Marigot où il fait preuve d’une certaine capacité pour les sciences et les mathématiques à la grande satisfaction de ses professeurs qui lui prédisent déjà un bel avenir. Julien n’est toutefois pas un garçon qui reste enfermé entre ses livres et ses cahiers, il faut dire que l’environnement est propice aux activités extérieures et ce sont les sports nautiques qui vont avoir sa préférence et plus particulièrement le jet-ski dont il fera sa spécialité. Quelques années plus tard, il occupera d’ailleurs ses vacances d’été comme moniteur de cette discipline au sein de différents water-sports de l’île ; la pratique du sport reste encore pour lui aujourd’hui une nécessité, comme un art de vivre.

JET-SKI ET ASTRONOMIE

En 2008, il obtient le prix du meilleur sportif toute catégorie décerné par le Service Territorial des Sports de Saint-Martin, mais Julien n’étant pas un jeune homme qui se contente de naviguer sur une seule mer, il consacre aussi du temps à cuisiner pour sa famille et pour le plaisir, un don familial sans doute hérité de son papa. D’ailleurs, une des ses sœurs à suivi cette voie elle aussi. Quand il n’est pas sur l’eau ou derrière les fourneaux, c’est l’œil rivé sur son télescope que Julien passe des heures à scruter le ciel car après s’être initié à l’astronomie, il en a fait un des ses principaux hobbies tout autant que l’informatique qui n’a pratiquement plus de secret pour lui.

Mais ce n’est parce qu’on a des passions solitaires qu’on en est pas moins attiré par la vie en société et Julien Chevallier en éternel “jusqueboutiste” va briguer le poste de Président du Conseil Territorial des Jeunes pour lequel il sera élu en 2011 sous la mandature de Frantz Gumbs alors Président de la Collectivité de Saint-Martin. Ce dernier ainsi que tous ses camarades de l’époque s’accordent à dire qu’il fut exemplaire dans son rôle et que son investissement personnel fut remarqué et apprécié à juste titre.

DES ÉTUDES PROMETTEUSES

Jamais à court d’idées et toujours prêt à donner de sa personne, il fait partie d’une délégation saint-martinoise en visite au Parlement Européen de Bruxelles où plusieurs jeunes ultra-marins se retrouvent. Ce sera l’occasion pour lui de plaider une cause qui lui tient à cœur : récupérer des fonds pour rénover les fresques du stade Vanterpool de Marigot. Cette année là , les études secondaires s’achèvent pour Julien qui obtient son Baccalauréat Scientifique en 2011 et qui décide d’intégrer une classe préparatoire aux grandes écoles en Martinique. Premier déracinement et première expérience d’indépendance pendant 3 années où les allers-retours entre Saint-Martin et Fort de France seront fréquents aussi bien pour lui que pour ses parents qui admettent volontiers que ce n’est pas facile de laisser partir le petit dernier, même si son avenir en dépend.

DE L’INFORMATIQUE SINON RIEN

Ce premier départ sera suivi d’un autre plus déterminant encore, car Julien choisit une voie qui va le mener à Grenoble à partir de 2014 où il devient étudiant en cycle ingénieur à l’INP Esisar dans la filière électronique informatique et systèmes embarqués spécialité automatique. Parallèlement à cela, il est également responsable des relations entreprises du Club Robot Esisar, ce qui lui donnera l’occasion de participer à la coupe de France de robotique en 2015 avec notamment un projet de conception de quadricoptères dont il est très fier.

Après plusieurs stages spécialisés et une participation aux Entrepreneuriales en 2016, il présente son projet de fin d’études qui comprend entre autres le développement de logiciels utilisant les technologies 3G Bluetooth, la création d’applications pour smartphone et pour le web ainsi que des programmes dans le domaine de la modélisation pour le contrôle et la commande de drones.

SANS PEUR ET SANS RÉPIT

Diplôme en poche, Julien Chevallier s’apprête alors à prendre quelques vacances bien méritées en s’accordant une pause sur le sable chaud de Saint-Martin, histoire de décompresser un peu auprès des siens. Peine perdue, il ne s’est pas encore remis de ses émotions estudiantines qu’il est contacté par des chasseurs de têtes qui lui font une proposition qu’il ne peut pas refuser :
un poste de consultant chez Ausy dont le principal client est ArianeGroup l’entreprise qui est en charge du développement des lanceurs Ariane. Comment rejeter une telle opportunité ? Les plages de la Friendly Island attendront encore un peu car Julien consacre désormais tout son temps au développement de logiciels destinés aux systèmes embarqués prévus pour le programme Ariane 6 qui verra le jour en 2020.

SCIENCES ET AVENIR

C’est la fin de l’été 2017 et 24 ans après avoir vu le jour, ce saint-martinois d’adoption mais saint-martinois de cœur, nous prouve que la réussite est à la portée de tous si l’on veut bien s’en donner les moyens. Julien Chevallier a fait toute sa scolarité dans les écoles publiques de l’île et les années qui ont suivi ont été parsemées de sacrifices de sa part comme de celle de ses parents qui comme lui ne regrettent aucunement d’avoir choisi ce parcours. L’avenir n’appartient pas seulement à ceux qui se lèvent tôt, encore faut-il ne pas se recoucher juste après…

JMC

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