La reconstruction au sens large du terme comprend bien sûr l’aspect physique avec la remise en état des bâtiments endommagés ou détruits mais également la reconstruction économique des 2 îles, à savoir la remise en route d’un système qui permettra à tous les habitants de reprendre une vie normale à plus ou moins longue échéance.

PRIORITÉ AUX ÉCOLES.

Plusieurs aspects d’ordre général ont donc été abordés Jeudi matin en préfecture avec tout d’abord la satisfaction de voir s’ouvrir l’une après l’autre les écoles qui sont encore debouts, dont 7 accueillent déjà des élèves de Saint-Martin depuis le début de la semaine. Le collège Mont des Accords ouvrira ses portes Lundi 9 Octobre et sera suivi d’autres établissements scolaires pour accueillir dans la mesure du possible les enfants du primaire et du secondaire dont 70 à 80 % des effectifs sont actuellement présents.

Si tout se passe comme prévu, les établissements en état de fonctionner seront tous ouverts avant les vacances de la Toussaint sauf les écoles maternelles et les établissements ayant subi de lourds dommages comme le collège Soualiga à Cul-de-Sac ; le Lycée Professionnel des Îles du Nord prévoit lui une rentrée début Novembre. Il est à noter que les enseignants qui étaient partis dans les jours qui ont suivis le passage de l’ouragan reviennent progressivement.

Philippe Gustin s’est montré d’ailleurs particulièrement choqué de constater qu’environ 600 d’entre eux s’étaient enfuis sur les 860 que compte l’enseignement public.

NOUVELLES NORMES DE CONSTRUCTION.

Le second point essentiel concerne l’activité économique qui doit survivre coûte que coûte notamment grâce aux aides apportées aux entreprises locales telles que les prises en charge du chômage partiel ou l’accompagnement pour les procédures de licenciement quand il est impossible de faire autrement ; le lien entre les employeurs et les salariés étant un élément important dans la prise en compte des mesures adaptées à chaque cas.

L’urgence étant bien sûr de reloger la totalité des habitants dans les meilleures conditions possible, après le bâchage et le soutien aux artisans qui ont paré au plus pressé pour  sécuriser tant bien que mal les maisons endommagées, le Préfet a indiqué qu’une aide serait apportée dans la mesure du possible aux particuliers qui ont choisi d’œuvrer eux-même pour la reconstruction de leurs biens, c’est ce que l’on appelle l’assistance à “l’auto-réparation” ; il faut toutefois noter que 25% des habitations sont totalement détruites et donc non réparables.

Un nouveau plan d’aménagement urbain de l’île va être établi intégrant mieux et plus fortement les précautions liées aux risques naturels (submersion, inondation, séisme) définis par l’Etat mais géré par la Collectivité. En effet depuis le passage de Irma, les critères ont changé et les zones à risques vont être redéfinies sur une carte des aléas mise à jour selon une doctrine et des préconisations très précises : la qualité de construction des bâtiments sera désormais un point clé pour toute nouvelle construction ainsi que la zone d’implantation.

A titre d’exemple, plus aucune structure fixe ne sera autorisée dans la zone des 50 pas géométriques et les modèles de reconstruction devront désormais être repensés pour les habitations des résidents de façon à garantir un maximum de sécurité.

UN RAPPORT DÉTAILLÉ FIN OCTOBRE.

Il est bien évident que l’activité touristique est au cœur de tous les débats et de tous les enjeux économiques, c’est pourquoi il est nécessaire de mettre en œuvre des traitements spécifiques adaptés à l’environnement dans un esprit de développement durable qui devrait aboutir en théorie à des modèles de reconstruction tournés vers l’avenir, toujours en accord avec la Collectivité.

Pour terminer, Philippe Gustin a indiqué qu’il souhaitait mettre en place une politique de “culture du risque” auprès de tous les habitants, que ce soit par le biais des écoliers qui devront en tenir compte dans l’avenir ou avec les salariés qui devraient pouvoir être formés dans ce sens.

8.000 citoyens sont partis dans les jours qui ont suivis le passage de l’ouragan, la majorité d’entre eux devrait revenir à plus ou moins long terme et il serait souhaitable qu’ils envisagent de changer quelque peu leur mode de vie et leurs habitudes pour s’assurer d’un avenir meilleur, le Préfet Philippe Gustin qui devra remettre son rapport fin Octobre au Président de la République, reste persuadé que c’est réalisable grâce à la volonté de chacun…

Quoiqu’il en soit il a affirmé haut et clair que l’Etat n’abandonnerai pas Saint-Martin et Saint-Barthélemy souhaitant ainsi faire taire certaines rumeurs pessimistes et nocives.

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1 commentaire

  1. il serait souhaitable qu’ils envisagent de changer quelque peu leur mode de vie et leurs habitudes pour s’assurer d’un avenir meilleur

    Effectivement ça ne serait pas du luxe ! Il existe à Saint-Martin une certaine culture de la fraude pratiquée par bon nombre de personnes et cet élan de renouveau semble être une bonne opportunité de repartir sur des bases saines.

    Une des choses à faire serait de combler les vulnérabilités patentes liés au système français et à la proximité immédiate avec le côté hollandais. Il est impensable de voir des personnes aptes au travail cumuler les aides sociales pour arriver à toucher davantage qu’une personne qui travaille effectivement. Ce n’est plus du social, c’est de l’assistanat. RSA, aide au logement, allocations familiales, CMU… La tentation est forte, il suffit de faire des enfants pour toucher le jackpot. Les enfants conçus dans un tel esprit sont en général laissés pour compte, et deviennent à leur tour des assistés et/ou des délinquants qui empoisonnent notre société. Certains travaillent, toutefois, du côté hollandais, tout en bénéficiant joyeusement de toutes les aides possibles du côté français. Nous passons là de l’assistanat à la profitation, comme on dit chez nous.

    Ces petits profiteurs sont les plus visibles mais les dégâts ne sont pas moindres si l’on regarde en haut de l’échelle sociale. Dans le public comme dans le privé, certains mastodontes continuent à s’engraisser de façon douteuse, sans jamais rendre grâce au territoire ni aux personnes qu’ils exploitent. Il y a un moment où il faut arrêter de tirer sur la corde.

    Fort heureusement, je ne pense pas que tous ces profiteurs représentent une majorité, mais une part assez conséquente qu’il serait bon de réduire à son minimum, histoire de laisser respirer ceux qui sont entre les deux et pour que ce ne soit pas toujours les mêmes qui paient (je ne parle pas nécessairement d’argent).

    Donc finalement, un peu moins de laxisme, une meilleure coopération avec le côté hollandais pour identifier les profiteurs, une véritable volonté d’assainissement de la part des pouvoirs publics et les mesures concrètes qui vont avec. J’espère que ce n’est pas trop demander.

    Beaucoup sont partis, personne n’est irremplaçable. Pourvu qu’il ne reste que les meilleurs pour reconstruire Saint-Martin. Notre île n’est pas extensible, un fait qu’il est bon de rappeler pour ce nouveau plan d’aménagement urbain dont il est question.

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