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PATRICE RICHARD, DIRECTEUR GÉNÉRAL DE L’ARS (Agence Santé Régionale) GUADELOUPE, SAINT-MARTIN, SAINT-BARTHÉLEMY, ÉTAIT À PRÉSENT JEUDI 12 SEPTEMBRE POUR UNE JOURNÉE COMPLÈTE DE RÉUNIONS ET DE RENCONTRES, UN MOIS APRÈS LE PASSAGE DE IRMA.

Après une rencontre sur le terrain avec une équipe de lutte anti-vectorielle, avec la Croix Rouge puis avec des médecins libéraux, il a effectué une visite du centre hospitalier de Marigot et à cette occasion il a établi un premier bilan de la situation sanitaire de l’île.

Etaient présent à ses côtés, Pascal Godefroy délégué territorial de l’ARS, Mr Blanchard directeur adjoint du centre hospitalier, le docteur Vangeenderhuysen, obstétricien et le docteur Linet du service des urgences.

LA QUALITÉ DE L’EAU S’AMÉLIORE

Plusieurs point essentiels ont été abordés : l’eau tout d’abord avec la confirmation que celle-ci est potable au robinet partout sur l’île (en prenant toutefois la précaution de la laisser couler quelques instants après une coupure de réseau) et l’eau de baignade en cours d’analyse avec déjà 2 zones pour lesquelles il n’y a plus de danger : Friar’s Bay et Grand Case. Attention pour le moment la baignade reste tout de même interdite car les services de la Collectivité n’ont pas encore sécurisé ces plages pour tout ce qui concerne les éventuels risques d’accidents liés aux objets pouvant se trouver au fond.

Un autre point tout aussi important a été largement évoqué : celui des moustiques de plus en plus nombreux à cause des nombreux gîtes larvaires. Des pulvérisations sur la voie publique sont effectuées régulièrement mais ce n’est pas suffisant et la population doit absolument prendre conscience des dangers que représentent les réserves d’eau dues aux entassements divers, tels que les carcasses de voitures ou les bateaux partiellement détruits qui stagnent sur les terrains privés. Les équipes de lutte anti-vectorielle sont à l’œuvre mais la collaboration de tous est requise pour une meilleure efficacité.

DES MOUSTIQUES, MAIS AUSSI DES MOUCHES ET DES RATS

Les amoncellements de déchets favorisent également la prolifération des rongeurs et des mouches dont l’éclosion des œufs est accélérée par les conditions climatiques (environ 2 jours). Actuellement, 7 sociétés privées sont compétentes pour traiter ces problèmes mais la tâche est vaste et cela nécessitera du temps et de l’argent. D’ailleurs à ce propos, la Fondation de France serait en passe de débloquer un budget attribué spécifiquement au traitement contre les rats et les mouches.

Après une première période d’extrême urgence pendant les premières semaines qui ont suivi le passage de l’ouragan, nous entrons maintenant dans une seconde phase de retour progressif à la quasi-normalité, tout du moins en fonction des possibilités et des disponibilités des personnels et des matériels de santé. Ainsi à l’hôpital, sur les 80 lits qu’on y compte, seuls 27 sont actuellement disponibles, mais dès la semaine prochaine ce chiffre passera à 41 et l’activité de l’établissement reprend peu à peu son rythme régulier grâce à l’organisation et à la rotation du personnel présent. Cependant, les services pédiatrie et chirurgie ne seront opérationnels qu’en début d’année prochaine.

UNE ACTIVITÉ INTENSE À L’HÔPITAL

Sachant que le centre hospitalier a subi des dommages importants, il est intéressant de constater que 2 ailes sur 4 ont la possibilité de fonctionner à plein régime, c’est pourquoi les différents services ont été dispatchés selon la fonctionnalité des locaux obligeant le personnel à s’adapter à des conditions de travail inhabituelles. Le bloc de chirurgie ambulatoire fonctionne donc à plein régime contrairement à la chirurgie programmée, irréalisable pour le moment. Les urgences ont retrouvé une cadence presque similaire à l’avant Irma alors que pendant 1 mois, ce sont environ 4.600 passages qui ont été enregistrés, soit pratiquement 3 fois plus qu’en temps normal.

En ville, 6 pharmacies sont maintenant ouvertes grâce à un approvisionnement en provenance de la Guadeloupe en attendant la remise en route de Laborex qui ne devrait pas intervenir avant 2 mois. Toujours est-il qu’il n’y a plus aucune pénurie de médicaments quoiqu’on en dise. Patrice Richard insiste sur le fait qu’il faut davantage informer la population notamment pour tout ce qui concerne les aides psychologiques disponibles dans les 3 dispensaires situés à Quartier d’Orléans, Sandy Ground et Grand Case, tout autant que les médecins généralistes également présents sur place.

La situation sanitaire est donc sous contrôle et s’améliore chaque jour, il est du devoir de chacun de suivre les recommandations de base afin de prévenir les principaux risques pour la santé.

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