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Vous connaissez les Pieds Nickelés? Ces trois voyous loosers spécialistes des coups foireux. Leur dernière aventure s’est déroulée le 19 septembre dernier dans une villa de la Baie Orientale, où ils ont débarqué armés de gros calibres factices pour récupérer un coffre-fort que l’occupant des lieux aurait selon eux dérobé aux parents du meneur de la bande. Ils ont été jugés le 18 octobre à l’occasion de la première comparution immédiate depuis Irma et pour la seule affaire d’agression à domicile post-cyclonique.

Tout commence pendant Irma. Joshua, né aux USA en 1989, est accueilli pendant le cyclone chez sa future victime, sur la Baie Orientale. Le logement de ses parents, absents, à Oyster Pond, présente en effet moins de garantie de résistance aux éléments que cette villa. Et en effet, l’appartement d’Oyster Pond est ravagé par le cyclone. Il reste donc quelques jours chez ses hôtes, rapidement excédés par sa tendance à profiter de leur gentillesse et qui s’étonnent de ne pas le voir se rendre dans l’appartement familial pour tenter de sauver ce qu’il pourrait, dont un coffre-fort contenant quelques espèces et surtout les bijoux de sa grand-mère, en l’espèce des croix de David en or et en diamants. Le 17 septembre, soit 11 jours après le cyclone, il finit par y aller et constate que le coffre-fort a disparu. Il est persuadé que son logeur est le voleur. Une voisine l’aurait vu sur les lieux – mais les mains vides – lui-même lui avait parlé de ce coffre-fort, et il débarque à la baie Orientale dans l’espoir de récupérer l’objet. Mais en vain et la rencontre se termine par une fin de non-recevoir.

Les agresseurs paniquent devant leur victime

Il est furieux et organise avec deux comparses, Melvin et Ryan – 18 et 19 ans et qui en dépit de leurs prénoms sont nés à Paris – une descente en bonne et due forme. Ils leur donnent 200 euros et leur promet le double s’ils récupèrent le coffre. Melvin fournit les armes, du genre mitraillettes et gros calibres, tout en plastique. Vers 20 heures, ils arrivent sur place, Joshua à visage découvert, les deux autres masqués et tous armés. Le « suspect », comme ils l’appellent devant le tribunal, est bien là, en compagnie de sa compagne et d’un ami. Mais la situation ne se déroule pas comme prévue. La victime, une arme pointée à bout portant sur la tempe, résiste et se défend, surtout après avoir réalisé que l’arsenal est factice. Les agresseurs paniquent, tirent, et l’ancien hébergeur reçoit une rafale d’une soixantaine de billes en plastique sur le visage et tout le corps. Ils finissent par prendre la fuite, non sans avoir volé une enceinte JBL et les clés de la voiture qui aurait permis au blessé de les prendre en chasse.

Prison ferme, mais à aménager

Les trois compères reconnaissent les faits, mais rejettent sur les deux autres la responsabilité du vol de l’enceinte, retrouvée chez l’un d’eux et nient en bloc le vol de 500 dollars inclus dans la plainte déposée par leur victime le lendemain des faits. Pour le parquet, les faits sont graves : « Voir sortir de la pénombre trois individus armés d’armes longues, dont deux masqués, c’est un traumatisme ». Le procureur a requis 18 mois de prison, dont six mois avec sursis et un mandat de dépôt pour Joshua. 18 mois de prison, dont un an avec sursis et mandat de dépôt pour Melvin, qui a fourni les armes. Pour Ryan, dont le rôle a été plus effacé, 12 mois de prison dont 8 mois avec sursis, soit 4 mois à aménager, éventuellement avec un bracelet électronique. Le tribunal a suivi les réquisitions de procureur, excepté pour les demandes de mandats de dépôt. Cela signifie que les trois jeunes rencontreront le juge d’application des peines et envisageront avec lui la manière d’aménager leurs peines. Cette étape sera plus compliquée pour Melvin, en attente de son jugement pour vol en réunion le 30 décembre prochain, mais également porté sur l’alcool et les stupéfiants. Il devra prouver sa bonne volonté durant sa mise à l’épreuve de deux ans, en se faisant soigner et en trouvant du travail ou une formation. Tous trois ont également été condamnés à indemniser l’ami présent sur les lieux, seul à s’être constitué partie civile, à hauteur de 400 euros.

Brigitte Delaître

 

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