La visite du Premier ministre n’a pas apporté vraiment de surprises, les propositions d’intervention sont restées sans contours définis, sauf pour la compensation partielle des charges de fonctionnement de la Collectivité pour 2017 et 2018 ; de quoi assumer une gestion au fil de l’eau, sans possibilité de marge de manœuvre.

En bref… la portée de l’engagement

Pour le financement des projets ou des opérations de reconstruction, ce sera au cas par cas ou par opération.

Le soutien social s’effectuera sous forme de cartes de crédit “prépayées”, pour un montant déterminé, utilisable en partie française.

Les entreprises bénéficieront ou pourront bénéficier d’un moratoire sur les charges sociales jusqu’en 2019 voire éventuellement d’une remise partielle… Discussion à avoir et à préciser au terme du moratoire.

Quant aux aides de l’état, comme celles de l’Union européennes, elles restent à préciser en sachant que le redéploiement des crédits européens à partir des autres DOM ne se fera pas.

La visibilité pour la commande sur les contours et les termes de la reconstruction apparaît plus qu’aléatoire.

Le dispositif de Financement des entreprises, les relais de trésorerie ne sont pas opérationnels.

Faire émerger un marché sain et qui profite au territoire

En outre, pour qu’il y ait entreprise, il faut que s’impose la Loi du Marché.. Or, le marché se crée, se conforte, existe à travers les flux monétaires. Les entreprises, les salariés et la population ont besoin d’une orientation claire, la reconstruction doit s’inscrire dans le cadre d’une planification et d’un programme.

Cette définition du programme, ce rôle incombe à la Collectivité avec une définition des urgences, sur six mois, un an, voire sur la durée de la mandature, en fléchant l’ensemble des ressources et moyens disponibles.

Au-delà, et en cohérence avec le plan Phoenix, le président de la Collectivité devra à court terme fixer et faire connaitre ses échéances avec une programmatique tangible.

Il faut accoucher du plan de reconstruction !

Le cyclone Irma appartient au mois de Septembre, le temps de l’empirisme est passé et chaque citoyen implore le ciel pour que vienne le temps de l’embellissement.

La Collectivité doit afficher des lignes claires, définir les étapes de la reconstruction. Le Premier ministre a affirmé que celle-ci ne devait pas se faire dans les mêmes conditions ; quelle signification donner à ce message ?

Saint Martin est un petit territoire avec un espace disponible réduit et notre environnement est constitué par l’espace maritime. Le territoire doit être pensé et aménagé en optimisant cet espace disponible, l’aménagement du territoire devra mieux intégrer les contraintes naturelles. A titre d’exemple, les inondations de Quartier d’Orléans sont provoquées par le bassin pluvial de la partie hollandaise.

La construction d’un réseau pluvial, la protection du littoral deviennent dès lors des priorités, plus que la reconstruction de l’habitat.  Et cela nécessite des moyens conséquents. Il ne suffit pas d’interdire de construire, il faut prévoir un aménagement du territoire qui garantisse la sécurité des quartiers.

Tous responsables, ici et là bas

Le discours facile efface le passé, l’antériorité, les contraintes d’une explosion démographique et d’une immigration non maîtrisées, vient même à bout de la pauvreté pourtant bien là. Nous sommes tous responsables de notre territoire et en premier lieu, l’Etat.

Le Premier ministre nous a informé de la visite régulière, tous les deux mois, de ministres afin d’évaluer la progression de la reconstruction. Ces visites sont-elles nécessaires ? Les autorités publiques désignées pour la reconstruction et le Représentant de l’Etat sur site ne sont-ils pas en capacité d’assurer ce rôle ?

Repenser le partenariat Etat/COM

Il me semble que reconstruire Saint-Martin relève du partenariat Etat-Collectivité. Nous ne sommes plus dans l’exercice de style, ou dans l’imagerie, la communication, mais dans une réalité sociale et économique qui conditionne la vie et l’avenir d’une communauté.

Ces propos ne sont pas critiques ni impertinents mais interrogatifs.

Réouvrir le dossier compensation des charges, le dossier oublié de la visite

Durant cette visite, un volet prioritaire pour notre communauté a été savamment occulté et pour lequel d’autres ministres avaient déjà opposé un refus net, à savoir la compensation des charges pourtant héritées et assumées depuis 2007 et élargies encore en 2012. La Collectivité ne retrouvera une marge de manœuvre que si ce dossier fait l’objet d’une renégociation. Pourquoi l’Etat refuse-t-il d’ouvrir un dossier bâclé avec pour conséquence un transfert des charges effectué au détriment de la Collectivité.

Certes, il appartenait aux élus de l’époque de se doter de l’expertise nécessaire, comme il appartient aujourd’hui aux élus de la COM de trouver l’expertise pour la reconstruction, mais ces commissions dites paritaires sur le papier ne l’étaient dans les faits pas réellement.

Restaurer la cohésion sociale

Nous avons aussi vu naître au cours de cette visite un mouvement protestataire pacifique, organisé par l’association St Martin Uni, idée généreuse mais dont la configuration reste à parfaire notamment en s’appuyant sur la définition d’un projet de société, unique projet qui permettrait une réelle transversalité et représentation de nos communautés.

Exprimez vous !

Il faut plus que jamais que les associations professionnelles, les mouvements politiques se manifestent car l’expression démocratique et le débat sont aussi les garants d’une réelle cohésion sociale.

Après le temps de l’analyse, des visites, des discours devrait venir le temps de l’action.. et de la volonté de construire.

JPF

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1 commentaire

  1. l’auteur de cet article doit avoir oublié son passé professionnel ….c’est affligeant …sans parler des mises en examens etc….il n’y a que la foi qui sauve lol

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