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Réchauffement climatique, augmentation du niveau de la mer, multiplication des phénomènes climatiques exceptionnels, risques sismiques, risques de tsunami… faut-il commencer à intégrer le concept d’inhabitabilité de certains territoires et de Saint-Martin en particulier dans les années à venir ?

Ce qu’il faut savoir pour relativiser un peu notre situation, c’est que chaque année, environ 25 Millions de personnes sont déplacées ou se déplacent suite à des évènements catastrophiques, pour l’essentiel (86%), des phénomènes climatiques. L’année 2010 a porté ce chiffre au record de 41 millions, 2017 ne devrait pas être loin de celui-ci. Ces déplacements de population ne sont pas forcément médiatisés puisqu’ils se font en général au sein même des états, ils représentent pourtant trois fois plus de déplacements que les conflits et guerres.

Pour le Professeur François Gemenne

François Gemenne est spécialiste des questions de géopolitique de l’environnement, il est directeur exécutif du programme de recherche interdisciplinaire “Politiques de la Terre” à Sciences Po. Il est par ailleurs chercheur qualifié du FNRS à l’Université de Liège et à l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines. Il enseigne enfin les politiques d’environnement et les migrations internationales à Sciences Po Paris et Grenoble, et à l’Université Libre de Bruxelles.

François Gemenne donc, sur LCI, annonçait clairement que la France allait devoir gérer dans les années à venir des déplacements de population, tout en considérant que les pouvoirs publics ne se donnent pas les moyens suffisants de l’anticipation, de l’intégration des bouleversements qu’engendre le réchauffement climatique.

Pour le Ministre Hulot

“A force de nier la réalité, elle nous rattrape et on n’est pas forcément prêt.”, a déclaré, vendredi 8 septembre sur France 2, Nicolas Hulot, ministre de la transition écologique avant de poursuivre sur ces mots : “Ce que m’inspire cet événement, c’est que ça nous confronte d’abord à notre vulnérabilité et aux limites de notre vieille condition humaine. Souvent, on dit que tout ce qu’on fait, c’est pour protéger la planète, mais c’est bien pour protéger l’humanité. (…) Que tout ça nous serve de leçon, on n’en fera jamais assez. Ce sont toujours les hommes, les femmes, les enfants les plus vulnérables qui sont atteints.”. Selon Nicolas Hulot, “le pire est devant nous”.

Pour l’incroyable Pierre Rabhi

En 2013, Pierre Rabhi, agriculteur et philosophe, affirmait déjà que l’humanité crée par son inertie devant les modifications climatiques les conditions de sa propre perte : “Nous sommes bien obligés de nous rendre compte que l’humanité, d’une manière générale et globale, est totalement inconsciente des enjeux qui la concernent. Lesquels ne sont rien moins que la prolongation de cette même humanité ou sa disparition. (…) Si l’humanité était intelligente, elle s’assurerait quand même que la prolongation de son existence, sa pérennité, sa survie, est possible ou non. Mais ce n’est pas le cas. Il survient alors tout ce qui découle de cette inconscience, une prolifération de symptômes, qui sont dus au fait que la racine même du problème n’est pas perçue clairement.”

Pour Hubert Reeves

Hubert Reeves, astrophysicien et ardent défenseur de la lutte contre le réchauffement climatique,”Nous savons que le charbon ou le pétrole, il y en a pour 20, 30, 50 ou 100 ans. Mais pour l’avenir de l’humanité, il faut compter sur des milliers d’années. Elle a déjà 200.000 ans. Les prévisions doivent être à l’échelle de l’humanité. (…) 3.000 des meilleurs scientifiques de la planète” ont certifié que le réchauffement était dû à l’activité humaine.

Si l’astro-physicien refuse le défaitisme, même s’il constate une aggravation des phénomènes météorologiques, il est clair à dire qu’il est temps de dire la vérité et d’agir en fonction de celle-ci.

Pour le GIEC

Le GIEC, créé en 1988 à la demande du G7 est chapeauté par deux instances de l’ONU, l’Organisation météorologique mondiale et le Programme des Nations Unies sur l’Environnement. Il a pour mandat de faire régulièrement le point sur l’état des connaissances sur le changement climatique.

Le 5ème rapport du GIEC présente plusieurs nouveautés même s’il réaffirme que l’augmentation de la concentration des gaz à effet de serre pourrait entraîner des changements majeurs au niveau des températures, du niveau des mers, ou de la fonte des glaces. La première de ses conclusions est claire : les activités humaines, et notamment l’usage d’énergies fossiles, ont conduit à une hausse exceptionnelle de la concentration en gaz à effet de serre, transformant le climat à un rythme jamais vu par le passé.

Le rapport précédent proposait des projections pour le 21ème siècle. Ce 5ème rapport intègre en plus des prévisions décennales, à plus court terme donc, mais aussi des projections de très long terme, à l’horizon 2300.

Il est entre autres prévu une hausse du niveau des mers, tous scénarios confondus, située entre 29 et 82 centimètres d’ici la fin du 21ème siècle (2081-2100).

Ce rapport a revu à la hausse l’impact de la fonte du Groenland et de l’Antarctique sur l’élévation du niveau des mers, grâce à de nouvelles modélisations et aux observations récentes.

Même si cela peut paraître abstrait, une hausse d’un mètre du niveau des mers toucherait directement une personne sur 10 dans le monde, soit 600 à 700 millions de personnes !

Les régions humides aujourd’hui deviendront globalement plus humides et les zones sèches deviendront plus sèches.

Les experts s’attendent également à ce que le réchauffement climatique provoque des événements météorologiques extrêmes plus intenses, tels que les sécheresses, pluies diluviennes et des ouragans plus fréquents notamment en Atlantique.

Les experts des Nations unies avancent qu’avec les engagements qui sont sur la table, la planète se dirige vers un réchauffement d’au moins 3 °C d’ici la fin du siècle. Or, les scientifiques du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) estiment qu’il faudra contenir le réchauffement sous les 2 °C, voire les 1,5 °C, si l’on veut éviter des effets catastrophiques des changements climatiques.

Pour le Climato-sceptique

Ils sont de moins en moins nombreux et les impacts d’Irma et Harvey sur le Sud des Etat Unis a largement contribué à ce que certains revoient leur copie. Il reste l’inénarrable Donald Trump pour qui le réchauffement climatique et ses effets seraient un grand complot chinois.

IR

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