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Tout un pan de la société saint-martinoise est claire à dire que nos relations avec les états insulaires caribéens ne sont pas suffisamment nourries, alors qu’ils forment notre bassin de cohérence historique, et cela du fait notamment d’un lien à la France trop prégnant, dans un monde sans normes européennes et où le dollar et l’anglais dominent. Aujourd’hui, après ces cyclones, pour beaucoup d’entre eux la situation est pourtant plus préoccupante que la notre.

La CARICOM très inquiète pour l’avenir de la société caribéenne

Si nous jouissons de la bienveillance de la mère patrie, ce n’est pas le cas des petits états caribéens autonomes ou dotés d’une autonomie plus vaste que la nôtre. En ce sens, la CARICOM travaille à faire en sorte que ses adhérents puisse avoir l’écoute des Nations Unies et travailler à un socle de reconstruction commun, sur la base notamment de l’aléa climatique qui ne doit plus s’imposer dans un environnement qui n’y serait pas préparé.

COP 23, la voix de la CARICOM

Pour la CARICOM, la COP 23 offrait une occasion de faire avancer le programme de travail contenu dans les Accords de Paris, et de renforcer les partenariats pour l’action climatique visant au financement de l’atténuation du réchauffement et de l’adaptation aux aléas.

Compte tenu de la dévastation causée par les récents ouragans et de la nécessité d’anticiper les événements de même nature annoncés plus fréquents, la  Communauté des Caraïbes (CARICOM) et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) ont organisé un événement officiel et part de la COP23 articulé autour de la nécessité de “Renforcer la résilience des pays soumis à de graves risques climatiques, le défis du développement durable“, le mardi 13 Novembre 2017 à Bonn, en Allemagne.

Après Bonn, New York

Dans la lignée, et cette fois à New York au siège des Nations Unies, la CARICOM et l’ONU organisaient conjointement les 20 et 21 novembre un autre évènement intitulé :
“Construire une société plus adaptée aux aléas climatiques”.

La réalité de la fréquence et de l’intensité accrues des catastrophes naturelles pourraient exacerber les niveaux d’endettement des petits états, niveau déjà élevé dans la région, en particulier en l’absence de soutien au développement.

Le Premier ministre de la Grenade, président du Forum des Banques des petits États et Président de la CARICOM, le Dr Keith Mitchell, a souligné la gravité de la situation de la région en utilisant la Dominique comme un exemple – pas encore complètement remise de la tempête tropicale Erika, qui l’a frappé en 2015, et aujourd’hui complètement dévastée par l’ouragan Maria en Septembre.

Le risque financier pour les petits états

“Le prix à payer après le passage des ouragans est énorme pour ces pays de la Caraïbe. Beaucoup d’entre eux ont des dettes importantes. En plus ils ne sont pas considérés comme des pays pauvres par les organismes internationaux, et ils ne bénéficient donc pas de leur aide financière”, Jo Scheuer, spécialiste du climat du PNUD (Programme des Nations-Unies pour le Développement).

Une obligation de mieux reconstruire rapidement…

C’est une course contre la montre qu’ont entrepris la Caribbean Disaster Emergency Management Agency (CDEMA) en partenariat avec l’ONU et la CARICOM ainsi que de nombreux gouvernements, au travers notamment de la Croix Rouge Internationale. Il s’agit de reconstruire rapidement, avant l’ouverture de la prochaine saison cyclonique, mais en prenant en compte l’augmentation du risque cyclonique, encore confirmé par un rapport du Groupe de la Banque Mondiale intitulé “turn Down the Heat.”

… bien comprise par la communauté internationale 

La Conférence d’annonces de contributions de haut niveau ONU-CARICOM a permis de recueillir 1,3 milliard de dollars américains en annonces de contributions (montants estimés) :

  • 702 millions de dollars des Pays-Bas;
  • 352 millions de dollars de l’Union européenne;
  • 140 millions de dollars de la Banque mondiale;
  • 78 millions de dollars du Canada;
  • 30 millions de dollars de Chine;
  • 27 millions de dollars du Mexique;
  • 12 millions de dollars de l’Italie;
  • 4,3 millions de dollars des États-Unis;
  • 4 millions de dollars du Japon;
  • 2 millions de dollars de l’Inde;
  • 1,2 million de dollars de la Belgique;
  • 1 million de dollars du Koweït, du Venezuela et du Chili
  • 500 000 dollars du Danemark;
  • 300 000 dollars de la Colombie;
  • 250 000 dollars d’Haïti et de la Nouvelle-Zélande;
  • 200 000 dollars du Brésil;
  • 150 000 dollars du Kazakhstan;
  • 100 000 dollars de Roumanie et du Portugal
  • 20 000 dollars de la Serbie.

En outre, la Banque interaméricaine de développement a promis 1 milliard de dollars de prêts, l’Italie 30 millions de dollars de prêts bonifiés tandis que le Venezuela a remis 1 million de dollars supplémentaire pour “une Caraïbe plus résiliente”.

Enfin, l’Allemagne a annoncé qu’elle verserait 125 millions à The InsuResilience Global Partnership, une initiative lancée en 2015 par le G7.

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