Catastrophe, reconstruction, traumatismes, rapports divers et variés… Au delà des effets immédiats et attendus, Irma semble avoir également opéré des modifications plus insidieuses mais bien palpables au quotidien.

Un code vestimentaire renouvelé

Entre ceux qui ont tout perdu, ceux qui effectuent des tâches manuelles ou encore ceux dont l’environnement n’autorise pas la coquetterie, le dress code local a indubitablement subi quelques dommages qui dépassent le fait que les goûts et les couleurs ne se discutent pas… Et l’on assiste désormais à un défilé d’assortiments douteux de motifs de toutes sortes, de vêtements difficiles à qualifier et de styles nouveaux dont l’improbabilité ne peut reposer sur la seule Irma.

Un paysage humain inconnu

Avant Irma, certains regrettaient déjà de ne plus reconnaître grand monde à la caisse du supermarché local. Maintenant, c’est pire et bien malin celui qui parvient à dire qui est qui, résident ou de passage, travailleur ou oisif, chef d’entreprise ou ouvrier, argenté ou sinistré… Et globalement, sans goût particulier pour le sectarisme, c’est tout de même assez inconfortable de ne plus savoir, même un peu, qui sont ces gens qu’on croise avec le sentiment bizarre qu’on nous les change tous les jours…

Des horaires aléatoires

Le mode dégradé instauré pour la reprise impose que l’on doive jongler tout au long de nos besoins avec des décrets d’horaires non uniformisés, entre la banque ou la compagnie d’assurances ouverte uniquement le matin, l’opérateur téléphone ou internet ouverts quelques heures par jour mais pas tous les jours, le restaurant qui aujourd’hui sert seulement les services de secours… Tout cela dans une relative ambiance de non prise en considération du client que les circonstances devraient excuser.

Un niveau de tolérance insoupçonné

Ce même mode dégradé implique également d’accepter de revoir son niveau d’exigence à la baisse et de rassurer ceux qui ont fait le choix d’être ouverts/opérationnels : “Ce n’est pas grave / ça va aller / c’est parfait” même si votre toiture goutte dans mon café, si je suis déjà venu hier et avant hier et que vous étiez fermes, et même si vous oubliez de sourire ou même de dire Bonjour et Merci…

Un niveau d’intolérance naissant

Toute patience et bonne volonté ayant des limites, nous expérimentons de plus en plus un nouveau mode, appelé saturation. Celui la nous rend de plus en plus impatients, de moins en moins civils et parfois même clairement impolis voire grossiers, comme ces nombreuses fois où l’on manque par exemple d’exploser nos téléphones et/ou ordinateurs sur le mur d’en face non sans l’avoir, au préalable, affublé de noms d’oiseaux dont on se surprend à connaître l’existence.

Un certain goût pour la procrastination

On a attendu les forces de l’ordre, puis les services de secours, les camions de distribution, les avions et bateaux, les experts, les rapports d’évaluation, les ministres, les employeurs, les employés, l’ouverture des commerces, bureaux et écoles… Et force est de constater que certains attendent encore, sans que l’on parvienne à savoir vraiment quoi…

IR

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