Le Syndicat national des lycées et collèges, SNALC, ne partage pas vraiment la vision relativement positive du Premier Ministre quant à la rentrée scolaire… c’est le moins que l’on puisse dire.

Une visite du premier ministre un peu “organisée”

Sébastien Fillion, secrétaire académique du Snalc Guadeloupe, estime ainsi que la visite du Premier Ministre a quelque peu été orchestrée en ce qu’elle fût menée dans l’un des rares établissements à pouvoir effectivement accueillir décemment les élèves.

Le syndicat au secours des enseignants “stigmatisés”

Sébastien Fillion a ainsi déclaré à l’AFP en parlant du corps enseignant : “Nous ne sommes pas des soldats !”. Ces propos sont évidemment consécutifs à ceux de la Ministre des Outremer qui s’était dite choquée du nombre des départs d’enseignants post-Irma tout comme à ceux du Préfet Gustin qui avait évoqué la possibilité de sanctions à l’endroit de ceux dont l’abandon de poste était avéré.

L’on devine évidemment que ces mots ne sont pas du goût du syndicat qui invite les pouvoirs publics à plus de modération, arguant du fait qu’aucune corporation n’a été épargnée par la catastrophe et que les enseignants ne sont pas moins humains que d’autres professions. Un argument irréfutable même si 60% des autres corps de métier n’ont pas forcément perdu 60% de leur effectif après Irma.

En fait… une rentrée qui n’aurait rien de normal

Enfin, concernant les conditions dans lesquelles a pu se dérouler cette rentrée, Sébastien Fillion invite les politiques à prendre aussi en considération la déstructuration des horaires, le manque de matériel scolaire, les accueils des élèves sur des tranches d’heure difficilement compatibles avec les impératifs des parents, le manque de classes et les classes surchargées…

Le secrétaire académique du Snalc Guadeloupe déclarait ainsi à l’AFP :
“Dans les écoles, avec les demi-journées de cinq heures d’affilée, les enfants ne peuvent pas tenir. Au collège de Quartier d’Orléans, nous avons un problème de fournitures scolaires. Le collège Soualiga est transféré dans les bâtiments de la Cité scolaire. 380 élèves répartis en 12 classes dans 9 salles. 35 élèves par classe. Ca ne rentre pas”.

Ce qui compte… c’est d’annoncer nationalement que les objectifs sont atteint

Qu’importe, ce qui est certain, c’est que l’objectif d’une rentrée assurée à la Toussaint imposé par le Président Macron a été atteint dans les textes et que ceci permet au gouvernement d’annoncer un retour à la normale effectif tout comme il a indiqué, à l’occasion du 4ème comité interministériel, que “les réseaux électriques et de téléphonie mobile sont aujourd’hui totalement rétablis sur les deux îles” et que “la plupart des commerces et services ont désormais repris” !

Il faudra vraisemblablement bien plus qu’un ouragan cataclysmique et des visites ministérielles pour réduire le fossé entre notre réalité et ce qu’il se dit de nous dans les salons parisiens…

IR

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