Les assureurs à travers leur président et différentes campagnes s’étaient engagés après le cyclone, notamment au moment de la visite du Président de la République, à accélérer et simplifier les procédures et à procéder au versement rapide d’acomptes pour permettre aux sinistrés d’effectuer des travaux ou actions d’urgence.

“Les assurés n’ont aucune inquiétude à avoir. (…) Notre mobilisation est pleine et entière.” Bernard Spitz, Président de la FFA le 20 Septembre 2017

A titre anecdotique et tant mieux si cela a su le rester, certains assurés pourtant réputés de “bonne éducation” sont en passe de perdre la tête face aux complications qui leurs sont imposées, un véritable chemin de croix. Ainsi a-t-on frisé l’incident majeur mercredi en fin de matinée lorsqu’un assuré s’est présenté dans son agence prêt à en découdre avec son interlocuteur et à le séquestrer tant que son dossier malencontreusement perdu n’aurait pas refait surface… Ce petit témoignage pour mettre l’accent sur le fait que la population saint-martinoise qui, après avoir vécu un moment qui ébranle fortement et profondément, n’a certainement pas besoin du manque de considération national ou de l’absence soudaine d’efficacité de services qui le sont habituellement… Mauvaise volonté et gros pognon n’ont jamais rendu service au citoyen. IR
Il convient près de trois mois après l’évènement de faire un bilan en la matière.

Premier constat, les assureurs mutualistes ont assumé leur mission et pris en compte les urgences. Il en est de même pour la compagnie locale qui assume globalement ses engagements même s’ils sont différents de ceux pris par les grosses machines nationales.

Par contre, on peut s’interroger sur la stratégie de l’assureur qui détient la moitié du marché et qui a fait venir et mouiller un gros catamaran dans la Baie de Marigot après le cyclone pour y loger une part de son armée d’experts.

Cette compagnie a par ailleurs limité le versement des acomptes à 10 000 € quel que soit le montant du sinistre ou de la garantie souscrite. Lorsque l’expertise effectuée par son prestataire paraît trop favorable, cette compagnie mandate un deuxième expert qui a comme mission de réduire le montant de l’indemnisation. L’objectif est de payer le moins possible tout en allongeant les délais de paiement.

Enfin, si on prête une certaine véracité aux rumeurs, il paraîtrait même que cette même compagnie ait indemnisé sans expertise, un de ses cadres, propriétaire d’une maison à Saint Barth comme elle l’a fait pour certains propriétaires célèbres ou susceptibles de provoquer un effet médiatique.

Quant au petit ou moyen assuré de Saint Martin, il peut toujours attendre le Père Noël…

JPF


Et le coût des expertises ?

Le gros du coût d’Irma devrait être assumé par la Caisse centrale de réassurance (CCR), détenue à 100 % par l’Etat qui assure disposer de “réserves suffisantes pour couvrir ce sinistre”.

Pourtant les compagnies semblent bien vouloir jouer aux épiciers et pinailler sur les montants pourtant garantis, au nom de la vétusté ou de devis estimés jugés surélevés (comme si personne n’avait remarqué que les prix des matériaux et de la main d’oeuvre s’étaient envolés face à l’ampleur des réparations).

En termes d’économie à réaliser, on est alors en droit de s’interroger sur le coût du déferlement d’experts et dirigeants d’assurances sur un territoire ravagé et privé notamment de parcs hôtelier et automobile. Selon la Fédération Française de l’Assurance, à la date du 3 Novembre, une centaine d’entre eux sont “toujours à pied d’oeuvre, notamment sur les îles de Saint-Martin et Saint-Barthélemy, afin de transmettre aux assureurs l’évaluation la plus rapide des dommages. Ceux-ci tout comme les nombreux autres qui les ont précédés doivent bien évidemment a minima être logés, nourris, véhiculés (sans compter leur nécessaire consommation de bande passante !)

Il serait intéressant de pouvoir obtenir cette donnée et de la mettre en perspective du montant des indemnisations réellement obtenues à terme.

IR


Article L125-2 Code des assurances

Les indemnisations résultant de cette garantie doivent être attribuées aux assurés dans un délai de trois mois à compter de la date de remise de l’état estimatif des biens endommagés ou des pertes subies, sans préjudice de dispositions contractuelles plus favorables (…).

En tout état de cause, une provision sur les indemnités dues au titre de cette garantie doit être versée à l’assuré dans les deux mois qui suivent la date de remise de l’état estimatif des biens endommagés ou des pertes subies, ou la date de publication, lorsque celle-ci est postérieure, de la décision administrative constatant l’état de catastrophe naturelle.

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