Le CLAV, c’est le Comité Local d’Aide aux Victimes, créé fort judicieusement à Saint-Martin le 27 septembre dernier. Le CLAV, c’est avant tout une table ronde autour de laquelle siège tout ce que le territoire peut compter de structures à même de répondre aux besoins des victimes d’accidents collectifs et en la matière, on peut considérer qu’Irma en fût un de belle ampleur. En ce sens, la demande est forte de la part des victimes de pouvoir disposer d’une aide au sens large du terme.

Le CLAV selon le décret n° 2017-618 du 25 avril 2017 : dans chaque département et collectivité d’outre-mer, le décret étend la composition et les missions du comité local de suivi des victimes d’actes de terrorisme, qui devient le comité local d’aide aux victimes désormais également compétent pour les victimes d’accidents collectifs, d’évènements climatiques majeurs ou d’infractions pénales. Toujours présidé par le préfet de département ou le représentant de l’Etat dans la collectivité, la vice-présidence du comité est confiée au procureur de la République près le tribunal de grande instance ou de première instance situé au chef-lieu du département ou de la collectivité. Le CLAV selon l’’Arrêté de la Préfecture du 27 septembre 2017 portant création de celui de Saint-Martin, composition du CLAV : – présidé par la Préfète déléguée à Saint-Martin et Saint-Barthélémy – le Procureur de la République à Basse-Terre en est le Vice-Président – le président de la collectivité de Saint-Martin ; – le président du comité départemental de l’accès au droit, président du tribunal de grande instance de Basse-Terre ; – le bâtonnier de l’ordre des avocats au barreau de la Guadeloupe – le directeur de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale ; – le commandement du groupement de la gendarmerie de Saint-Martin; – le directeur de l’agence régionale de santé; – le directeur Pôle Emploi ; – le directeur de la caisse générale de sécurité sociale ; – le président de l’association Trait d’Union; – le directeur général du réseau associatif France Victimes ; – la directrice générale de la Fondation de France ; – le président de la fédération française des assurances .
C’est au sein du CLAV que les acteurs échangent et partagent leurs expériences, font remonter les informations du terrain et tentent de répondre au mieux aux problématiques ainsi identifiées. Trait d’Union et France Victime, très au contact des populations sinistrées, soutenus par la Fondation de France, ont ainsi pu dépêcher près de 70 personnes sur le territoire pour se porter à l’écoute de ceux qui en ont le plus besoin.

Les membres du CLAV, au fil de ces remontées d’informations, coordonnent et adaptent leurs actions selon le champ de leurs compétences. Les problématiques des victimes sont multiples : problèmes financiers, de logement, d’équipement, de papiers, problèmes liés au droit du travail, au titre de séjour, problèmes psychologiques ou de santé, de précarité etc…

Et la naissance de 2 MSAP… 2 quoi ? MSAP !!!

Le grand pas de cette 4ème réunion du CLAV est la signature d’une convention qui va permettre la naissance de deux Maisons des Services Aux Publics (MSAP), dispositif qui fait partie du Contrat de Ville, l’une à Sandy Ground et l’autre à Quartier d’Orléans. Ces MSAP ont pour vocation de rapprocher les services publics et l’administration des quartiers qui en ont le plus besoin. Ainsi, des personnels en service civique seront formés dans les prochaines semaines à l’accueil et à l’orientation des publics, le temps que les deux maisons prennent corps sous la forme d’algeco.

Ces MSAP ne se substituent pas aux traditionnels services mais ils constituent un point de primo-accueil pour les gens qui en ont le plus besoin qui viendra fluidifier leurs démarches.

Des permanences seront donc assurées au sein des MSAP qui accueilleront aussi l’association trait d’union. “Ces deux MSAP sont le fruit de deux ans de travail, je suis ravie qu’elles voient enfin le jour. (…) Nous avons la volonté d’aller le plus loin possible dans les quartiers” nous confiait la Préfète Anne Laubiès.

On estime aujourd’hui encore à près de 2000 le nombre de personnes qui suite au cyclone Irma vivent dans des conditions de dénuement extrême. Anne Laubiès, Préfète de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin

Ces MSAP, comme les maraudes assumées par les associations constituent une part de la réponse qu’il est nécessaire d’apporter à ceux qui en ont le plus besoin et qui sont bien souvent éloignés des réalités administratives.

Chacun apporte à l’édifice ce qu’il peut… pour faire au mieux

“L’idéal n’est pas de ce monde” lançait Madame la Préfète en insistant sur le fait que dès lors, il s’agissait de tendre vers le mieux. C’est ainsi qu’un tour de table a permis à chaque membre du CLAV au nom de l’organisme qu’il représente de faire le tour des mesures et dispositifs mis en place pour venir en aide aux victimes.

Quelques points sont assez criants et nous retiendrons par exemple que 1800 personnes bénéficieront du Fonds Social Outremer, que la Caisse Générale de la Sécurité Sociale de Guadeloupe va procéder au versement d’une aide à 1060 personnes âgées identifiées ainsi qu’au traitement “prioritaire” des dossiers des assurés sociaux de Saint-Martin et Saint-Barthélemy, que la CAF a maintenu les versements des minimas sociaux sans formalités etc…

On notera les mots de Madame la Préfète vis à vis du dispositif dédié au redémarrage des entreprises : “Le système mis en place par la DIECCTE ne marche pas très bien en ce moment, il faut que l’on voit où cela bloque.” Sur un autre plan, Anne Laubiès assure qu’une réelle pression est maintenue à l’endroit des compagnies d’assurance pour que les primes atteignent leur destinataires avant que ceux ci n’aient plus aucune chance de refaire surface…

Plus globalement, face à une population fragilisée, il s’agit maintenant pour le CLAV d’apporter une aide qui sache s’inscrire dans le temps et qui continue à se nourrir “des retours terrain”, puisque la crise est complexe et qu’il semble selon les dires de la représentante de l’Etat que chaque solution apportée à un instant T laisse place à d’autres problématiques à T+1… l’effet domino.

Quoiqu’il en soit “puisqu’il n’y a pas un élément du socle qui peut régler tous les problèmes à lui seul” dans un contexte où “après Irma, un certain nombre de fondamentaux ont sauté”, il est une évidence que d’autres réunions du CLAV auront lieu et que ces moments vont s’installer dans un temps certain…

IR

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