C’est le sens de la convention qui a été signée mercredi soir entre la Collectivité représentée par son Président Daniel Gibbs, l’association Sem Ta Route, Présidée par la Conseillère territoriale Sofia Carti-Codrington, le président du tribunal de Saint-Martin, monsieur le juge Egron-Reverseau qui représente madame Marie Bart, présidente du tribunal de grande instance de Basse-Terre, monsieur le procureur de Basse-Terre, Samuel Finielz et le directeur des services pénitentiaires d’insertion et de probation de la Guadeloupe, monsieur Jean-Claude Eliac.

La réalité des pillages massifs et organisés, dont certains n’ont même pas attendu l’arrivée d’Irma pour débuter, se contentant de considérer que le confinement constituait un signal de début de curée, n’est plus à démontrer. Nous, médias locaux peinons un peu à nous étaler sur le sujet, sans doute parce qu’un sentiment de honte nous étreint un peu, une forme de responsabilité par rebond que de faire partie de cette société là, celle que nous commentons en permanence et qui nous a offert le pire des spectacles au lendemain du pire des moments. Sans doute aussi parce que les médias nationaux ont déjà suffisamment largement terni notre image à force d’amalgames et de caricatures grossières qui ont bien plus de facilité à trouver de l’espace dans le cortex de nos hauts représentants que ne l’a la réelle complexité de notre territoire et ses réelles spécificités. Dans ces conditions, puisque nous sommes une communauté de pilleurs, de resquilleurs fiscaux, d’anglophones à volonté autonomiste, il est compréhensible que l’aide attendue ne nous soit pas accordée sans moult contrôles et conditions et surtout pas dans les proportions que nous espérons.

Il faut que les pilleurs comprennent “qu’il y a des valeurs républicaines qui structurent notre société et que certains actes graves sont proscrits dans notre pays.” Daniel Gibbs, Président de la Collectivité de St Martin

Pour autant, le sujet des pillages est à traiter par nous comme il l’est par les services de gendarmerie, de police, de la justice et maintenant par ceux du secteur associatif, en l’occurrence, Sem Ta Route.

Pillages… quels chiffres à ce jour

150 interpellations 14 personnes écrouées 50 convocations 60% de la marchandise retrouvée et bientôt 20 personnes en stage de citoyenneté
Le Procureur de Basse-Terre annonce pas moins de 150 interpellations à ce jour. Toutes les vidéos et photos reçues ou trouvées sur le net ont été analysées à de très rares exceptions près. Tous les lieux de stockage éventuel de marchandise ont été expertisés. 14 personnes ont d’ores et déjà été écrouées après comparution immédiate. 50 convocations ont été lancées et les audiences se dérouleront au tribunal de Marigot à partir du mois de décembre et jusqu’au mois de mars/avril 2018. 60% de la marchandise dérobée a été retrouvée même si elle n’a pas pu être restituée dans son intégralité puisqu’une bonne part n’était plus commercialisable. Ces chiffres pour signifier que la chaîne pénale de crise qui a été structurée après le cyclone a fait preuve d’une grande efficacité et ce, malgré des conditions de travail assez âpres.

Que proposer aux pilleurs de petite envergure…

Il ne s’agit pas par ce dispositif de soustraire qui que ce soit à la justice mais tous les cas de pillages ne sont pas à mettre dans le même sac.

Ainsi, pour les individus sans passé judiciaire sérieux et qui se seraient adonnés aux joies du pillage dans des proportions moindres, inférieures à 100€ de butin, une alternative au jugement pourrait leur être proposée sous la forme d’un stage de citoyenneté. Ce stage comporterait une partie de sensibilisation aux valeurs de la République, une part de travaux d’intérêt général axés sur la reconstruction, le nettoyage et un entretien avec l’association des commerçants de Marigot.

Aucune obligation pour la personne convoquée d’accepter le stage mais le refuser impliquerait alors de passer en jugement. Le stage est une alternative souple, une chance de prendre conscience, de percevoir la portée de cet acte.

Deux stages sont pour le moment planifiés à titre expérimental pour un public d’une vingtaine de personnes et seront encadrés par l’association Sem Ta Route. Ils sont gratuits, dans la réflexion qui a mené à leur création, le fait qu’ils intègrent des travaux d’intérêt général a écarté l’option qui aurait imposé au stagiaire de le financer.

Les travaux d’intérêt général, leur nature et le lieu de leur exécution ne seront pas rendus publics.

La position du commerçant…

Yann Lecam, Président de l’Association des Commerçants de Marigot a assisté très attentif à la présentation du dispositif, craignant qu’il ne permette aux pilleurs de se soustraire trop facilement à la justice. Il s’est dit rassuré et satisfait de cette expérience en devenir. “Nous commerçants, nous sommes en contact avec toute la population, ces pillages ont détruit le lien que nous avions avec la communauté. Ces stages vont nous permettre de parler à ceux qui ont fait l’erreur de participer à ces moments et de rétablir un lien.”

IR

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