Une affaire d’escroquerie à l’assurance et une autre de violence conjugale ont été jugées le 23 novembre 2017 par le tribunal correctionnel de Marigot, réuni en audience collégiale.

Parce qu’il n’arrive pas à déloger son fils de 36 ans de l’appartement de la Marina Royale qu’il lui prête et que le rejeton a largement dégradé, ce monsieur a demandé l’appui de la gendarmerie pour lui faire vider les lieux.

Le 27 mai 2017 au matin, accompagné du père, les militaires arrivent dans l’appartement et donnent une demi heure à l’occupant pour rassembler ses affaires et partir. Mais le jeune homme ne l’entend pas de cette oreille, devient menaçant, insulte les gendarmes – bâtards, enc*** de flics – et les menaces de représailles. Tant et si bien que l’affaire se termine par une garde-à-vue à Marigot.

L’affaire se complique un peu plus lorsqu’une facture au nom d’un certain L.J. pour une montre Tag Heuer volée en 2016 est retrouvée dans le lave-vaisselle, montre déclarée volée une seconde fois à son assureur par le fils, lors d’un cambriolage dont il aurait été victime le 21 mars 2017, pour un montant total de 11 800 euros. Une paire de lunettes Cartier, également déclarée volée, a été retrouvée au fond d’un placard.

Curieusement, il a fait modifier sa police d’assurance une semaine avant cette date en y ajoutant une clause pour vol de mobilier, qu’il a faite supprimer le 27 mai.

Question :

y a-t-il escroquerie à l’assurance ? C’est en tout cas ce que vient spontanément révéler la belle-soeur du prévenu à l’assureur.

À la barre, s’il avoue regretter avoir insulté les gendarmes, il persiste à affirmer qu’il a bien été cambriolé. Son passé est erratique. Il a travaillé avec de faux papiers mexicains dans des restaurants de New York, a été condamné à 5 mois de prison en Thaïlande pour détention de stupéfiants et aurait récemment été lui-même victime d’une escroquerie en se faisant voler son camion de restauration par ses deux associés.

Le psychiatre qui l’a examiné l’a estimé curable et réadaptable, mais présentant les symptômes d’un syndrome post traumatique, du à son incarcération en Thaïlande.

Le réquisitoire du procureur a pointé une chronologie des faits surprenantes et une propension du prévenu à faire du mal à son entourage. Ses explications n’ont pas convaincu le tribunal, qui l’a condamné à 8 mois de prison avec sursis, mise à l’épreuve de 2 ans et obligation de justifier qu’il bénéficie de soins.

Sa condamnation à un an de prison avec sursis incitera-t-elle ce mari violent à arrêter de frapper sa femme?

C’est à espérer, car avec une mise à l’épreuve de deux ans il prendrait alors directement la direction de la case prison.

Le rapport du psychiatre après examen de l’épouse de ce mari violent dans le cadre de l’enquête déclenchée par son dépôt de plainte, fait état d’une femme au début très amoureuse de son mari, qui ne ressent aujourd’hui aucune haine envers lui, mais est profondément triste et a très peur de mourir sous ses coups, comme ce fut le cas pour 123 autres femmes sur le territoire français en 2016. C’est la peur qu’elle ressent qui l’a incitée à porter plainte le 21 juin 2017, mais les épisodes de violence ne se sont pas limités à ce jour-là.

Plusieurs proches et voisins ont été les témoins des conséquences de ces scènes, ont vu les traces de coup sur son visage en sang, et certains ont secouru cette femme battue, notamment un coiffeur alors que le mari tentait de l’étrangler. Trois certificats médicaux attestent de ces violences, dont un en 2013 prouvant qu’il lui a cassé un bras. Mais le prévenu nie en bloc. Il n’a jamais frappé sa femme. Oui, ils se disputent beaucoup, surtout parce qu’il partage sa vie avec une autre femme qui a un enfant de lui, mais il n’est pas violent.

Pas convaincu, le procureur évoque une relation d’emprise et demande un an avec sursis et une mise à l’épreuve, en avertissant le mari : “La prochaine fois, c’est la comparution immédiate et la prison». Le tribunal a condamné l’homme à un an de prison dont six mois avec sursis, une mise à l’épreuve de deux ans et une obligation de soins.

Il rencontrera le juge d’application des peines pour envisager comment purger sa peine, vraisemblablement avec le port d’un bracelet électronique. Enceinte de son troisième enfant, elle l’a suivi les yeux baissés lorsqu’il a quitté le tribunal.

B.D.

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