L’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) vient de présenter son rapport 2017 sur les évolutions du phénomène des drogues et des toxicomanies en France. Outre les considérations générales concernant les usages, consommations, mesures de prévention, etc., on y apprend notamment que les Antilles et la Guyane jouent un rôle de plus en plus important dans le trafic de cocaïne.

La Martinique et la Guadeloupe, zone rebond majeure

La drogue en quelques chiffres 2,34 Mds€ : chiffre d’affaires global des drogues illicites (cannabis, cocaïne, héroïne, MDMA/ecstasy, amphétamines) en 2015 0,90 Mds€ : chiffre d’affaires du marché de la cocaïne 15 tonnes : volume annuel consommé 65 € : prix moyen du gramme de chlorhydrate de cocaïne en 2016 51% : taux moyen de pureté des échantillons saisis dans la rue 160 000 : nombre de personnes mises en cause pour usage de stupéfiants en France en 2016
Traditionnellement, la cocaïne consommée en France provient majoritairement de Colombie, plus gros producteur mondial, en transitant par l’Espagne, les Pays Bas et la Belgique.

Depuis quelques années toutefois, la Martinique et la Guadeloupe ne sont plus seulement des zones de consommation de cocaïne basée (crack) mais jouent aujourd’hui un rôle de plus en plus important dans l’alimentation du marché métropolitain. Les services de police estiment en effet qu’entre 15 % et 20 % des saisies annuelles sur l’ensemble du territoire français proviendraient de ces deux départements.

Cette évolution s’explique notamment par l’ouverture de lignes maritimes entre Le Havre (1er port français pour le trafics de conteneurs) et Fort de France où arrive la marchandise colombienne via le Venezuela.

Emergence de la Guyane

Alors qu’en 2010, 3 % de la cocaïne saisie en France (soit 129 kg) provenait de ce département, en 2016 la proportion s’élève à 14 % (1160 kg/8532 kg). En six ans, les quantités saisies en provenance de Guyane ont été multipliées par près de 9. En outre, sur le territoire de la Guyane, entre 2011 et 2016, les interpellations de passeurs ont été multipliées par 4, passant de 88 en 2010 à 356 en 2016. Cette évolution s’explique en particulier par le renforcement des contrôles aériens sur les lignes traditionnelles reliant le Surinam à Amsterdam couplée à une autonomisation des bandes criminelles guyanaises.

En outre, il s’avère que la qualité de la cocaïne provenant de la Guyane est équivalente en qualité (pureté de 70 % minimum) mais deux fois moins chère (5 000 euros en moyenne le kg) que celle venant des Antilles qui est déjà bien moins chère que celle disponible dans l’Hexagone.

Activité à risque

Si les trafiquants antillo-guyanais privilégient la méthode de la mule pour faire passer leurs produits vers la Métropole, celle-ci est loin d’être infaillible comme en témoigne la dernière opération de l’Office central pour la répression du trafic illicite de stupéfiants (OCRTIS) Caraïbes les 14 et 15 novembre dernier. Celle-ci a conduit à l’interpellations de 11 hommes et femmes, en Guyane comme en métropole, âgés de 21 à 41 ans, pour avoir fait partir une centaine de mules  en moyenne 800 grammes de drogue. Elles ont été mises en examen des chefs d’importation en bande organisée de produits stupéfiants, d’acquisition, détention, transport, offre ou cession de produits stupéfiants, d’association de malfaiteurs et de blanchiment et placées en détention provisoire en Martinique. Elles encourent une peine de 30 ans de réclusion criminelle.

IR

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