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Des années que tous les résidents voient glisser les valeurs de notre micro-société… des années que cela se traduit par un surcroît de travail colossal pour les forces de l’ordre, les services de la justice, les services sociaux… par des records en termes de criminalité à l’échelle nationale… au point qu’il ne faudrait plus trop en faire cas dans la presse pour éviter d’un côté de ternir l’image de la destination et d’un autre celle de ceux qui “assument” leurs fonctions régaliennes localement.

Sécurité avant tout… c’est la ligne posée par l’Etat

6 fois plus de forces de l’ordre que la moyenne nationale Le 27 novembre, le Ministère des outre-mer annonçait “560 gendarmes, militaires et agents de la police aux frontières toujours sur le territoire des deux îles (ndlr : Saint Martin & Saint Barth). Ce dispositif de sécurité sera maintenu tant que nécessaire afin d’assurer une sécurité optimale aux habitants.” A titre comparatif, le ratio hexagonal s’établissait à 305 représentants des forces de l’ordre pour 100 000 habitants en 2012 – Dernière année communiquée à Eurostat, soit 0,305%. A Saint-Martin, la présence des forces de l’ordre représenterait actuellement un ratio d’environ 1,85%… Plus de 6 fois la moyenne nationale… nul doute que cette prodigieuse dépense saura trouver bonne place dans ce que l’état nous concède. Les puristes de la mathématique auront tôt fait de constater que notre calcul ne prend pas en considération la population de Saint-Barthélemy, mais, de vous à nous, quelle est la réalité de la nécessité d’un déploiement supplémentaire à St-Barth ? – IR
Pourtant, sans cynisme aucun, on le sait : la problématique relève du terrible concept de “l’œuf et la poule”… faut-il être en sécurité pour développer une société durable, ou faut-il une société bien construite pour réduire la criminalité ?

Après le chaos des quelques jours qui ont suivi la dévastation de Saint-Martin, chaos qui a fait ressurgir les mauvais côtés d’une société mal construite, trop cloisonnée, sans réelle cohésion et percluse d’un communautarisme qu’il faudra bien nommer un jour… place à l’ordre !

La paupérisation en mode “alles ist in ordnung”

On ne peut le nier, les faits divers sont vraiment peu nombreux, un calme relatif semble posé sur la partie française de Saint-Martin où le sentiment d’insécurité pourtant prégnant depuis des années semble avoir laissé place… au vide, mais sécuritaire ce qui est forcément de la part de ceux qui en ont la charge une excellente chose, tout comme pour ceux qui jouissent de ce moment.

Pourtant, si globalement tout le monde sait que des renforts lourds de forces de l’ordre sont la raison de cette “trêve”, on sait tout aussi globalement que ce moment n’a qu’un temps et que ces renforts n’ont pas vocation à s’éterniser… Il est tout aussi évident que le ratio civil/forces de l’ordre actuel ne peut être un modèle de reconstruction de société.

Soit mais……… et demain ?

C’est sur la base de ces constats qu’une angoisse collective commence à poindre : et après ? Si Sint Maarten et ses faits divers auraient de quoi alimenter 8 à 10 de nos pages hebdomadaires au point que la presse et les sites à sensation ont rarement eu autant de sujets à “couvrir”, qu’en sera-t-il de l’actualité locale lorsque les forces de l’ordre auront retrouvé leur contingent habituel même quelque peu renforcé ?

C’est en tous cas un des freins à la reconstruction, à la reprise d’activité ou à la réouverture des commerces : quel sera la composante sécuritaire de notre société lorsque la “normale” sera revenue ?

En panne d’un axe de reconstruction connu, en panne de relance économique, comment les statistiques en termes de criminalité pourraient-elles demain être meilleures que celles que nous affichions un peu blasés hier ?

IR

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