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Une conférence de presse se tenait le mercredi 13 décembre 2017 à la CCI présidée par M. Jean Arnell, président de la Chambre, afin de proposer de nouvelles alternatives économiques suite au passage de l’ouragan Irma.

C’est avec gravité et assurance que M. Jean Arnell ouvre le sujet redouté par tant de résidents : quelles sont les conséquences d’un cyclone si dévastateur et quelles options reste-t-il ?

Un constat alarmant

“Doper l’investissement de la Collectivité et des entreprises apparaît donc comme une nécessité à condition de leur en donner les moyens.” M. Jean ARNELL, Président CCI de Saint-Martin
Après avoir remercié l’ensemble de l’équipe ayant rendu possible l’accessibilité de la CCI dès le lendemain d’Irma, son président, que l’on sait attaché aux statistiques, s’est attaché à présenter la situation économique et sociale post Irma de l’île, parfaitement résumée par le magazine The Economist selon lequel le PIB de Saint-Martin pourrait connaître une chute de 30%.

Cette conférence était l’occasion pour le Président Arnell de présenter le dernier document rédigé par la CCI Saint-Martin : “Évaluation du sinistre, reconstruction du tissu économique de Saint-Martin après Irma”. 32 pages dédiées à l’impact de l’ouragan Irma sur le tissu économique de Saint Martin mais aussi à “ce que veulent les entreprises pour la relance économique et la reconstruction macroéconomique,” vaste programme à l’heure où la Collectivité relance en parallèle un appel d’offre pour l’accompagnement à l’élaboration d’une stratégie territoriale de développement économique… IR
M. Jean Arnell a ainsi dressé un inventaire détaillé des problématiques auxquelles est confronté le tissu économique saint-martinois, telles qu’une aide au redémarrage insuffisante, l’absence de dispositif pour les travailleurs indépendants comme les chauffeurs de taxi, le long processus des indemnisations d’assurance…

En ce qui concerne les chefs d’entreprise non assurés, le Président de la CCI a rappelé qu’une demande de Fond de Secours avait été formulée tout en précisant qu’habiter sur une île au bord de mer impliquait obligatoirement des risques et qu’il était donc du devoir de l’auto-entrepreneur d’anticiper ces cas de catastrophe majeure en ayant mis de “l’argent de côté” pour reconstruire.

Globalement, la CCI de Saint-Martin estime les dégâts aux entreprises à 480 millions d’euros.

Saint-Martin, île monotouristique, peut-elle se relever sans touristes ?

M. Jean Arnell évoque la difficulté de Saint Martin à se redresser économiquement lorsque l’île dépend à 70% du tourisme. L’Association des Hôteliers de Saint-Martin (AHSM) prévoit ainsi plus de 102 million d’euros de pertes d’exploitations du secteur et indique qu’il faudrait 2 ans pour reconstruire les hôtels de la partie Française dont 80% du parc est détruit.

A cet égard, le président de la CCI Saint Martin recommande avec pragmatisme de profiter de la présence de croisiéristes côté hollandais pour sauvegarder la saison qui aurait dû déjà commencé. Plus largement, M. Jean Arnell prône pour le secteur touristique une aide financière à  la rénovation hôtelière, la création d’un fonds de garantie pour soutenir l’expansion du secteur hôtelier, la défiscalisation des matériels de productions avec un agrément local et une extension des secteurs éligibles. Et, à plus long terme, le développement passe, selon la CCI, par la professionnalisation de l’offre, son alignement sur les standards mondiaux, l’allègement normatif. En outre, il convient de diversifier l’offre touristique en y associant étroitement le commerce et en privilégiant la main d’oeuvre locale même si M. Dorvan Cocks, vice-président de la CCISM, admet un déficit local en main d’oeuvre qualifiée que la Chambre entend combler en s’appuyant sur la Chambre des artisans de Guadeloupe notamment.

Saint-Martin, vers un projet agricole ?

Selon M. Dorvan Cocks, c’est vers le secteur agricole que le potentiel est le plus probant.

En effet, avec 97% des produits agricoles importés, l’opportunité lui paraît évidente. Les pertes suite au passage d’Irma sont considérables dans le secteur agricole : les ruches ont disparu, beaucoup de pertes sur le bétail ( 7/580 bovins, 180/2000 caprins) et la volaille (environ 2500 selon les estimations) sans compter les dégâts matériels, soit un équivalent de 2 Millions d’euros. Pourtant, il ne se laisse pas abattre par les chiffres, le secteur est en demande c’est le moment de le développer. Néanmoins, il insiste sur le fait que les diplômes sont nécessaires pour ceux qui désirent se reconvertir dans le secteur agricole et que des dérogations seront certainement mises en place pour faciliter cette reconversion.

En guise de conclusion, à la question “Êtes-vous inquiet ?”, le Président de la CCI, M. Jean Arnell,  répond avec sincérité : “on est inquiet pour l’avenir mais Irma nous donne l’opportunité de reconstruire  autrement.”  Il ne sera donc question que de temps…

IR & AJD

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