Question qui fera bondir les plus puristes des républicains puisque tout le monde sait bien que l’opposition est une nécessité dans l’exercice démocratique et qu’elle est part de notre Vème République.

Pour autant, quand au niveau national comme au niveau local les victoires électorales sont telles, et quand on qualifie le spectacle qu’offre l’opposition sur les deux scènes, il est vraiment des questions à se poser quant à son rôle, son utilité, sa raison d’être…

Ce qu’en dit la République…

L’opposition constituerait “un contre-pouvoir”… elle serait quelque part garante du fait que le grand vainqueur n’abuse pas de cette accession au trône pour céder à la tentation d’une politique qui s’assiérait quelque peu sur le droit et les libertés…

Si à l’échelle nationale, l’opposition dispose de moyens d’exister au sein de l’assemblée nationale ou du sénat tout comme de la possibilité de saisir le Conseil Constitutionnel si elle suspectait un “dérapage” de la majorité, à l’échelle locale, l’opposition n’a pas un large choix d’outil pour exister.

L’opposition, c’est aussi le vivier potentiel des femmes et hommes politiques de demain, le moyen de proposer au citoyen votant, et il est de plus en plus rare, une alternance lorsque le temps de l’élection est venu. Si des espaces s’ouvrent largement à l’échelle de la nation pour celles et ceux qui aimeraient que leurs idées puissent recevoir un jour le quitus de la population, le vivier local peut apparaître bien peu prolixe en la matière…

Ce que nous en vivons…

Les Conseils Territoriaux se suivent depuis la victoire de la Team Gibbs en mars dernier et notre opposition affiche bien malgré elle son incapacité à exister.

D’abord, il y a cette absence d’unité et de cohérence quant aux sujets sur lesquels s’opposer à la suprématie de la gouvernance et sur laquelle nous ne reviendrons que peu, celle qui fait que l’opposition elle même est divisée entre le groupuscule de Louis Mussington et le siège unique d’Alain Richardson. L’ampleur de la victoire de la TG 2017 fut telle que le faible nombre de sièges restant surtout eux-même scindés ne permettent pas une opposition claire et fonctionnelle. Cette opposition ne présente même pas les caractéristiques minimum pour pouvoir revendiquer l’existence d’un groupe et s’ouvrir le droit à un accompagnement de moyens par la Collectivité.

Ensuite, pour avoir survécu dans l’opposition pendant des années, le Président Gibbs a parfaitement intégré dans le déploiement de sa fonction le fait de ne permettre à cette opposition locale qu’une survie pour la forme… sachant notamment s’appuyer sur la volatilité de certains élus, car il faudrait être aveugle aujourd’hui pour ne pas constater qu’une élue de l’opposition sort du lot en terme de traitement ou de recevabilité par la gouvernance, au point que l’on se demande quand Marthe Ogoundélé Tessi officialisera son rattachement au groupe majoritaire.

Puisqu’aujourd’hui toute dépense d’argent public est évaluée dans son résultat…

Nous serons forcément taxés d’un mauvais esprit par certains, et ce n’est que pas complètement faux… mais, à un moment charnière de la vie saint-martinoise, moment où l’Etat use de tous les canaux médiatiques pour nous envoyer son avertissement : “Je siffle la fin de la récréation.”, tout en œuvrant sur tous les axes possible pour réduire ses dépenses et ne pas alourdir la dette de la France, la question pourrait être posée “combien coûte l’entretien d’une opposition qui n’a aucun moyen d’exister à un moment où ces fonds pourraient servir à autre chose de plus prégnant que de répondre à des prérogatives strictement “démocratiques” ?”…

IR

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