Le défilé commencé par le Premier ministre se poursuit et Madame Pénicaud, Ministre du travail, a passé la journée de samedi à Saint Martin et rencontré différents interlocuteurs.

Une très Belle opération de com

Cette visite, comme les autres, s’est inscrite dans le schéma traditionnel du “parcours ministériel” dont l’objectif est de faire de l’image et de valoriser l’action gouvernementale.

Certes, ce parcours permet parfois de poser la réalité locale et de prendre la dimension du territoire. Saint Martin depuis Irma est devenue une destination institutionnelle. Avant Irma, notre existence et notre réalité semblaient méconnues.

Déni de réalité : ce qui a brisé Saint-Martin était un cyclone hors norme !

La tendance générale de cette dernière visite ne déroge guère aux autres visites. La situation sociale, économique, la destruction des infrastructures, de l’habitat n’est vraisemblablement aux yeux de Paris pas la conséquence d’un cyclone dévastateur mais le résultat des dysfonctionnements antérieurs….

Mesurettes, saupoudrage, demi-mesure… les termes abondent dans l’histoire des décisions politiques

Les mesures annoncées par la ministre sont partielles et supposent pour exister et fonctionner l’approbation du Parlement.

La réunion de travail à la CCI à laquelle participaient les représentants des socioprofessionnels, les parlementaires… etc… sous la présidence de Jean Arnell qui, dans une intervention ferme, a posé les termes de la réalité économique, s’est traduite par un rappel des mesures nécessaires ou à envisager pour réduire le chaos social ou assurer la relance de l’économie.

La Psycho-rigidité imposée à notre reconstruction

L’intervention symbolique et porteuse de la philosophie de l’Etat s’est traduite par le discours du délégué interministériel à la reconstruction affirmant qu’il n’y aura pas de Fonds Irma et que les modalités de reconstruction seront prises et formalisées dans différents protocoles dont un premier devrait être signé fin mars et qu’il y aurait une programmation pluriannuelle d’investissement.

Il réaffirme que la reconstruction de Saint Martin ne se fera pas à l’identique avec un autre modèle de développement (lequel ?!), un projet sociétal… En réalité, la société saint-martinoise est tellement victime de ses errements passés, que le projet sociétal sera défini par l’Etat et que ce projet verra la disparition de l’économie informelle.

Saint-Martinois, résidents saint-martinois… la société de demain, c’est à vous de la définir !

Discours et prises de positions vis à vis de la future organisation sociale qui relèvent d’une attitude jacobine… l’histoire ne change pas, on assiste sans mots à un simple déni de démocratie.

Je pense qu’une société ou un projet de société résultent tout simplement de la volonté des citoyens…

Il y a, il y a eu et il y aura une économie informelle à Saint-Martin comme il y en a ailleurs. Cette économie existe dans l’ensemble des DOM, et même en métropole, et se détermine comme un amortisseur social. Sans cette économie qui traduit dans un premier temps l’instinct de survie, Saint Martin aurait connu des affrontements sociaux voire communautaires très rapidement après le désastre.

On ne modifie pas l’existant en se bornant à le nier…

L’économie informelle reste l’amortisseur du choc social, à l’image de l’économie sociale et solidaire, et elle supplée l’incapacité de l’Etat et de la Collectivité à créer le cadre d’une économie prospère et qui ne s’inscrit pas dans le cadre d’une économie dirigiste et semi collectiviste.

Je repose à nouveau cette lancinante question :  Quel territoire aurait pu intégrer une telle croissance démographique, liée à l’immigration étrangère souvent illégale ?

Quant au discours sur l’Etat providence, il devrait se référer au transfert de compétences qui n’a pas pris en compte les charges réelles liées aux nouvelles compétences, comme au fait que le plan de rattrapage infrastructurel qui s’imposait n’est pas survenu !

Quelqu’un aurait-il une vision de l’avenir ? Une idée ? Un Plan ?

Dans ces conditions et localement, quelle est la vision politique de l’avenir et de la reconstruction ou ces deux points ne sont-ils inféodés qu’aux discours officiels ?

Faut il rappeler que différents groupes, associations ont bâti et travaillé sur un projet de société ? Ces éléments sont-ils devenus caduques ? Où est l’Etat providence sur un territoire dont le produit fiscal a triplé en sept années ?

Nous sommes dans un théâtre d’ombres, où l’on fabrique des épouvantails qui sont sensées traduire la réalité sociale de NOTRE communauté.

Qui ne dit mot consent…

Il est très surprenant que l’ensemble de la classe politique accepte ce discours. Le silence des hauts politiques est assourdissant. Demain nous connaîtrons, après les multiples visites, le temps de l’oubli. Or s’impose le temps de l’action, de l’investissement, de la mobilisation.

Quatre mois  après le cyclone plus de trois quarts des assurés n’ont pas été indemnisés, alors que c’était une promesse officielle lors de la visite du Président de la République… comme d’autres priorités…

Croire, faire croire ou laisser croire que les écueils sociaux ne sont plus là, que la reconstruction est en cours, que la normalité à repris ses droits constitue une grossière erreur.

Puisqu’il paraît qu’un homme averti en vaut deux

Il faudra que l’Etat et les élus assument leurs responsabilités face à l’immense défi de la reconstruction et aux conséquences qui se dessinent déjà et auxquelles en général les strates politiques, faute d’avoir su continuer à entendre le peuple après l’avènement, ne résistent pas.

Souvenez-vous de cette phrase de F. Nietzche : “On peut mourir d’être immortel”.

JPF

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