Le Saint-Martin’s Week et son équipe vous présentent comme le veulent le rituel et la courtoisie, leurs meilleurs vœux pour l’année nouvelle.

Ces vœux apparaissent dans un contexte et un environnement particuliers et s’adressent tout d’abord aux sinistrés du cyclone Irma, à celles et ceux qui ont tout perdu, un proche, leur emploi, leur logement, leur entreprise…

Je vous souhaite le meilleur, et je me prépare au pire.Jean-Paul Fischer

A celles et ceux qui s’interrogent sur leur avenir, sur l’avenir de l’île et qui doutent…

Une année nouvelle pour construire ou reconstruire, mais dans quelles conditions et pour quel projet ?

Nous serons là… cette année plus qu’une autre !

Plus que jamais, le St Martin’s Week s’inscrira dans une ligne offensive et une analyse sans complaisance de notre société et de sa gouvernance.

Nous sommes et nous resterons des agitateurs d’idées au service de la démocratie, de celles et ceux qui s’engagent  avec la volonté d’une société meilleure, en citant Beaumarchais, car “sans la liberté de blâmer, il n’est pas d’éloge flatteur”.

Présenter nos vœux n’a de sens que si nous parlons d’avenir, que si nous effectuons un bilan de l’après Irma… quatre mois après ce terrible cyclone, quel est l’état de notre territoire, quel est l’état de notre économie ?

Des vœux, oui… mais pour quel avenir ?

Ni l’Etat, ni la Collectivité n’ont été en capacité de définir un plan d’action et un programme de reconstruction.

Le temps a été rythmé par les visites officielles, et les rappels moralisateurs sur notre société, son organisation et même son mode d’existence.

Par contre, aucune réflexion organisée qui puisse répondre aux besoins de la population et aux besoins de l’économie n’a été définie ni élaborée.

Certes, il y a les mesurettes immédiates : le report des charges sociales, une compensation partielle des pertes fiscales de la collectivité pour lui permettre encore partiellement d’assumer ses charges de fonctionnement, une aide particulière au travers de la “carte de crédit social”… mais ce ne sont là que quelques points qui sont à l’aune de nos besoins, des besoins de l’économie …

Combien de temps faut-il pour réfléchir ?

Ces délais sont imputables, selon nos gouvernants, à la nécessité de prendre le temps de la réflexion, de l’étude, de la définition du concept social… Mais combien de temps faut-il réfléchir avant de soutenir l’emploi et les entreprises ?

Faut-il réfléchir pour reconstruire les réseaux, d’eaux et d’assainissement ?

Faut-il réfléchir pour reconstruire les établissements scolaires ?

Faut-il réfléchir pour lancer un programme de logements d’urgence décents ?

Faut-il réfléchir pour associer pleinement les citoyens et les socio-professionnels à la reconstruction ? 

L’Etat et la Collectivité développent la culture de l’illusion, qui vise à imaginer un possible devenir, en oubliant l’opérationnel et la souffrance bien réelle elle d’une société et de ses individus.

La réalité… ne pas y revenir l’amènera à s’imposer

Ni l’Etat, ni la Collectivité s’engagent dans la réalité d’un programme de reconstruction qui ne peut pas se déployer sans infrastructures, et qui pourtant impliquerait l’économie productive.

La signature de différents protocoles dont on ne connaît pas pleinement la consistance et la réalité des mesures, ne constitue pas une planification.

Saint-Martin, Notre île, notre territoire, appelle des mesures immédiates et une définition d’actions qui s’inscrivent dans le temps et la réalité.

Le véritable problème ne se limite pas à la simple mobilisation des ressources, mais à la volonté politique de ceux qui nous gouvernent…

Nous errons dans le brouillard des mots et des discours, de la communication, du vernis… alors que la population réclame le langage de la vérité.

Et ces vérités sont simples même si elles échappent parfois aux politiques et à l’administration, elles se résument en quatre mots : emploi, sécurité, logement, propreté.

Il est primordial que les responsables de la gestion collective comprennent que la population ne saurait attendre le temps des protocoles et que la relance économique doit s’opérer de manière immédiate, de manière constante et intensive sur la base de projets et de moyens.

Tout admettre et se taire ?

Peux-t-on admettre que 4 mois après le cyclone, une partie des assurés n’a bénéficié d’aucune indemnisation ni d’acompte ?

Peux-t-on admettre que certaines compagnies continuent à différer ou séquestrer les indemnisations quand ce n’est pas à mener une nième contre-expertise ?

Peux-t-on admettre que ni la Collectivité ni l’Etat n’aient pu définir des enveloppes d’investissement, défini des travaux prioritaires, sur l’eau, l’assainissement, les bâtiments scolaires… ?

Peux-t-on admettre que les entreprises n’aient pas bénéficié d’un véritable plan de soutien ?

Peux-t-on admettre que ni la Collectivité ni l’Etat n’aient développé d’immenses chantiers d’insertion et de soutien pour les sinistrés ?

Je pense au travers de cette longue litanie de choix ou de mesures qui auraient pu être privilégiés, que personne n’échappera au réel, à la réalité qu’impose et qu’imposera le choc social que subit notre communauté…

Aucun protocole ne pourra éviter ce moment et la force de l’expérience aurait du s’imposer aux gouvernants en leur intimant un changement de cap dans la prise en considération des urgences.

Meilleurs vœux, pour une année volontaire et opérationnelle, au profit de la population.

JPF

Commenter avec Facebook

Laisser un commentaire