Immanquable, évident, coulant de source au regard du mécontentement global, de l’apparent immobilisme du territoire où tout semble passablement figé et ce malgré une activité qui ne manque pas dans les plus hautes sphères et dont nous vous livrons le contenu régulièrement…

Le gros buzz d’Arnaud Vial

A l’initiative d’un homme dont on ne peut nier que Saint-Martin lui tienne à cœur même si ses pieds n’ont pas foulé l’île sérieusement depuis un bon moment, Arnaud Vial pour ne pas le nommer, ce collectif se contente pour le moment d’un joli raffut tout en français sur les réseaux sociaux…

Saint Martin le 3 janvier 2018,

« Le Collectif des sinistrés d’IRMA»

La Lettre ouverte

Cette lettre aurait du démarrer par les formules dévolues aux énarques et/ou aux hauts fonctionnaires pour vous remercier par avance de la qualité de l’écoute et de la haute bienveillance que vous voudrez bien donner à nos sollicitations mais, dans le cas présent, et avec le respect des fonctions qui sont les vôtres, nous souhaitons aller à l’essentiel afin d’obtenir votre indispensable soutien et votre implication pour porter secours aux sinistrés du cyclone IRMA.

En effet, plus de 4 mois après le passage d’un ouragan d’une intensité jamais atteinte dans cette région du monde ce sont encore plusieurs milliers de

personnes qui sont toujours en situation d’urgence et non comme indiqué dans la presse nationale «une population active en phase de reconstruction».

Nombreux sont ceux qui n’ont toujours pas de toit, pas d’argent, pas de travail, sans avenir possible, déboussolés voire en détresse mentale en raison de la défaillance des compagnies d’assurances, qui usent et abusent de leur pouvoir pour tenter de minimiser et/ou de différer le règlement des indemnisations aux victimes de catastrophes naturelles, parfaitement énoncées dans la loi N°82-600 du 13 juillet 1982, qui remaniée à plusieurs reprises prévoit expressément le versement d’une provision d’indemnisation dans les deux mois et le solde dans les trois mois suivant la date de publication de l’Arrêté de catastrophe naturelle.

A ce jour, quelques rares privilégiés ont obtenu des acomptes qui d’après nos estimations représentent en moyenne 25% des dégâts déclarés. L’immense majorité des autres n’ont pas encore perçu le moindre centime et vivent de dons et de la solidarité le plus souvent orchestrés par des particuliers ou associations locales qui réalisent quotidiennement un bénévolat d’exception sans lequel nombre de résidents français ne pourraient ni se nourrir, ni s’abriter, ni même bénéficier du minimum d’hygiène.

Monsieur le Président de la République, Monsieur, le Premier Ministre, Madame la ministre, madame le Préfet délégué, Monsieur le Préfet détaché, sachez que ce n’est pas par plaisir que nous avons décidé de nous regrouper en « collectif de défense des sinistrés d’IRMA » mais dans le seul but d’obtenir le soutien urgent que vous seuls pouvez apporter pour  obtenir ni plus ni moins que ce qui nous est dû en de telles circonstances  par le paiement de nos primes d’assurances.

Nous vous prions de croire en l’expression de notre profond respect.

Palais de l’Elysée, 55 Rue du faubourg Saint-Honoré. 75008 PARIS

Hôtel Matignon, 57 Rue de Varenne 75007 PARIS

Ministère de l’Outre-Mer Hôtel Montmorin 27 Rue Oudinot. 75007 PARIS

Préfecture des îles du nord. 97150 Saint-Martin.

Pensez-donc, des centaines de partages, des milliers de like, des dizaines de commentaires, de quoi faire pâlir les professionnels de l’usage de Facebook… un début plus que prometteur pour ce collectif virtuel s’il devait passer à quelque chose de plus terrestre comme la création effective d’une association.

Le terreau est très fertile et les opportunités pour exister bien présentes

Au lendemain d’Irma, nous avions déjà vu la naissance rapide d’une association bien réelle et locale avec l’ASMU, Association Saint-Martin Uni, qui, derrière la Présidence du militant de toujours Cedric André, a su se frayer un chemin opportun dans les méandres des associations socioprofessionnelles historiques au point de s’imposer à la table des visites ministérielles, parfois au nez et à la barbe de ces dernières.

L’histoire ne dit pas encore quel sera le devenir de l’ASMU qui, comme toutes les associations créées suite à un moment précis de l’histoire, semble s’essouffler un peu puisque leur interface facebook est vierge de toute activité depuis le 09 décembre dernier.

Quel avenir pour ce collectif dont le leader tait son nom ?

De la même façon, l’histoire du Collectif des Sinistrés d’Irma reste elle à écrire complètement.

Si Arnaud Vial en est le maître à penser, le géniteur, et dispose encore d’une image locale et d’une connaissance du territoire suffisantes pour nourrir l’initiative, il a clairement signifié sa volonté de rester un moteur pour le mouvement mais de ne pas en assumer la présidence, si présidence il devait y avoir… éloignement géographique oblige. On retrouve autour de ce mouvement un panel de personnalités bien connues de l’île et il est évident que la “mayonnaise” dispose d’un contexte extrêmement favorable pour qu’elle “prenne”. Pour le moment, le leadership n’a pas été dévoilé.

Ce qui est certain, c’est que face à l’essoufflement des outils historiques, comme la FIPcom par exemple, tout comme face à l’incapacité de l’existant à parvenir à des résultats probants au bénéfice de la population et des entreprises, et ce malgré des réunions, des têtes à têtes, des rendez-vous plus discrets, des déplacements, des déjeuner, des dîners etc…, c’est que la situation va imposer l’émergence de groupes nouveaux.

Réelle influence, pouvoir d’infléchir ou coup d’épée dans l’eau ?

Ce qui est moins certain par contre c’est la capacité qu’auront ces groupes à influer intelligemment sur les trajectoires que nous impose la gouvernance, l’Etat et la COM dans leur mariage contraint par des protocoles à signature obligatoire, menacés que nous sommes de nous voir retirer les jouets statutaires dont nous ne savons pas nous servir.

Si l’on ne peut que montrer un démocratique intérêt lorsque la société civile s’organise pour signifier aux décideurs que leurs axes ne sont pas les bons, au regard de la complexité administrative et juridique du moindre sujet pointé du doigt, l’efficacité de ces outils du peuple impose, c’est à dire leur capacité à influencer les trajectoires politiques et administrative, dépend quand même de la force de l’ingénierie dont ils s’entoureront pour plancher sur les dossiers.

Cas de conscience

Bien sûr, évidemment, la reconstruction est trop lente, les indemnisations des assurances ne sont pas au rendez-vous etc etc… Mais quelles sont aujourd’hui, alors que le document d’urbanisme qui intègrera les contraintes qui nous préserveront théoriquement d’une nouvelle tragédie urbanistique, les garanties que ces moyens de reconstructions ne viendront pas s’engouffrer dans les failles d’un PPRN trop léger et d’un POS trop permissif ? En ce sens, est ce que la pression n’est pas à mettre plutôt sur la nécessité de pourvoir enfin disposer du cadre de la reconstruction plutôt que sur le manque de moyens ?

N’oublions pas que la volonté de l’Etat est de permettre une reconstruction résiliente, intégrant donc autant que possible les erreurs du passé pour s’en préserver ; mais n’oublions pas non plus qu’au travers de la Caisse Centrale de Réassurance détenue à 100% par l’Etat, c’est bien ce dernier qui ouvrira les vannes des indemnisations… 

Se joindre au collectif

En attendant, le St Martin’s Week souhaite longue vie au Collectif et pour celles et ceux qui aimeraient le rejoindre, Il suffit de poster sur Facebook un simple “j’adhère” : FB – Collectif Des Sinistrés Irma !

IR

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