Tel pourrait être le curieux intitulé d’une petite annonce dans la rubrique offres d’emploi sur un site internet saint-martinois ou dans la presse locale.

Avant de poursuivre plus loin et pour une meilleure compréhension, posons quelques bases nécessaires aux explications qui vont suivre : immédiatement après le passage de Irma, plusieurs phénomènes se sont avérés d’une évidence telle qu’il serait difficile aujourd’hui de nier leur existence : les pillages et vols en tout genre, les pertes d’emplois immédiates pour tous ceux qui travaillaient dans le secteur du tourisme, et  les débuts d’une reconstruction non encadrées pour ceux qui en ont la volonté et les moyens. Et nous allons constater que ces 3 sujets pourtant si différents en apparence sont étroitement liés et engendrent des situations et des conséquences inattendues.

VOLER C’EST VOLER

Premier point donc : les pillages et les vols.

Nous ne reviendrons pas sur les pillages en masse qui ont eu lieu dans les magasins, ni sur ces receleurs innocents arrêtés dont nous faisons état chaque semaine ou presque dans la rubrique justice de notre journal, mais plutôt sur les “petits” voleurs tellement petits qu’ils étaient à 100 lieues de se douter qu’ils avaient basculé dans la délinquance sans même s’en rendre compte.

En effet, nombreux sont ceux qui ont évoqué la survie en allant glaner quelques denrées nourricières dans une boutique laissée à ciel ouvert, d’autres se sont autorisés à prélever une roue ou un rétroviseur sur un véhicule complétement hors d’usage afin de remettre le leur dans un état de fonctionnement correct.

En toute bonne foi, il leur était permis de penser que la voiture concernée parte à la casse avec une pièce en moins n’était pas bien grave puisque de toute façon elle était destinée à passer au broyeur.

Mais seulement voilà, ces apprentis détrousseurs de carcasses se sont souvent fait remarquer par un témoin ou par les forces de l’ordre, et si leur acte peut paraître anodin, il n’en demeure pas moins répréhensible et punissable sans pour autant passer au tribunal et parfois avec juste un rappel à l’ordre.

RECONVERSION

Deuxième point qui nous intéresse : les professionnels du secteur touristique qui du jour au lendemain se sont retrouvés sans emploi après le passage de l’ouragan.

Certains ont préféré quitter l’île temporairement ou définitivement, d’autres qui bénéficiaient de contrats de travail corrects se sont retrouvés au chômage partiel ou technique et puis il y a ceux qui ont réagi rapidement en postulant dans les secteurs professionnels où l’embauche n’allait pas se faire attendre.

Ainsi, nous avons pu croiser des serveurs qui sont devenus jardiniers, des plagistes qui déblayaient les routes ou encore des cuisiniers conduisant des engins de travaux publics.

Chacun se débrouillant comme il peut, sans regarder de trop près les conditions dans lesquelles ils étaient employés (pour le plus grand bonheur de certaines entreprises locales peu soucieuses de la législation en court et du code du travail).

A situation d’urgence, solution d’urgence, le principal étant de gagner sa croûte correctement d’autant plus que cette période de nettoyage n’allait certainement pas durer éternellement.

Mais après tout, c’était en quelque sorte une formation professionnelle gratuite qui pourrait déboucher sur d’autres horizons, étant bien conscients que le tourisme à Saint-Martin était mis entre parenthèses pour quelques temps. 

FALLAIT PAS COMMENCER

Troisième et dernier élément : après la phase “déblaiement et nettoyage” des routes, des espaces verts et des jardins publics ou privés, certaines entreprises ont été sollicitées par des particuliers ou professionnels désireux de remettre en état leurs maisons ou leurs locaux le plus rapidement possible.

Si la plupart des petits propriétaires n’en sont qu’à panser leurs plaies en attendant désespérément le versement de leur indemnisation, d’autres plus fortunés peuvent se permettre d’entamer les travaux de rénovation sans plus attendre.

Sans citer leurs noms, il n’est pas difficile de deviner de qui il s’agit : tous les “gros” propriétaires de l’île qui possèdent une ou plusieurs villas et appartements à Saint-Martin mais qui ont également entre les mains une bonne partie des ressources économiques locales.

Et c’est là où le bât blesse, car en effet lorsque les entreprises de rénovation, peinture ou décoration se sont présentées chez ces clients avec leurs équipes au grand complet, la plupart d’entre elles se sont faites refoulées par les dits clients avant même d’avoir commencé tout simplement parce que certains ouvriers présents semblaient être plus connus des registres de la gendarmerie que du bottin des professionnels du BTP. En gros : “Pas de ça ici, on a déjà donné.” 

Contraints et forcés, certains patrons ont donc dû se séparer d’ouvriers, certes talentueux, mais bien peu honnêtes, et nombreux sont ceux qui se voient dans l’obligation d’effectuer un entretien d’embauche un peu poussé avant d’employer quelqu’un.

Il en est même qui avouent avoir du mal à recruter des ouvriers qui savent travailler tout en n’ayant rien à se reprocher. 

Et nous ne parlerons pas ici des chefs d’entreprises qui ont été eux mêmes mis en examen pour vol et recel et pour qui il va être beaucoup plus difficile de trouver des chantiers désormais.

Chacun doit subir les conséquences de ses propres actes.

(Proverbe Grec) 

JMC

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