Le club Soroptimist de St Martin sait que ses amis et sympathisants attendaient comme chaque année au mois de mars notre traditionnelle balade à l’occasion de la journée internationale de la femme. Les conditions post Irma n’y ont pas été favorables.

Nous portons notre action cette année sur la FEMME et sa SANTE. Notre objectif est de faire connaître et reconnaître une maladie qui touche certaines femmes de la puberté à la ménopause (c’est long !) responsable de l’infertilité de 30% d’entre elles : l’ENDOMETRIOSE. Elles en souffrent mais n’en parlent pas. Pourtant, Christiane LADEON, saint-martinoise de cœur, a osé en parler dans son livre « L’Endométriose : de l’Ombre à la Lumière » paru le 13/10/2017. Elle a accepté de  répondre à nos questions :

1-      Qu’est-ce que l’endométriose ?

L’endométriose est la présence de muqueuse utérine en dehors de la cavité utérine.

C’est une maladie gynécologique globalement incomprise entraînant essentiellement des problèmes de douleurs et d’infertilité. Elle est classée en stade : Stade 1, endométriose minime au stade 4, endométriose sévère.

2-      A quel âge est-on concerné ?

Je dirai que l’on est concerné dès les premières règles. Surtout si elles sont très douloureuses, il ne faut pas hésiter à voir très tôt un médecin qui pourra en faire le diagnostic ce qui peut être long.

3-      Quels sont ses symptômes ?

Les principaux symptômes sont les règles douloureuses, des douleurs pelviennes, douleurs pendant les rapports sexuels, des troubles et problèmes intestinaux et urinaires et surtout une fatigue extrême. Mais d’une femme à une autre, les douleurs peuvent être ressenties différemment.

4-      Est-il facile de diagnostiquer l’endométriose ?

Non. Dans mon cas, les  médecins ont longtemps tardé à prendre au sérieux mon désarroi, ma vulnérabilité face à la douleur, au mal être. Par méconnaissance, ils ont surtout pensé que c’était psychologique. La maladie a été diagnostiquée après 20 ans de souffrance.

5-      Comment soigne-t-on cette maladie ?

Le traitement hormonal est le plus utilisé pour empêcher le développement de l’endométriose qui se fait au moment des règles.

6-      Peut-on guérir de cette maladie ?

A ce jour, il n’y a aucun traitement qui permet de guérir de l’endométriose.

Elle reste une maladie orpheline qui peut être stoppée uniquement par hystérectomie. Dans mon cas, j’ai eu l’ablation de l’utérus donc plus d’endométriose mais elle restera encrée dans ma chair comme une profonde cicatrice et y a laissé des séquelles irréversibles.

7-      A quoi est-elle due ?

Très honnêtement, je ne sais pas. Les médecins eux-mêmes ne savent pas. Beaucoup d’hypothèses ont été émises mais rien de confirmé. Une équipe américaine de chercheurs a démontré que l’endométriose était une forme de cancer.

8-      Quel est l’impact sur votre vie quotidienne ?

Les dégâts qu’a engendrés cette maladie sont tels que je vis au jour le jour. J’ai gardé des séquelles irréversibles aux niveaux gastrique, intestinal et vésical. En plus des douleurs atroces qui m’accompagnent, je suis très diminuée physiquement, je m’épuise vite. Ce qui entraîne aussi des moments de déprime que j’arrive à gommer grâce à mon cheminement dans la foi. Découvrir chaque jour l’amour inconditionnel que Dieu me porte, c’est une source de joie qui me permet de surmonter toutes les difficultés et d’aller toujours de l’avant.

9-      Quelles avancées, et quels espoirs ?

Je reste convaincue qu’un jour les chercheurs trouveront un traitement qui guérira définitivement de cette maladie. En attendant, il faut se battre pour y survivre et faire de la prévention, en parler à son médecin dès les premières douleurs, car les règles douloureuses ne sont jamais normales.

10-  Pourquoi avez-vous choisi de parler de votre vécu dans votre livre ?

Au moment où j’ai décidé d’écrire Mon histoire, j’étais tellement mal dans ma peau et je souffrais beaucoup. J’avais du mal à sortir les mots de ma bouche. Alors j’ai commencé à écrire et pour que tout le monde sache ce que c’est, cette terrible chose qui tue doucement et sournoisement, je n’ai pas hésité à le publier. Mon but a été surtout de venir en aide aux femmes qui sont atteintes de cette maladie afin de ne pas commettre les erreurs que j’ai faites par méconnaissance et aussi en ayant eu une confiance aveugle dans la médecine. Ce que j’ai vécu pendant la maladie et aussi après la maladie et que je vis encore, aucune femme ne devrait le vivre.

Malgré mes faibles ressources physiques, j’ai voulu me rendre utile aux autres femmes qui n’osent pas en parler. La vie est belle et il y a tant de choses à faire. En tout humilité !

Merci Madame Ladéon pour cet entretien. Nous nous reverrons le 24 mars, journée mondiale contre l’endométriose.

Louise CARTER, présidente

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