La semaine prochaine, tous les sinistrés d’IRMA, particuliers, entreprises, pourront marquer la première année du passage de ce cyclone destructeur, ainsi que ses conséquences sur la vie sociale, économique et politique de l’île. 

Irma, à croire que c’était hier…

Votre journal établira un bilan qui se voudra le plus complet, et sans complaisance de cette triste année. Mais avant de procéder à cet inventaire, il est plus que nécessaire d’évoquer les réalisations en cours de la Collectivité, notamment à la veille de la rentrée scolaire, voire de la rentrée économique.

Surtout qu’au cours des derniers conseils territoriaux, la gouvernance de Saint-Martin nous avait annoncé  un “immense programme de reconstruction” qui se réaliserait pendant la période des vacances : écoles, terrains de sport, réseaux, routes… avec un budget d’investissement conséquent, dont les recettes ne semblaient guère identifiées…

Des travaux… certes…

Certes, nous subissons les travaux, comme par exemple, l’enfouissement des réseaux électriques sur la route de Grand Case, chantier inauguré depuis des  mois. La réalisation de ces travaux constitue un bel exemple, un modèle parfait de désorganisation.

Les travaux s’effectuent aux heures normales de travail, provoquant des embouteillages monstres et répétés… Certes, il faut permettre aux salariés d’arriver en retard, aux visiteurs de l’île de rater leur avion, aux entrepreneurs de ne pas pouvoir circuler et aux autres conducteurs d’admirer ce beau paysage. 

Mais de quoi s’interroger sur l’organisation…

Il est vrai et cela justifie cette organisation, avec les embouteillages, la consommation de carburant augmente ainsi que les recettes liées à la taxe sur les carburants…

Dans tout autre territoire où il n’y a qu’une seule route d’accès, un tel chantier se réalise la nuit et les jours fériés, en mettant en place de véritables déviations.

A Saint-Martin, l’automobiliste doit se soumettre au laxisme ou à l’incompétence des responsables de projets. On pourrait aussi s’interroger sur l’implantation des réseaux et leur opportunité.

Le secteur de l’automobile vous remercie…

Ce chantier présente d’autres qualités, il génère une véritable activité économique dans le domaine  de l’automobile, remplacement de pneus, de jantes, voire d’amortisseurs ; cela est parfaitement étudié puisque votre véhicule passe dans de profondes tranchées à moins que ce soit un terrain d’entraînement pour le prochaine PARIS/DAKAR !

Ce charivari ne dérange personne, il ne nous reste plus qu’à attendre…

J’aurais ici une pensée pour Jean-Michel, notre journaliste victime d’un accident de la route il y a près d’un an et qui se bat toujours pour revenir au plus tôt. Lui, motard, aurait trouvé les mots pour sensibiliser les adeptes aux dangers permanents de ces routes en chantiers pour les deux roues.

La rentrée… quelle rentrée ?

Pour les autres travaux, un rapide tour de l’île montre que les élèves et les enseignants devront faire, pour la rentrée, provisions de parapluies et d’impers. A titre d’exemple, la réfection de la toiture de l’école de Sandy Ground vient de commencer …

Et la liste est longue…

Je pourrai poursuivre cette liste d’inconséquences, la fragilité des réseaux, l’absence d’éclairage public, l’abandon des équipements sportifs….

Dans la même logique, on peut s’interroger sur la réfection de l’habitat, notamment des logements sociaux. Faut-il une année pour refaire un toit, ou changer des menuiseries ?

La construction de logements d’urgence ne semblerait pas non plus constituer une priorité, il vaut mieux privilégier la spéculation immobilière !  

Il me semblait, et il semblait à tout observateur rationnel, que la reconstruction s’inscrivait dans un programme global, avec une définition des moyens, des échéances, et la mise en place d’une équipe technique dédiée, qui travaillerait sur une conception “durable” de l’aménagement du territoire, prenant en compte la logique économique, mais aussi la cohésion sociale. La réponse à ces quelques observations s’inscrira dans le classicisme du discours politique, à savoir les  moyens, les ressources, de l’intervention ou de la non intervention de l’Etat.

Je peux comprendre les difficultés d’un plan de reconstruction sur un territoire aussi sensible que Saint-Martin, mais encore faudrait-il que nous puissions obtenir une information claire, précise, transparente, argumentée.

bienvenue monsieur le président

Dans quelques jours, le Président de la République reviendra à Saint-Martin.

Quel changement pourra-t-il constater au delà d’un nettoyage incomplet ?

L’île est sale, les quartiers sont en déshérence, la reconstruction bégaie mais on prendra étrangement soin de nettoyer tout ce qui peut l’être au passage du chef de l’Etat.

Saint-Martin, île modèle ?

Saint-Martin devait être, dans les discours post cycloniques, une référence, un modèle, un centre de recherche pour la prévention des risques et catastrophes naturelles…

Au terme de cette année, Saint-Martin est devenue un véritable modèle, certes, de désorganisation.

Peut-être nos gouvernants devraient ils méditer cette phrase de l’essayiste Henry David THOREAU : “Le gouvernement le meilleur est celui qui gouverne le moins.”

JPF

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