L’environnement, un sujet qui suscite à Saint-Martin encore trop souvent l’apparition d’un petit sourire dédaigneux sur le visage des décideurs trop occupés à appréhender un quotidien lourd et dicté par l’économie, les chiffres, les contraintes budgétaires, la rentabilité et autres concepts partiellement responsables de ce qui impose au GIEC de tirer une ultime sonnette d’alarme !

Il n’y a pourtant rien d’incompatible entre le respect de l’environnement et le développement économique, encore faut-il être capable d’opérer un “reset” quant à la façon d’appréhender ce dernier tout en cessant de tourner le dos au premier.

“Manque de moyens”, “pas une priorité”, “nous sommes mieux préservés que nos voisins du Sud”, “ce n’est pas Saint-Martin qui pèse sur le réchauffement climatique à l’échelle mondiale” etc etc… autant de petites phrases pour balayer du revers de la main notre propre responsabilité alors même que nous sommes au premier plan du risque et de l’impact de ce dérèglement mondial, autant de petites phrases qui illustrent bien la peur du changement, la crainte du “gagner moins” et notre attachement à un existant en forme de grosses cylindrées, de surconsommation d’eau sur une île sèche, de production d’énergie électrique sur la base de génératrices diesel, de pression urbanistique dévorante plutôt que de réhabilitation de l’existant, d’imperméabilisation des sols… etc etc…

Bref… le Saint-Martin’s Week va encore se donner les moyens de relayer l’alerte mondiale lancée par les scientifiques du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) suite à la publication de leur 6ème rapport.

Le groupe d’experts sur l’évolution du climat alerte donc pour la 6ème fois les Etats, dans un rapport publié le 08 Octobre dernier, quant aux conséquences des plus lourdes qu’engendrerait une augmentation globale de la température au delà de + 1,5 °C par rapport aux niveaux pré-industriels.

Les conséquences…

Ne pas respecter cette limite engendrerait une augmentation de phénomènes qui ne vous interpellent même plus sur le petit écran tant ils sont devenus quotidien :

  • – vagues de chaleur,
  • – dérèglement climatique,
  • – extinctions d’espèces,
  • – déstabilisation des calottes polaires,
  • – montée des océans sur le long terme… etc

Selon les scientifiques, toute augmentation des températures au-delà de 1,5 °C aggraverait ces impacts déjà bien d’actualité sur l’environnement.

Les objectifs…

Limiter cette hausse à tous prix en réduisant nos émissions de CO2 avec un premier objectif à -45% d’ici 2030 et un second à horizon 2050 : la neutralité carbone, ce point où l’activité humaine ne rejette pas plus de carbone à l’atmosphère que la planète ne peut en consommer.

Pour que vous preniez un peu de distance avec ces chiffres soporifiques et ces objectifs presque ringards tant on nous les répète depuis des décennies maintenant : parvenir à la neutralité carbone dans une trentaine d’années permettrait de limiter notre impact sur l’environnement, d’enrayer le dérèglement du climat, de limiter les flux de réfugiés climatiques comme les famines qui font leur grand retour… Parallèlement, si vous vous offrez une vision globale du monde, cet objectif semble purement et simplement délirant puisque bon nombre de pays bénéficie actuellement d’une croissance exceptionnelle, une véritable aubaine financière lorsque l’on souhaite sortir du “tiers monde”, appartenir au club fermé des “pays émergents”, pendant que d’autres s’accrochent à une croissance dont ils ne font pourtant globalement plus partie plutôt que de se projeter vers un autre modèle au paradigme plus en phase avec les recommandations du GIEC. Le 1ER “Homme de la Terre”, distinction symbolique remise à Emmanuel Macron lors du dernier One Planet Sumit, a un chantier colossal devant lui…

Les scientifiques ne sont d’ailleurs pas dupes et c’est certainement particulièrement résignés que leur représentant s’est fendu après la remise de leurs conclusions aux Etats d’une ultra-laconique “Nous avons remis le message aux gouvernements, nous leur avons donné les preuves, à eux de voir.”

Jim Skea de l’Imperial College de Londres et membre du GIEC a lui enfoncé le clou en faisant peser la pleine et entière responsabilité du désastre climatique annoncé sur les épaules des politiques, sans doute l’une des strates sociales les plus accrochées aux acquis, en lançant cette phrase : “Les lois de la physique et de la chimie permettent (de limiter la hausse à 1,5 °C), ainsi que les technologies, le changement des modes de vie et les investissements. La dernière chose, à laquelle les scientifiques ne peuvent répondre, c’est si c’est faisable politiquement et institutionnellement.”

Ici, plus qu’ailleurs ?

Oui, ici plus qu’ailleurs nous essuierons les affres de ces dérèglements crescendo et ici moins qu’ailleurs au regard de notre exiguïté et de la faiblesse de nos moyens intrinsèques nous aurons des solutions de replis ou de réactions.

Ce que nous devrions avoir ici plus qu’ailleurs, c’est la volonté de l’exemplarité et l’espoir qu’elle soit contagieuse. Si le monde doit atteindre la neutralité carbone à horizon 2050, nous devons ici l’attendre bien avant et en faire la promotion en lieu et place de vieux canons obsolètes, composantes de ce qui aura au fil de l’industrialisation et de l’avènement de la consommation irraisonnée provoqué ces dérèglements climatiques qui, rappelons le, rendent l’homme inadapté à la survie dans certaines parties du globe où il était pourtant installé depuis des millénaires !

Pendant ce temps le vent souffle sur la Floride, l’eau inonde le Sud de la France, le sol tremble en Haïti où les nappes de plastiques s’échouent, les algues vertes filamenteuses envahissent Cul de Sac le temps de la trêve autorisée par les sargasses, les poubelles vomissent chaque soir leurs surplus d’emballages, la décharge de Philipsburg continue de fumer et de dégager autant de dioxine qu’elle le peut et le béton coule à flot et surtout loin du regard de ceux qui sont supposer en maîtriser les flux…

IR

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