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Bonjour à tous, et bienvenue dans cette assemblée pour la dernière plénière de l’année.

J’en profite en préambule pour souhaiter à nos conseillers territoriaux, aux employés de la collectivité, au public qui nous écoute et à l’ensemble de nos concitoyens, d’excellentes fêtes de fin d’année. Que cette trêve de Noël soit bénéfique pour tout le monde. Je crois que nous en avons tous besoin…

Ce matin, pas de déclaration générale, je passerai directement à l’ordre du jour en vous proposant trois modifications. Je reviendrai au moment du point concerné au sujet qui vous anime : la Semsamar.


Introduction délibération n°9

Ces dernières semaines, la gouvernance de la SEMSAMAR et son devenir ont fait couler beaucoup d’encre, à tort bien souvent d’ailleurs…

A tort, parce que ceux qui se sont affolés sans savoir, ont orienté le débat dans le mauvais sens et s’offusquent aujourd’hui de faits qui n’existent pas. C’est le jeu démocratique et d’opposition me direz-vous, mais lorsqu’on parle de l’avenir de Saint-Martin et en l’occurrence de sa société d’économie mixte, puisqu’il s’agit bien de la SEMSAMAR, il n’est plus question de jouer à créer des collectifs imaginaires, jouer au jeu des déclarations intempestives par médias interposés…

Il s’agit au contraire d’agir avec sérieux et discernement, agir en tant que Président, avec la hauteur que confère la fonction, en prenant les bonnes décisions pour l’avenir de ce territoire. C’est ce que je fais avec ma majorité, et c’est ce qui me conduit aujourd’hui à faire une mise au point ferme et définitive sur ce sujet.

Je l’ai dit dans mon communiqué paru dans la presse le 7 décembre, trop de contre-vérités, d’analyses fantaisistes, trop de manipulations ont été orchestrées et sont venues ternir injustement l’image de Saint-Martin et occulter les sujets qui concernent nos concitoyens en premier lieu.

Le déferlement d’informations erronées est tel, que plus personne aujourd’hui ne comprend la situation et la proposition avancée par la Collectivité de Saint-Martin.

Pour que tout le monde comprenne bien où nous en sommes, je vais revenir sur le contexte. D’abord sur la ligne choisie par mon équipe, je rappelle qu’en 2012 déjà, alors que j’étais en campagne pour les élections territoriales, j’avais promis dans mon programme électoral de faire évoluer la gouvernance de la Semsamar. Nous l’avons réitéré dans notre programme en 2017, c’est pour moi une nécessité et j’en parle depuis déjà 10 ans ! Il s’agit donc de cohérence et non d’obstination.

La réorganisation de la gouvernance n’est donc pas une nouveauté, Irma a juste accéléré le processus. Je n’ai aucune raison de cacher que nous en avons discuté avec l’Etat qui pose aussi des questions dans le cadre du protocole de reconstruction puisque des enjeux financiers concernent la Semsamar.

L’Etat demande effectivement des garanties lorsqu’il est question d’injecter de l’argent public dans nos projets de reconstruction. Je pense aux 6 millions d’euros que le gouvernement a débloqué pour aider les bailleurs sociaux de Saint-Martin à reconstruire le parc endommagé par Irma.

Il ne faut donc pas se voiler la face, nos partenaires, nos financeurs, nombreux sont ceux qui s’interrogent sur la pertinence de la gouvernance actuelle de la Semsamar. En tant qu’actionnaire majoritaire, notre devoir est de répondre à ces attentes.

Repenser la gouvernance de notre société d’économie mixte est un travail de longue haleine. Nous avons regardé ce que permettaient les statuts, et après réflexion nous avons opté pour la mise en place d’un Président Directeur Général. Nous avons tranché cette option dans un souci d’efficacité en souhaitant donner au PDG la possibilité de travailler aux côtés de la direction générale.

Notre volonté n’est pas de modifier la direction opérationnelle, elle n’est pas non plus de bouleverser l’ordre établi, les projets en cours, mais bien de renforcer l’exécutif pour une meilleure efficacité d’exécution. La direction de la Semsamar est donc amenée à évoluer, mais l’ensemble des projets sur tous les territoires reste inchangé et sera même renforcé à Saint-Martin.

Sur ce point, je crois pouvoir dire que nous avons un soutien fort et unanime. L’évolution de la gouvernance est une demande forte des Saint-Martinois, des membres de ma majorité et des élus de ce conseil si j’en crois les déclarations passées des uns et des autres. C’est aussi une demande de nos financeurs et de nos partenaires institutionnels.

Nous avons le courage de faire une proposition concrète de changement dans l’intérêt de Saint-Martin. Il faut le souligner et saisir cette opportunité.

Je veux ici rassurer nos co-actionnaires et les territoires voisins : il n’est pas question de cesser le développement en Guadeloupe, Martinique, Guyane, bien au contraire, mais simplement de donner plus d’opportunités à Saint-Martin qui en a besoin pour sa reconstruction.

Je veux maintenant en venir à la question supposée du démantèlement de notre Sem. A ceux qui opposent l’argument d’un possible démantèlement à notre projet de renforcement de la gouvernance qui sont deux choses bien distinctes, je le redis ici : Il n’est pas question de démanteler la Semsamar au profit d’un quelconque organisme. Je préfèrerai démissionner de mon mandat que d’être celui qui aura décidé de céder les 51% majoritaires de la collectivité de Saint-Martin.

Autrement dit, moi à la tête de cette collectivité, jamais je ne cèderai le contrôle de nos 51% ! Je crois que j’ai été on ne peut plus clair.

Par contre, nous avons eu des discussions avec deux actionnaires qui comptent vendre leurs parts, et nous envisageons de proposer à la Guyane et la Martinique d’entrer au capital. Vous en êtes donc officiellement informés.

N’oublions pas que la Semsamar a été créée à Saint-Martin en 1985, elle s’est construite ici même sous l’égide du Maire Albert Fleming et de l’ancien directeur Jean-Paul Fischer puis de Marie-Paule Bélénus Romana à partir de 2009. La société s’est développée en Guadeloupe, en Martinique, en Guyane et rayonne aujourd’hui sur les Antilles-Guyane avec plus de 300 employés. Jamais je ne démantèlerai la société qui fait la fierté du territoire et dans laquelle accessoirement mon père s’est investi dès sa création.

Sur ce point, je souhaite rassurer les employés de la Semsamar. J’entends leur inquiétude qui est d’ailleurs essentiellement basée sur cette question infondée du démantèlement, et je leur dis solennellement qu’il n’y a rien de tout cela… Simplement de notre part la volonté de renforcer la gouvernance de l’entreprise. Comment peut-on me le reprocher…

Cette première étape, qui consiste à nommer un PDG – je précise que le vote qui installera le PDG relève du conseil d’administration de la Semsamar et non pas de la collectivité qui va juste proposer d’introduire un PDG dans la gouvernance – est une mesure transitoire, une première étape – comme je viens de le dire – qui posera les bases de la nouvelle gouvernance.

Les discussions auront lieu ensuite au sein de la Sem par décision de son Conseil d’administration et à travers une réflexion générale de l’exécutif.

Sur un angle plus politique, je rappelle que la TEAM GIBBS a été élue sur la pluralité de sa liste et son programme de développement. Cette pluralité, c’est ce qui fait notre force et notre représentativité. Nous n’accepterons pas que l’un de nos membres soit stigmatisé ou que sa légitimité soit remise en cause à cause de ses origines. Saint-Martin est une île multiculturelle, ouverte sur le monde, à l’histoire plurielle, elle se doit d’intégrer sa particularité et d’agir en conséquence.

J’espère que chacun d’entre vous aura bien saisi les enjeux de ce vote. Je compte sur vous car il est question ce matin de l’intérêt des Saint-Martinois, de nos partenaires, et de l’avenir de notre outil.

Je vous remercie

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