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Comme chaque année depuis 1985, date anniversaire de la Déclaration Schuman (acte de naissance de l’Union européenne), la Journée de l’Europe avait lieu jeudi 9 mai ; l’occasion pour les institutions de l’UE de mieux se faire connaître et de valoriser leurs actions au travers de différents évènements et activités.

Point de fête localement mais l’occasion, à quelques jours du début de la campagne officielle fixé au 13 mai, d’aborder un sujet qui ne passionne pas les foules globalement et encore moins à Saint-Martin : les élections européennes qui avaient mobilisé seulement 10% des inscrits à Saint-Martin en 2014 contre 42% au niveau national.

LE SCRUTIN

En France, la loi du 25 juin 2018 relative à l’élection des représentants au Parlement européen a mis fin au découpage en 8 circonscriptions interrégionales (7 en métropole et 1 en outremer) et rétabli une circonscription électorale unique sur l’ensemble du territoire. L’absence d’une circonscription ultramarine n’augure rien de bon quant à la représentation des territoires à Bruxelles, peu de candidats ultramarins figurent en bonne position sur les listes nationales.

Cette année, la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne (Brexit) entraînant une recomposition du Parlement européen au profit de plusieurs États membres sous-représentés, dont la France, les Français sont donc appelés à élire 79 députés européens (sur 705), soit cinq de plus qu’aux élections de 2014, selon les règles de la représentation proportionnelle (principe commun à tous les États membres), au scrutin de liste à la plus forte moyenne.

CONCRÈTEMENT

Les élections européennes se tiendront du 23 au 26 mai dans les Etats membres.

A Saint-Martin, comme en Guadeloupe, Martinique, Guyane, Saint-Barthélemy, Saint-Pierre-et-Miquelon et Polynésie française et dans les bureaux de vote ouverts par les ambassades et postes consulaires situés sur le continent américain, le scrutin se déroulera le samedi 25 mai.

Dans tout le pays, les citoyens auront ainsi le choix entre les candidats de pas moins de 34 listes déposées auprès du ministère de l’Intérieur.

Leurs professions de foi seront consultables à compter du 13 mai sur le site du ministère : h t t p s : / / programme-candidats.interieur.gouv.fr, pour celles qui auront accepté de participer au dispositif de mise en ligne et respecté les conditions de ce dernier.

Pour pouvoir voter, il faut être Français, être âgé d’au moins 18 ans, jouir de ses droits civils et politiques et être inscrit sur les listes électorales.

Les citoyens européens vivant en France (domicile réel ou résidence continue) peuvent également participer à l’élection des représentants français au Parlement européen. Ils doivent être âgés d’au moins 18 ans, jouir de leurs droits civiques en France et dans leur pays d’origine et être inscrits sur une liste électorale complémentaire dans leur commune de résidence. Ils doivent en outre s’engager à ne voter qu’en France.

LE CADET DE NOS SOUCIS

A quelques jours du scrutin, localement comme au niveau national, l’engouement reste ridicule.

En effet, la complexité du fonctionnement européen, l’éloignement des institutions participent du fait qu’intéresser le citoyen à ce scrutin semble relever d’un improbable challenge.

A quoi sert le Parlement européen ? Ce dernier n’est donc pas le même que le Conseil de l’UE ? Quid de la Commission européenne ?… Autant de questions auxquelles l’électeur devrait être capable de répondre, à condition de s’y intéresser, avant de pouvoir choisir son représentant au Parlement européen.

En outre, s’il entendait répondre à un souci d’harmonisation avec les autre états membres, le nouveau mode de scrutin éloigne indubitablement un peu plus les électeurs de leurs futurs élus tandis que le nombre de candidats a tendance à rendre les listes trop impersonnelles pour prétendre mobiliser les foules.

Un motif semble se détacher largement et pourrait amener les français jusqu’aux urnes, et ce motif n’a rien d’européen : le Macron-bashing !

En fait, au regard du vide béant sur la question, de l’absence de représentation partisane locale, des urgences quotidiennes, des préoccupations individuelles, de la crise sociale, etc., les seules questions qui semblent se poser à l’échelle locale quant au suffrage européen sont celle de l’affichage électoral (34 espaces d’affichage équitables, c’est compliqué…) et à quelle hauteur battrons-nous notre historique record d’abstention ?

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