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On vous l’annonçait la semaine dernière, concomitamment à la fin de mission du délégué interministériel à la reconstruction de Saint Barth et Saint-Martin, le Gouvernement créait un poste plus vaste de délégué interministériel aux risques majeurs outre-mer auprès du ministre de la Transition écologique.

Depuis jeudi 2 mai, ce poste dispose également d’un visage et bien connu de Saint-Martin, celui de Frédéric Mortier dont la nomination a été officialisée lors du Conseil des Ministres du 15 mai 2019.

Pour mémoire, Frédéric Mortier a été la cheville ouvrière de la délégation à la reconstruction et c’est à lui que l’on doit notamment le diagnostic sur le bâti, le guide de bonnes pratiques de la reconstruction.

Il fut aussi, dès octobre 2017, aux côtés de Philippe Gustin, l’architecte du projet d’élaboration du nouveau PPRn (plan de préventions des risques naturels)…

Homme de terrain et de pédagogie, Frédéric Mortier bénéficie d’une grande expérience en matière de gestion des ressources naturelles et environnementales ainsi qu’en termes d’aménagement du territoire, notamment en sa qualité de directeur délégué du Cerema (Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement) ou encore en tant que directeur de l’établissement public du parc amazonien de Guyane.

Si sa mission est désormais étendue à tous les outre-mer, on a tout de même tendance à penser que Saint-Martin et sa reconstruction occuperont une place particulière dans l’action du délégué avec un bénéfice certain pour les acteurs locaux, celui de ne pas avoir à tout présenter et réexpliquer de nouveau comme c’est souvent le cas lorsque le territoire accueille de nouveaux émissaires.

Au regard de la nature des relations développées entre le Président Gibbs et le Préfet Gustin, la nomination du délégué pourrait ne pas soulever un plein ravissement en cette période où l’Etat veut assumer ses compétences plus et mieux qu’avant.


SELON LE MINISTÈRE DES OUTREMER (le 03 mai 2019)

Zéro vulnérabilité face au changement climatique : le gouvernement va nommer Frédéric MORTIER au poste de délégué interministériel aux risques majeurs outre-mer

Les récents événements climatiques ayant entraîné des catastrophes naturelles ont douloureusement rappelé la vulnérabilité des territoires ultramarins face à certains risques naturels intenses : cyclones, éruptions volcaniques, séismes, tsunamis, submersions marines… Ces risques se trouvent aggravés sous l’effet d’une concentration urbaine sur le littoral, de son anthropisation, de l’affaiblissement des récifs coralliens et des marais à mangroves, d’une forte vulnérabilité du bâti.

En plus de ces risques naturels, les territoires ultramarins peuvent être exposés à d’autres risques spécifiques nouveaux, telle que la prolifération des algues « sargasses » aux Antilles.

Pour faire face à ces enjeux spécifiques, et pour répondre à la spécificité de la gestion de crise en outre-mer, en raison de l’éloignement et de l’enclavement des territoires, le Gouvernement a décidé de nommer Frédéric Mortier délégué interministériel aux risques majeurs outre-mer pour une période de deux ans. Sa nomination aura lieu lors du Conseil des Ministres du 15 mai 2019.

Il sera chargé d’accélérer et renforcer les actions de prévention et de gestion des risques dans ces territoires, en particulier celles découlant du Livre bleu issu des Assises des outre-mer et présenté par le président de la République à l’été 2018.

Il travaillera en lien étroit et en appui des préfets et des collectivités locales, départements et régions d’outre-mer, dans une approche pragmatique, avec l’appui d’une équipe dédiée. Il se déplacera régulièrement dans les territoires concernés afin d’évaluer la coordination et la mobilisation des acteurs et de proposer des pistes d’amélioration.

Parmi ses priorités, le délégué pilotera plus particulièrement la mise en oeuvre du plan séismes Antilles (PSA), qui vise à réduire la vulnérabilité des îles antillaises face aux séismes, ainsi que l’amélioration de la connaissance et de la préparation face aux séismes qui frappent les fonds marins de Mayotte depuis mai 2018.

Il travaillera en lien étroit avec les professionnels et acteurs locaux afin de développer un aménagement et des constructions résilientes, en particulier face aux risques cycloniques.

Il sera également chargé de réfléchir aux mesures permettant d’améliorer le taux de couverture assurantielle qui reste trop bas dans les territoires d’outre-mer.

Bien que l’échouage massif de sargasses dans les Antilles ne puisse plus être considéré comme risque naturel imprévisible, le délégué interministériel sera également mobilisé dans la mise en oeuvre du plan national de prévention et de lutte contre les algues sargasses, en vue d’améliorer la connaissance de l’origine de ce phénomène, renforcer les capacités de prévision et identifier des solutions pour valoriser les algues ramassées.

La nomination de Frédéric Mortier, comme délégué interministériel aux risques majeurs outre-mer, est un pas important dans la construction de la Trajectoire Outre-mer 5.0, et notamment dans l’accomplissement de l’objectif Zéro vulnérabilité aux changements climatiques, qui vise spécifiquement à réduire la vulnérabilité de nos territoires ultramarins”, Annick Girardin.

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