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Né à Saint-Martin il y a tout juste 39 ans, Errol “Jahmaï” Toma a déjà un beau parcours artistique derrière lui et un sens de la communication bien aiguisé. 

Pour en savoir davantage sur lui, il suffit de consulter sa page Facebook ou son site internet, car tout y est dit ou presque, mais c’eût été trop simple et rien ne vaut une vraie rencontre pour mieux appréhender et apprécier le personnage.

C’est donc autour d’un verre sur le front de mer de Marigot que Jahmaï se livre sans détours avec une verve hors du commun.

Il nous parle de son père guadeloupéen et de sa mère saint-martinoise qui dès sa naissance le berçaient au son des chants traditionnels, c’est ainsi que la musique a toujours fait partie intégrante de sa vie.

“Ici la musique est partout” dit-il, “Comment faire pour ne pas tomber dedans tout petit ? C’est comme une évidence, chaque instant de ma vie a été rythmé par des sons, et par des mélodies inoubliables”. 

Un coup d’essai à 1000 exemplaires

Ses influences musicales sont multiples et il avoue volontiers que c’est surtout grâce à des amis et à des frères plus âgés que lui qu’il s’est passionné pour cet art sans pour autant s’être projeté dans l’avenir pour en faire son métier. A tout juste 11 ans, il montre toutefois des capacités de danseur hors du commun, on le remarque et on l’encourage dans cette voie à tel point que cette fièvre musicale qui l’envahit ne va plus jamais le quitter.

Après quelques belles prestations et une renommée locale qui ne cesse de grandir, en 2005 Jahmai sort son premier album “How Them Feel” qu’il a produit lui-même et qui se vend à plus de 1000 exemplaires.

Pour un coup d’essai c’est un coup de maître et dans la foulée il est invité au lancement de Youth Radio la nouvelle station de St-Martin ainsi qu’au festival de musique sur le front de mer de Marigot, l’occasion pour lui de recevoir le soutien de toute la population et surtout des élus locaux.

Réclamé en Europe et écouté aux Etats-Unis 

Il enchaîne les concerts sur l’île et un peu partout dans la Caraïbe, il fait les premières parties d’artistes tels que les frères Marley, Nasio, ou Barrington Levy, qui sont tous des héritiers directs de Bob Marley et qui perpétuent sa tradition musicale à travers le monde.

En 2012, Jahmaï sort un second album “Life is 2 short” et prend une orientation à mi-chemin entre le hip-hop et la dance-hall, ses titres sont désormais disponibles sur de 

nombreuses plateformes numériques et sur iTunes, c’est comme une forme de reconnaissance après toutes ses années. Les retombées ne se font pas attendre, on le réclame en Europe, on l’écoute aux Etats-Unis, il tourne en France, en Allemagne, aux Pays-Bas, en Grande-Bretagne, en Suisse et en Belgique.

Cette fois-ci c’est bien parti, le producteur Gaudi dont la renommée est internationale, va lui permettre de donner naissance à “In Between Times”, un nouvel album publié par un label californien qui lui offre la crème des musiciens pour l’enregistrer dans des conditions idéales auxquelles il n’aurait jamais songé, pas même en rêve. 

Véritable retour aux sources 

Dès lors, il prend goût aux voyages et passe une partie de son temps entre les Pay-Bas, Saint-Martin et Paris où il affectionne plus particulièrement le quartier de Pigalle pour ses bonnes vibrations et parce qu’on y rencontre des artistes issus comme lui de communautés extra-hexagonales.

Circuler entre les genres et les frontières, passer d’une culture à l’autre, d’un style musical traditionnel à des horizons plus futuristes, voilà ce que Jahmai apprécie par dessus tout, d’ailleurs afin de prouver qu’il n’est pas enfermé dans un carcan aux couleurs exclusivement antillaises, il a choisi des musiciens issus d’influences et de milieux différents dont un français, un malgache, un italien… qui se sont retrouvés dans un studio parisien afin d’y enregistrer le nouveau titre qui a retenu toute notre attention : “War” accompagné d’un clip qui tourne sur YouTube dont on doit la réalisation à une équipe venue tout droit de la Jamaïque pour les besoins de la cause.

Cette fois-ci, plus question de dance-hall ni de hip-hop, c’est un véritable retour aux sources sous son propre label, avec du reggae plus traditionnel que jamais et un hommage bien appuyé à Bob Marley & the Wailers dont les références sont nombreuses et non dissimulées, de “Buffalo Soldier” à “Catch a Fire” en passant par “Babylon System”.

Croire davantage en ses rêves 

Conscient du pouvoir que peut avoir sa musique, Jahmai n’en demeure pas moins en accord avec un style de vie simple et toujours en lien avec la réalité de cette terre saint-martinoise qu’il aime plus que tout et pour laquelle il nourrit des projets qui lui tiennent à cœur tels qu’un grand festival de musique qu’il voudrait organiser ici, tout en se préoccupant de l’avenir de la jeunesse qui, selon lui devrait croire davantage en ses rêves.

Résolument tourné vers le futur et un avenir meilleur, Jahmai est déjà reparti rejoindre ses amis musiciens de l’autre côté de l’Atlantique, mais il sera de retour dans quelques mois, avant la fin de l’année.

D’ici là, il nous laisse avec ce refrain aux relents d’universalité : “They say war, we say peace”.

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