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Après avoir souligné la bonne entente qui règne au sein et entre les différents services de l’Etat, les priorités du parquet ont été présentées sous forme de bilan concernant le début de l’année 2019, mais également d’objectifs pour les mois à venir. 

Mardi après-midi, la Préfète Sylvie Feucher, le nouveau Procureur de Basse-Terre Jean-Luc Lennon, le vice-Procureur Yves Paillard, le Commandant de la Gendarmerie Stephan Basso et le Capitaine Sylvain Nicolas du Service de la Police Aux Frontières se réunissaient en préfecture pour faire un point sur la sécurité routière, la violence, les irrégularités concernant l’urbanisme et autres incivilités coutumières, à savoir : 

Moins de squelettes sur les routes 

La traque des comportements irresponsables sur la voie publique continue avec une intensification des contrôles routiers principalement orientés vers les 2 roues. Pour rappel, 8 décès causés par des accidents de la route ont été constatés depuis le début de l’année à cause de conduites à risques aussi bien de la part d’automobilistes que de cyclomotoristes. Ce type d’infractions entraîne désormais systématiquement la confiscation du véhicule responsable, c’est ainsi que plus de 300 scooters et engins assimilés ont été saisis et détruits depuis Janvier dernier, essentiellement des 2 roues de type “squelette” sans papiers en règle et souvent sans casque pour le pilote. Les récidivistes seront quant à eux traités plus sévèrement que par le passé. Mme la Préfète et Mr le Procureur se sont d’ailleurs montrés fort étonnés des faibles sanctions attribuées à certains contrevenants pour des faits qui auraient mérité beaucoup plus. D’autre part, un sonomètre va bientôt être mis en fonction, il permettra de mesurer l’intensité sonore des véhicules trop bruyants, de les verbaliser et de leur imposer une remise aux normes immédiate. Finis les échappements libres qui font trembler les fenêtres à leur passage !

Dénoncer les violences : un acte citoyen

Les violences aux personnes est un sujet qui préoccupe beaucoup les autorités compétentes, un certain nombre de mesures et de projets devraient donc voir le jour d’ici peu comme la mise en place d’un meilleur accueil des victimes à l’hôpital avec un accompagnement psychologique systématique. Il a toutefois été constaté que les victimes sont de plus en plus nombreuses à déposer une plainte puisque plus d’une centaine d’entre elles se sont rendues à la gendarmerie pour signaler des actes de violence depuis le début de l’année. A ce propos, une précision importante a été soulignée : les victimes ne sont pas obligées de déposer plainte ni de présenter un certificat médical pour être entendues et bénéficier ainsi des droits auxquels elles peuvent prétendre. Un accent spécial a été mis sur le fait que de dénoncer des violences, non plus en qualité de victime, mais en tant que témoin, n’est pas considéré comme de la délation mais comme un acte citoyen pour venir en aide à qui de droit. Mais il reste encore beaucoup de travail à effectuer pour faire changer les mentalités et les comportements au sein de certaines familles où les actes violents sont quasi quotidiens. 

L’Etat contraint de se substituer à la Collectivité 

Le troisième point abordé lors de cette réunion concernait les défauts constatés en matière d’urbanisme (hors PPRN car sujet sensible), que ce soit à propos des garages clandestins accumulant des épaves d’automobiles non dépolluées, des atteintes à l’environnement par des citoyens peu scrupuleux qui déposent leurs déchets et encombrants n’importe où et de préférence dans la nature, ou encore des constructions illicites qui font l’objet d’interdiction et qui continuent tout de même de pousser hors de terre malgré les rappels à l’ordre. A ce propos, le nouveau procureur de la République ainsi que la Préfète se sont montrés déterminés à ne pas se laisser intimider par des coutumes locales qui consistent à détourner impunément la loi au nez et à la barbe des autorités trop conciliantes. Pour eux, il est inadmissible que certains agents de la Collectivité subissent des pressions de la part de certains élus pour fermer les yeux, ou même ne pas contrôler des chantiers totalement illégaux qui bénéficient de complaisances clairement affichées. Au grand regret de ses représentants, l’Etat se voit par conséquent dans l’obligation de se substituer à la Collectivité de Saint-Martin, ainsi des agents indépendants vont désormais se charger d’effectuer les vérifications nécessaires qui seront suivies de destructions en cas d’infractions avérées et récurrentes. 

Migrants, stupéfiants, faux et usage de faux… la routine 

Le Service de la Police Aux Frontières dresse quant à lui un bilan dont les chiffres parlent d’eux-mêmes : depuis les 8 derniers mois, 353 individus en situation irrégulière ont été contrôlés dont 56 ont fait l’objet d’une reconduite à la frontière. 18 procédures pour aide au séjour ainsi qu’un bon nombre d’emplois dissimulés ou d’étrangers sans titre de séjour, et d’infractions pour faux et usage de faux constituent les principaux éléments de ce bilan plutôt satisfaisant au regard du nombre de personnes qui sont entrées sur le territoire, soit 140.000 voyageurs par l’aéroport de Grand-Case et 225 par le port de Marigot depuis le 1er Janvier dernier.

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